Il n'y a encore que Tom sur les poteaux

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On n'en sera pas épargné.

On pouvait penser qu'avec une interminable campagne électorale de 78 jours qui commence en bermudas et qui pourrait finir avec le manteau d'hiver, octobre pouvant nous réserver toutes sortes de surprises climatiques, l'affichage électoral serait tardif.

Disons qu'il n'est pas encore vraiment abondant. N'eût été de quelques pancartes du chef du NPD, Thomas Mulcair, posées sur des poteaux sur le boulevard des Forges, on n'aurait vraiment pas l'impression que les élections fédérales ont été déclenchées dimanche.

Aux élections municipales comme aux élections provinciales, les équipes d'affichage sont à l'oeuvre dès la première nuit électorale et rivalisent entre elles pour occuper les meilleurs emplacements. Ceux pour qui ce placardage à grande échelle n'est qu'une pollution visuelle n'ont à en souffrir que de quatre à cinq semaines.

On aime quand même ça voir de quoi ont l'air les candidates et les candidats, découvrir quel est le concept ou la suggestion subtile qui se cache dans l'affiche et, si la personne, quand on la connaît un peu, se ressemble. On y réalise parfois de petits miracles. On voit des candidats affalés, pour faire sympathique, en pose de penseur de Rodin, pour laisser soupçonner un intérieur rempli de réflexions, cravatés pour faire sérieux ou en manches courtes pour faire «people» et vaillants. Mais on en voit aussi qui ont été botoxés et, pour un grand nombre, corrigés sévèrement au Photoshop.

On devra quand même s'armer d'un peu de patience pour avoir les faces des candidats sur les poteaux et les «apprécier». Si au bureau du député néodémocrate de Trois-Rivières, on avait déjà en main quelques pancartes du chef Mulcair, ce n'est que dans quelques jours que les membres de son équipe grimperont dans les poteaux armés de tie-wrap. On nous promet qu'on pourra voir dès cette semaine le look électoral de Robert Aubin.

C'est quand même un peu étonnant que les néodémocrates aient été les premiers à afficher au moins quelques pancartes de leur chef. Ils ont été les plus rapides sur la gachette. On se serait attendu que ce soit les conservateurs qui remportent cette première manche. Puisqu'eux, au moins, connaissaient la date de la dissolution de la Chambre des communes. Même si tous les candidats et toutes les organisations électorales ne sont pas forcément mis au parfum de ce moment stratégique, on leur demande généralement d'être prêts et les messages de passer à l'action se transmettent facilement et rapidement.

«Il n'y a pas de presse pour l'instant», nous a pourtant répondu le candidat conservateur Dominic Therrien, en nous assurant qu'il allait y en avoir... bientôt. On voudrait faire un certain effet de surprise. C'est songé-songé, semble-t-il. L'affichage serait une grande affaire de ruse et de subtilité.

C'est la même chose chez les libéraux. Le candidat Yvon Boivin nous prévient que ce sera «un événement» et qu'on devrait être proche de l'éblouissement avec le concept qui soutiendra les affiches électorales libérales. Quant à savoir quand pour réserver nos places pour être les premiers aux aurores à les admirer, c'est encore là un secret aussi bien gardé que celui de la bombe atomique. «C'est de la stratégie électorale», et ça, c'est quelque chose.

Chez les bloquistes, ce n'est pas compliqué, il y en aura, mais presque pas et on ne sait pas trop à partir de quand on va installer les premières pancartes. Il y aura peut-être un petit crescendo d'affichage, mais ce n'est pas sûr. Peut-être aussi une petite surprise, nous prévient le candidat André Valois. C'est semble-t-il le plan de campagne bloquiste que de rester modeste et parcimonieux dans la commande des pancartes. Juré, rien à voir avec les finances courtes du parti. Ce sera une campagne «sans polluer», se réjouit le candidat dans Trois-Rivières. «On ne fera pas la guerre des pancartes.»

On va quand même finir par tous les voir sur les poteaux et sur les terre-pleins des axes les plus achalandés. Quand ils seront tous là, on va devoir constater que c'est une campagne de testostérone. Sur la vingtaine de candidats qui devraient se présenter dans les trois circonscriptions de la Mauricie et dans celle de Bécancour-Nicolet-Saurel, il n'y a pour l'instant que deux femmes: la députée Ruth Ellen Brosseau dans Berthier-Maskinongé et la candidate bloquiste Sacki Carignan Deschamps, dans Saint-Maurice-Champlain.

Pour les grands partis, il ne reste que deux places à combler chez les conservateurs, dans Berthier-Maskinongé et Bécancour-Nicolet-Saurel et une au NPD dans Saint-Maurice-Champlain.

On peut déjà conclure que ça va manquer de femmes dans la campagne. Peut-être l'idée de devoir participer à des dizaines d'épluchettes de blé d'Inde ne les a pas emballées.

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