Le FestiVoix devenu intouchable?

Il faudra attendre les chiffres, mais déjà on a une bonne idée qu'ils seront... (Émilie O'Connor)

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Émilie O'Connor

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Il faudra attendre les chiffres, mais déjà on a une bonne idée qu'ils seront positifs à tous égards. La prévente de billets avait déjà dépassé les prévisions en battant les meilleures années et celle des passeports journaliers a tenu plus occupés qu'à l'habitude les guichetiers du FestiVoix.

Mais il n'y a pas que les chiffres qui comptent pour mesurer les succès d'un événement, même si la petite comptabilité n'est jamais loin pour imposer ses caprices, si nécessaire.

Il ne doit pas faire de doute pour à peu près qui que ce soit à reconnaître que la 22e édition du FestiVoix s'est révélée une impeccable réussite. L'événement a véritablement atteint une grande maturité en même temps qu'un professionnalisme élevé, et cela paraît. Des ratés, s'il y en a eus, ça n'a pas paru. 

On pouvait se poser des questions après le départ forcé de l'ancien directeur général Stéphane Boileau, qui n'avait d'évidence plus les sympathies de certaines hautes autorités municipales. Par contre, c'est son ancien bras droit, Thomas Grégoire qui avait pris la relève. 

L'édition 2015 du FestiVoix, c'est le résultat du travail accompli au cours des dernières années par les deux hommes et leur équipe. Même si cela peut déplaire à certains, on doit attribuer à l'ancien directeur une partie du succès de la dernière édition. Il ne faisait pas de doute que Grégoire était l'homme tout désigné pour assurer une continuité harmonieuse du FestiVoix. Mais comme il ne cachait pas une certaine proximité avec son ancien patron, avec lequel il continue de collaborer à la Classique internationale de canots, on pouvait redouter qu'il subisse quelques jambettes.

Ça ne s'est semble-t-il pas produit. Si Grégoire était l'homme naturel de la continuité, beaucoup le voyait pour assumer une simple transition qui durerait une année tout au plus à la barre d'un événement susceptible de tomber sous la coupe de la Corporation des événements de Trois-Rivières et dont une partie des meilleurs spectacles serait détournée à la faveur de la scène de l'amphithéâtre Cogeco. On avait d'ailleurs déjà démembré partiellement l'ancien conseil d'administration du FestiVoix pour reconstituer celui de la Corporation des événements, ce qui avait pu étouffer quelques récriminations publiques possibles mais éveiller en contrepartie des soupçons sur les intentions que la manoeuvre dissimulait.

Il faut se rappeler que la Corporation des événements, c'est l'ancienne corporation de l'amphithéâtre, qui gère déjà d'autres événements comme les Nuits polaires, les Délices d'automne et le Festival de Blues. Les craintes étaient nombreuses que le FestiVoix se fasse comme cannibaliser pour nourrir la scène de l'amphithéâtre. Déjà, c'est un peu ce qui va se produire avec le Festival de Blues, puisque la scène principale de la rue Badeaux sera transportée à l'amphithéâtre. Personne ne doute que la venue du groupe ZZ Top n'y fasse un tabac. Mais la dislocation du festival en deux scènes comme cela est prévu, risque fort de briser l'esprit du festival, de la dénaturer. Il ne restera plus au centre-ville qu'une scène acoustique pour un spectacle de fin d'après-midi. Plus rien en soirée. Des soixante-huitards qui y avaient pris leurs habitudes ont déjà fait savoir qu'ils passeraient leur tour cette année.

La bonne nouvelle, c'est que le FestiVoix va probablement parvenir à éviter d'être avalé au seul profit de l'amphithéâtre. Thomas Grégoire racontait à l'issue du FestiVoix que les discussions entre les deux organisations sont très cordiales et qu'on pourra, dans l'avenir, profiter d'une scène additionnelle de qualité, mais pour certains spectacles seulement, qui sera l'amphithéâtre. 

Du coup, on comprend que Grégoire se sent en mesure de se projeter dans le temps à la direction d'un FestiVoix qui est là pour rester... entier.

Lui, comme son festival, se sont imposés au cours de la dernière édition auprès d'un public plus que ravi, complètement tombé gaga sous le charme de l'événement.

Il est difficile de trouver, même dans tout le Québec, un lieu aussi spectaculaire que la grande scène, qui fait dos au fleuve, surtout quand la lune vient y exhiber ses belles rondeurs et qu'en plus, un bateau de croisière tout illuminé glisse pompeusement en filigrane dans une nuit moite. 

Peut-on imaginer que la scène des Ursulines soit un jour délaissée? Bien sûr, son commanditaire principal est Bell, un concurrent direct de Cogeco, à l'amphithéâtre. Au-delà des intrigues commerciales, cela ferait scandale, car elle offre un cadre champêtre unique et magique. Même si cela en fait une victime de son succès, car il est devenu difficile d'y dénicher une place, à moins d'être un lève-tôt.

Le FestiVoix a joué sa meilleure carte en perçant plus que jamais le coeur de ses adeptes, plus fidèles et plus nombreux d'année en année. Il n'y a aucun soir où quelqu'un qui s'y trouvait aurait pu dire autre chose qu'il valait mieux être là que n'importe où ailleurs.

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