Avec Barrette, c'est «fette»

Bien conscient qu'il en était à la septième... (Photo: Andréanne Lemire)

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Bien conscient qu'il en était à la septième annonce de l'agrandissement du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a senti le besoin d'évoquer le fait en rappelant que cette fois-ci, «c'est la bonne».

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est cela!
C'est assurément la dernière moquerie qu'on pourra se permettre à propos de l'agrandissement du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières.

Bien conscient qu'il en était à la septième annonce de l'ajout de cette aile, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a senti le besoin d'évoquer le fait en rappelant que les autres fois, «je n'étais pas là», pour aussitôt affirmer, avec toute la force de conviction qu'il peut déployer, que cette fois-ci, «c'est la bonne».

Le ministre avait procédé il y a deux semaines à Sherbrooke à une semblable annonce, un dossier qui, comme celui de Trois-Rivières, avait subi une valse de confirmations et de reports.

Depuis plus de dix ans, tous les ministres de la Santé qui se sont succédé à Québec sont venus confirmer l'agrandissement du CHRTR de Trois-Rivières qui a eu le temps de changer de nom entre-temps pour devenir le CHAUR. Tous les ministres de la Santé, mais aussi tous les premiers ministres en poste se sont arrêtés à Trois-Rivières pour procéder à l'annonce officielle du lancement prochain des travaux. À se demander si la cinquantaine de lits qu'offrira la nouvelle aile, ce ne sont pas ce qu'on devrait appeler des lits «longue durée», même si dans les faits, il s'agit de lits de courte durée.

Maintenant que «c'est la bonne», selon le ministre Barrette, on pourra s'étonner que le premier ministre Philippe Couillard ne l'ait pas accompagné. Il sera le seul premier ministre en titre à ne pas l'avoir fait alors que cette fois, «c'est vrai». Après tout, un investissement de 53 millions $, ça devrait valoir le déplacement. Ce n'est pas tous les jours que le chef du gouvernement aura la chance de débarquer dans la région avec autant d'argent à mettre sur la table. Peut-être était-il mal à l'aise à l'idée de se faire rappeler qu'en 2007, alors qu'il était ministre de la Santé, il avait déjà, avec sincérité et grande crédibilité, procédé personnellement à cette annonce.

On ne s'en serait malgré tout pas formalisé qu'il ait joué comme tous les autres dans le Jour de la marmotte. En 2012, Jean Charest avait aussi, mot pour mot, affirmé: «Cette fois, c'est la bonne», ce qui démontre toute l'originalité, parfois, du discours politique. L'ex-députée Danielle Saint-Amand, qui était là pour cette sixième annonce qu'elle avait peut-être un peu forcée, était aussi présente hier. Elle aura donc été sur place les deux fois que c'était la bonne.

À cette différence qu'il faut effectivement cette fois-ci croire le ministre qui a expliqué qu'avec lui, on ne se prêtera pas à des annonces quand un dossier n'est pas prêt et que l'argent pour le réaliser n'est pas disponible. Il faut probablement comprendre qu'autrement, il pourrait reprendre son rôle de «Mad Doc Barrette». S'il y avait comme toujours autant de monde que les autres fois dans la salle du CHAUR, qui pour bon nombre était déjà là à la première conférence de presse en 2004, la cérémonie de mardi a été la plus simple et la plus courte. Des faits, des certitudes, pas de fla-fla. La méthode Barrette, peut-être. D'ailleurs, on aurait pu ressortir presque les mêmes communiqués, en changeant simplement les dates de l'échéancier et en ajustant, très légèrement, quelques chiffres.

Reste que cette fois, les devis sont bel et bien prêts et qu'on ira en appel d'offres dès le lendemain des vacances de la construction pour la signature du contrat avec l'entrepreneur général en septembre et une ouverture du chantier prévue avant l'hiver. Il en prendra 42 mois pour construire la nouvelle aile et réaliser un certain nombre de réaménagements à l'intérieur de l'hôpital.

Il ne fait pas de doute qu'un tel investissement sera de nature à améliorer sensiblement l'accessibilité des soins et des services offerts à la population, comme l'a promis le ministre, qui s'inscrit, a-t-il rappelé, dans un continuum avec sa grande réorganisation administrative et ses lois 10 et 20, dont il semble très fier, et qui vont en principe amener médecins et omnipraticiens à traiter plus de patients.

Il fait peu de doute que les services de santé dans la région s'en trouveront améliorés et qu'à quelques exceptions près, il ne sera plus nécessaire de se rendre à l'extérieur pour les obtenir.

Il faut aussi reconnaître que cet investissement de 50 millions $ sera aussi profitable sur le plan économique, car il intervient à un moment où le ralentissement dans ce secteur commençait à se faire sentir.

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