L'ouverture d'Hydro-Québec

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

C'est une «lueur d'ouverture» reconnaît le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. L'incertitude sur la suite des choses n'est donc pas totalement dissipée. Ce qui ne l'empêche pas de se réjouir qu'Hydro-Québec puisse considérer de créer dans le parc industriel, en lieu et place de la centrale nucléaire en démolition, un Centre d'expertise en ingénierie.

Ce qui rassure le maire Dubois sur les bonnes dispositions d'Hydro-Québec à l'égard de ce projet, ce sont les propos rapportés par le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui a récemment rencontré trois hauts dirigeants de la société d'État pour les sensibiliser à une telle issue.

C'est probablement aussi de constater qu'Hydro-Québec se développerait une oreille sensible à certaines revendications qui lui sont faites venant de la région qui a permis au maire de Bécancour d'apprécier ce qui semble être une nouvelle attitude de la société d'État.

C'est peut-être plus qu'une impression et il faut espérer qu'il en soit ainsi. On peut se référer à un autre cas récent qui laisse comprendre qu'Hydro-Québec a vraiment l'intention d'améliorer ses relations.

Après avoir été fortement critiquée par plusieurs intervenants régionaux pour sa faible collaboration dans le dossier de la navigation sur la rivière Saint-Maurice et avoir adopté une position fermée sur le débit d'eau à maintenir pour y arriver, Hydro-Québec a finalement - et on peut dire rapidement après la sortie du maire Normand Beaudoin de La Tuque - consenti à garantir ce débit minimal durant les week-ends de l'été.

Certes, ce n'est pour l'instant qu'à titre expérimental, pour une saison. Il n'y a donc rien de garanti pour les années à venir. L'expérience sera évaluée à la fin de l'exercice. Mais on n'a pas entendu dire que cela avait causé quelques problèmes en amont de La Tuque. Surtout, on peut présumer que dans son analyse, Hydro-Québec ne cherchera pas les petits détails pour justifier un refus de se prêter au même exercice dans les années à venir.

Bien sûr, toutes les attentes à l'endroit de la société d'État sont loin d'avoir été satisfaites. Il y a encore beaucoup de frustrations sur le niveau de certaines commandites. réduites, gelées ou refusées, de la part d'organisations régionales.

On est sans doute loin encore de son acceptation à verser des redevances pour l'importante exploitation hydroélectrique qu'elle fait de la rivière Saint-Maurice. Depuis le réservoir Gouin jusqu'à La Gabelle, il n'y a pas une cascade qui n'ait été harnachée pour produire des kilowatts payants.

Le ministre délégué aux Transports, Jean D'Amour, annonçait hier à Québec que son gouvernement investira 8 millions $ en vue de creuser un tunnel à la chute de Montmorency qui permettra aux visiteurs de se rendre derrière la chute. Le ministre souhaite que la chute Montmorency devienne la Niagara du Québec.

Tant mieux si on s'y en approche, mais la vraie Niagara du Québec, celle qui a longtemps été désignée comme telle, celle qu'on allait voir, que des peintres célèbres sont venus mettre en tableau, elle est à Shawinigan. Mais depuis près de 120 ans, il y a un barrage pour détourner les puissantes eaux de la rivière vers des turbines. Sauf au printemps, quand la rivière se gonfle trop et qu'il faut bien la soulager de son trop-plein, on n'a aucune idée de son aspect spectaculaire. La Montmorency ferait bien piètre figure comparée à la Shawinigan si elle retrouvait son caractère d'origine. Bien située, au centre du couloir touristique Montréal-Québec, c'est elle, et de loin, qui attirerait l'attention des visiteurs et aux pieds de laquelle on irait en voyages de noces.

La perte des immenses retombées économiques de cette appropriation, pour l'intérêt des coffres de l'État, de l'une des plus grandes beautés naturelles du Québec mériterait bien un peu de compensation.

Mais tenons-nous-en pour l'instant à apprécier les nouvelles sensibilités apparentes d'Hydro-Québec aux attentes de la région.

La création d'un centre d'expertise en ingénierie à Bécancour permettrait d'y maintenir ou d'y rapatrier environ 70 ingénieurs de l'ancienne centrale nucléaire. C'est une idée qui a été soumise en janvier 2013 en commission parlementaire par le Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec, qui avait fait consensus auprès des représentants de tous les partis politiques présents, mais que le député Martel a dû marteler sans arrêt parce qu'on n'y donnait pas suite.

Ce n'est pas encore fait, mais presque. On peut dire qu'il est plus que temps que la société d'État saute sur une occasion pour faire quelque chose de positif, compte tenu des dommages économiques considérables causés ici par la fermeture de la centrale Gentilly-2.

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