Le gros «hit» shawiniganais

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Bryan Perro

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'est celui qu'on n'attendait pas. Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas celui qu'il fallait.

C'est un véritable coup de théâtre qui a été donné jeudi après-midi au centre culturel de Shawinigan quand la présidente de Culture Shawinigan, la conseillère municipale Josette Allard-Gignac a dévoilé le nom du nouveau directeur général de la Corporation culturelle de Shawinigan qui est nul autre que Bryan Perro.

Perro l'écrivain à succès, l'éditeur audacieux, le libraire téméraire, mais aussi le metteur en scène inspiré, le scénariste inventif, le créateur créatif, homme d'affaires aussi, devient en plus responsable des arts et de la culture à Shawinigan.

«J'étais rendu là», avouera-t-il, expliquant qu'il voulait redonner à ce milieu shawiniganais qui lui a beaucoup apporté, qui lui a donné ses premières chances aussi.

C'est d'ailleurs d'une façon plutôt théâtrale qu'il a été présenté à la presse, dans une formule genre gala des artistes, quand la présidente Allard-Gignac a ouvert une enveloppe, feignant de ne pas savoir quel nom s'y trouvait, pour proclamer: «Et l'élu est...Bryan Perro», qui sortit alors de sa cachette au son d'une musique rythmée.

C'était un show time, mais, il faut le dire, sans prétention. Juste pour s'amuser un peu tout en marquant la mesure de la nomination en cause.

Si, à l'instar du slogan publicitaire «Surprenant Shawinigan», le choix de Perro a eu de quoi étonner plein de monde, sa nomination met un terme à l'inévitable spéculation  à laquelle se livraient les médias, mais pas seulement eux, sur la personne qui pourrait être appelée à occuper ce poste.

Il faut dire que le «club med» ne manque pas de personnalités aptes à remplir plus que convenablement ces fonctions. Le nom de l'ex-ministre Yves-François Blanchet, qui a pris jupon dans la région en mariant la conseillère municipale Nancy Déziel a souvent été évoqué. Après tout, l'homme possède de bonnes connaissances du milieu artistique québécois puisqu'il a déjà été gérant d'artistes, dont Éric Lapointe. D'autres ont pensé à François Bordeleau, un Shawiniganais pure laine, qui a dirigé pendant sept ans le Grand

Prix de Trois-Rivières, ce qui lui conférait l'essentiel des qualités requises pour diriger l'organisation des arts et spectacles de Shawinigan.

L'ex-député Luc Trudel faisait aussi partie de la liste des papabilés. Il possède une bonne formation de gestionnaire et, pour avoir entendu ses réflexions à quelques occasions, il ne manque certainement pas de sens artistique non plus. Même Stéphane Boileau, l'ex-directeur du Festivoix, présentement président de la Classique internationale de canots de la Mauricie, était pointé parmi les candidats possibles. Boileau n'habite certes pas Shawinigan, mais il a entrepris avec cette ville un flirt évident. On comprend qu'il aurait toutes les dispositions requises pour à se faire naturaliser shawiniganais.

On ne sait pas si ces personnes ont soumis leur candidature, mais beaucoup de gens les y voyaient. Il y a eu soixante-dix candidatures et de très grande qualité selon la présidente Allard-Gignac, ce qui n'a pas simplifié le choix du jury. Mais dès lors que l'offre avait fait titiller Perro, on imagine qu'il devenait difficile de le contourner, compte tenu de son immensité dans la place et de son rayonnement dans le monde littéraire et artistique québécois. Sans compter sa capacité éprouvée à gérer des affaires.

Son arrivée à la direction des arts et spectacles de Shawinigan est d'autant surprenante que Bryan Perro est un homme extrêmement occupé, à qui tout semble réussir. 

Il y a un coupable à cela et c'est mon confrère François Houde. C'est de sa faute si Perro a soumis sa candidature. C'est que lors d'une conversation amicale à une rencontre de Culture Mauricie, Houde, en boutade, lui lança: «Comme ça, c'est toi qui vas succéder à Louise Martin à la direction de la Corporation culturelle de Shawinigan!». Ce que Perro nia formellement. L'idée ne l'avait même jamais effleuré. Mais elle se mit à germer dans sa tête jusqu'à ce qu'il se convainque que ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée.

Il consulta des amis qui avaient des opinions différentes sur la chose. Il consulta aussi sa fille Gabrielle, mais en particulier sa blonde. Perro avait des réserves car il se trouvait déjà débordé de travail. Sa blonde lui expliqua que ça ne changerait pas grand-chose dans leur vie de couple, car c'est elle qui s'occupe déjà de toutes ses affaires.

Il risqua quand même un coup de téléphone à Josette Allard-Gignac. «Est-ce que Culture Shawinigan pourrait avoir besoin de moi?» Celle-ci lui retourna la question.

«Qu'allait-il faire dans cette galère?» furent les premiers mots de Perro jeudi après-midi. Le temps y répondra. 

Entre-temps, pour le maire Michel Angers, Shawinigan vient de frapper un «coup de circuit culturel».

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