Un dollar qui dope l'économie de T.-R.

Le PIB réel de Trois-Rivières devrait afficher une... (photo: Stéphane Lessard)

Agrandir

Le PIB réel de Trois-Rivières devrait afficher une augmentation de 1,1 % en 2015.

photo: Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Pour la première fois depuis la fermeture du réacteur nucléaire Gentilly-2, à la fin 2012, l'économie de Trois-Rivières devrait afficher une croissance positive grâce à l'essor du secteur manufacturier et à l'intensification de l'activité du secteur des services. Le PIB réel devrait croître de 1,1 % en 2015.

Si cette prédiction se confirme, on pourra enfin laisser échapper un grand soupir de soulagement.

Cette perspective d'une légère embellie de l'économie trifluvienne, c'est le Conference Board du Canada qui la prédit.

L'organisme d'analyses économiques a fait un récent examen des économies d'un certain nombre de villes du Canada et en est venu à la conclusion que trois villes de taille moyenne au Québec vont tirer positivement leur épingle du jeu en 2015. Il s'agit de Trois-Rivières, Saguenay et Sherbrooke.

Si leur situation économique est susceptible de s'améliorer, c'est en grande partie en raison d'un dollar canadien plus faible par rapport à la devise américaine, ce qui bien sûr stimule les entreprises manufacturières qui ont un marché d'exportation vers les États-Unis principalement, mais aussi ailleurs dans le monde.

Certes, le taux de croissance de ces trois villes apparaît encore modeste car il ne serait que de 1,2 % à Sherbrooke et de 1,6 % à Saguenay. Trois-Rivières ferme la marche avec un potentiel de croissance de son produit intérieur brut d'à peine 1,1 %.

Le Conference Board attribue le petit essor du PIB de Trois-Rivières à une légère reprise manufacturière, mais aussi à l'intensification de l'activité du secteur des services. Il prévient cependant que la croissance de l'emploi restera très modeste, à 0,5 %. On l'a d'ailleurs constaté dans le bulletin mensuel de l'emploi de Statistique Canada.

Si à 5,9 %, le taux de chômage dans la région de recensement de Trois-Rivières apparaissait extrêmement bas, il ne reflétait pas la réalité du marché. Le taux d'activité, qui en mesure mieux les conditions n'était que de 58 %, le plus faible des régions métropolitaines du Québec. Cela veut dire qu'un peu plus de 40 % de la population en âge de travailler n'occupait pas un emploi, à temps partiel ou permanent.

On constate qu'il en aura pris trois ans, non pas pour retrouver le niveau d'activité économique que connaissait l'agglomération de Trois-Rivières en 2012, mais pour se remettre à bouger dans le bon sens. Le repli économique qui a suivi la fermeture de Gentilly-2 n'était pas une impression ressentie. Il était bien réel, malgré la mise en place d'un fonds compensatoire de diversification économique, qui commence peut-être à livrer des résultats.

Le Conference Board note que la croissance du PIB avait aussi été faible au cours des dernières années à Sherbrooke et à Saguenay, des capitales régionales qui peuvent être comparées à Trois-Rivières. Mais l'indice était resté positif alors qu'à Trois-Rivières, on accusait recul sur recul. Il a été de moins 0,5 % en 2014. Il avait été de 3 % en 2013. Déjà, quand la croissance est nulle, c'est presque dramatique. On imagine ce que c'est quand il y a contraction de l'activité économique deux années de suite, comme cela s'est produit. Dans les faits, ici, on ne l'a pas imaginé. On l'a vécu.

D'ailleurs, ce même Conference Board n'avait pas hésité, à la lumière des statistiques de 2013, à présenter l'économie de Trois-Rivières comme en berne. Le CBC entrevoyait malgré tout une reprise pour 2014 qu'il établissait à 2,3 %. On le sait maintenant. Il y a eu recul du PIB et ce n'est qu'en 2015, si bien sûr les prévisions tiennent la route d'ici la fin de l'année, qu'on reviendra en zone positive. Même si c'est très faiblement, il faut se réjouir qu'il puisse en être ainsi.

C'est un élan dans le bon sens qui serait donné à une année 2016 qui a tout le potentiel d'être beaucoup plus prometteuse.

Il faut savoir que la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières englobe aussi le territoire de la ville de Bécancour, donc les activités du parc industriel et portuaire de Bécancour. À Statistique Canada, on ne se soucie pas des frontières municipales et des divisions administratives du Québec. On analyse un marché dans sa globalité, ce qui est beaucoup plus réaliste. On pourrait dire que le RMR de Trois-Rivières correspond plutôt bien à ce que le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois appelle la ZEN, la zone économique naturelle de Trois-Rivières-Bécancour.

On peut espérer que si des projets industriels en gestation au parc de Bécancour, comme Stolt LNgaz et IFFCO se concrétisent enfin, cela va aussitôt se refléter dans l'économie trifluvienne. Car on le sait, les économies des deux rives sont fortement imbriquées.

Peut-être qu'alors, dans son Panorama annuel des régions, l'Institut de la statistique du Québec ne pourra plus classer la Mauricie au dernier rang québécois, à côté de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, même si ce n'est pas l'impression ressentie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer