Amphi: du glamour sans Lebel

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Denis Lebel

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un tapis rouge à Trois-Rivières. Wow!
Un vrai tapis de couleur bien écarlate, comme on en voit dans les grands galas d'artistes de Montréal, de New York, de Las Vegas sur lequel défilent des stars, des politiciens, des personnalités importantes presque toutes connues.

C'est bien ce à quoi on a eu droit mercredi soir pour la première des premières de l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

Trois-Rivières avait voulu pour cette occasion se donner des allures de grande cité et il lui fallait pour cela se faire électrisante, afficher du glamour, ce qui n'est pas toujours facile quand le thermomètre descend sous les quinze degrés Celsius et fait grelotter les évanescentes madames habillées court en robes de soirée légères.

Un défilé qui avait évidemment piqué la curiosité de bien des gens qui s'étaient massés le long du tapis pour voir passer tout ce beau monde. L'éclairage y était, mais il aurait peut-être fallu un maître de cérémonie pour identifier à la foule ces grandes têtes importantes, mais pas forcément toutes familières, avec idéalement à ses côtés, quelqu'un qui s'y connaît en mode pour nous décrire les belles toilettes.

N'exagérons pas. On avait voulu s'offrir une certaine classe pour inaugurer l'Amphithéâtre et donner le coup d'envoi avec un spectacle du Cirque du Soleil, qui s'y produira pendant trois étés, mais sans ostentation. Un léger coquetel et des petites bouchées pour ces VIP parce qu'on sait quand même vivre, mais on est avant tout demeuré simple et sobre. Rien pour déclencher quelque grogne que ce soit chez le bon peuple qui devra se serrer la ceinture pour s'acheter des billets du Cirque, moins pour ZZ Top qui sera moins cher, ou attendre Ginette Reno et ses invités pour la fête trifluvienne qu'on y tiendra en septembre.

Dommage que le ministre fédéral Denis Lebel, qui s'était arrêté à Trois-Rivières dans l'après-midi pour remettre un beau chèque de 375 000 $ à l'entreprise Hardy Filtration, n'a pu rester pour cette soirée. Son gouvernement a quand même accordé 13,5 millions $ pour l'amphithéâtre, sous la forme d'un legs pour le 375e de Trois-Rivières. Pris par d'autres engagements, le lieutenant québécois de Stephen Harper s'est contenté de faire lire par Yvan Toutant, du service des communications de la Ville de Trois-Rivières, le boniment qu'il aurait dû livrer lui-même.

C'est quand même rare qu'un politicien en pré-campagne électorale, qui multiplie autrement les accolades publiques avec son poulain Dominic Therrien, qu'il aimerait bien faire élire dans Trois-Rivières, se prive d'une occasion aussi facilement donnée de parler, sourire large, à 3500 personnes d'un seul coup, un auditoire sans risque qui va en plus forcément vous applaudir, même si ce n'est que poliment.

Le ministre, très occupé, on peut l'admettre, avait d'autres obligations. Peut-être... Mais on peut quand même se demander si c'était la vraie raison. L'inauguration de l'Amphithéâtre, c'est aussi le moment d'une certaine sacralisation du maire Yves Lévesque, qui a défendu l'onéreux projet contre «vents et marées». Par les temps qui courent, on peut penser que le ministre Lebel n'aurait éprouvé aucun plaisir à une grand messe où le maire de Trois-Rivières est sanctifié.

Il faut se rappeler qu'il y a à peine trois semaines, le ministre Lebel est venu annoncer une aide fédérale de 16,27 millions $ au port de Trois-Rivières, attendue depuis quelques années, mais qui aurait été satisfaisante à seulement 10 millions $. Avec la subvention accordée, c'est la moitié de l'investissement projeté au port qui sera payé par le fédéral. C'est quelque chose de majeur pour l'économie de Trois-Rivières. Mais il s'est trouvé que le maire Lévesque a brillé par son absence, préférant participer à une partie de balle-molle où il a serré des mains. L'invitation, il est vrai, lui était parvenue à la dernière minute, ce qui était déjà un signal qu'on ne l'espérait pas nécessairement. Si on comprend bien, Lebel ne tient pas à voir Lévesque et l'inverse est aussi vrai. C'est comme ça depuis que la candidature conservatrice du maire dans Trois-Rivières a été écartée, pour des raisons inconnues, mais peut-être par excès de voracité de la part de celui-ci, qui promettait de faire tomber du côté conservateur, les trois circonscriptions de la Mauricie et même celui de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, détenu par le doyen à la Chambre des communes, Louis Plamondon.

Quatre comtés, ça vaut cher en considérations futures, en autant que la prétention est crédible.

La présence de l'important ministre fédéral aurait ajouté au glamour de la soirée. D'un autre côté, ce qui assomme le plus les gens dans ce genre d'événement, c'est l'incontournable partie protocolaire des discours politiques.

Ce n'est pas parce que c'est un fils de la région que le pdg du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre a été celui qui a été le plus spontanément applaudi mercredi. Il avait simplement prévenu d'entrée de jeu l'assistance qu'il allait être court...

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