Quand c'est orange... ça dérange

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«Quand c'est orange, on redouble de prudence».

Ce n'est pas la dernière publicité du Parti conservateur pour semer la trouille chez les électeurs canadiens qui seraient tentés de porter pour une première fois un gouvernement néo-démocrate au pouvoir à Ottawa.

Cette publicité qui circule en ce moment dans les médias s'inscrit dans une campagne de sensibilisation du gouvernement du Québec visant à inciter les automobilistes à plus de prudence lorsqu'ils traversent un chantier routier.

N'empêche qu'après avoir très efficacement juvénilisé le chef libéral Justin Trudeau, qui caracolait il y a quelques mois encore dans les sondages, les conservateurs de Stephen Harper doivent regretter de ne pas avoir pensé plus tôt à la formule du ministère québécois des Transports. Car à moins de trois mois des élections générales au pays, il apparaît assez évident que leur principal adversaire pourrait bien ne plus être le Parti libéral du Canada, mais le Parti néo-démocrate de Thomas Mulcair... qu'ils n'avaient sans doute pas vu venir.

À la manière américaine, les conservateurs aiment bien concocter des publicités négatives, montrant leurs adversaires sous les angles les plus sombres ou les plus ridicules, les démonisant autant que possible. On se rappelle les gros sourcils méchants de Michael Ignatieff. On a bien vu l'infantilisme dans lequel on a tenté jusqu'ici de camper le chef libéral. On attend toujours les pubs qui devraient caricaturer Mulcair qui a quand même tout le tempérament nécessaire pour avoir fait quelques images dans lesquelles il ne serait pas à son meilleur. C'est sûr que pour que la pub négative porte, il faut qu'elle fasse ressortir des travers crédibles.

Avec «quand c'est orange, on redouble de prudence», les conservateurs pourraient au moins envoyer comme message que pour diriger un Canada aux portes de la récession, il serait périlleux d'élire un gouvernement néo-démocrate, en raison de sa nature de gauche, soupçonnable des pires largesses avec les revenus de l'État.

Pourraient-ils aller jusqu'à plagier la pub québécoise? Avec la généreuse distribution des chèques du programme Prestation universelle pour la garde d'enfant, cela a laissé à plusieurs l'impression que les trucs politiques n'avaient pas changé et que les conservateurs s'inspiraient largement du passé. On critiquait Maurice Duplessis qui distribuait des dix cents aux enfants. La valeur du dix cents a été réactualisée et la grande originalité cette fois est qu'on donne l'argent des enfants... aux parents, qui votent.

Il faudra voir si cet arrosage économique va permettre aux conservateurs de se détacher dans les sondages. Au dernier sondage de Léger Marketing, avant la multiplication des pains, les conservateurs se retrouvaient au coude-à-coude sur le plan national avec les néo-démocrates, récoltant chacun 32 % des intentions de vote. Ce sondage révélait une forte glissade des libéraux de Justin Trudeau. On a comme l'impression qu'on assiste à une polarisation du vote entre droite et gauche. Les conservateurs sont seuls dans leur créneau, mais le NPD semble canaliser de plus en plus en sa faveur le courant progressiste. On n'en est pas encore dans une lutte à deux à Ottawa, mais la tendance va dans ce sens.

Au Québec, on parlait beaucoup jusqu'à il y a peu de luttes à quatre. C'est ce qu'espéraient les conservateurs pour remporter davantage de circonscriptions, mais aussi le Bloc québécois, qui croyait ainsi possible de reprendre au moins la moitié des comtés qu'il a déjà représentés. Avec 37 % de popularité, les troupes de Mulcair restent seules dans la course pour une majorité de circonscriptions québécoises. Il n'y a pas en ce moment de luttes à quatre. Il n'y en a peut-être même pas à trois, ou très peu. Les conservateurs, qui se sont hissés au second rang des intentions de vote au Québec, dominent certaines régions comme Québec, la Beauce et les Bois-Francs. Avec moins de 20 % dans les projections, les libéraux apparaissent en déroute au Québec et le Bloc québécois, plein de pyrrhotite.

Dans la région, quand on soumet les résultats du sondage Léger à l'algorithme du site de projections Si la tendance se maintient, le balayage mauricien reste totalement orange, comme aux dernières élections. Dans Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon est susceptible de survivre à la prochaine campagne. Peut-être que ce doyen de la Chambre des communes sera cette fois le seul rescapé du Bloc québécois. Il n'en était pas loin la dernière fois.

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