Un Trudel qui se fait zen avant Dragao

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Robert Trudel se montre confiant juste avant le début du nouveau spectacle de la Cité de l'énergie.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À priori, on devrait croire qu'il y a quelque chose qui n'est pas clair du tout, quelque chose qui ne tourne pas rond. Qui cloche!

À la veille de la grande première de Dragao, le nouveau spectacle fantasmagorique de la Cité de l'énergie signé Bryan Perro, Robert Trudel était presque zen.

Alors qu'on l'aurait soupçonné agité, tendu, pas vraiment parlable, presque paquet de nerfs, Robert Trudel était encore lundi après-midi d'un calme que l'on pourrait qualifier de troublant. Pas de palpitations, pas de saute d'humeur, rien. «Plus calme que ça, t'es mort», commentera-t-il en riant pour décrire son état d'esprit.

C'est que le directeur général de la Cité de l'énergie a probablement plusieurs raisons de ne pas trop s'inquiéter de la saison qui s'amorce avec une nouvelle production, même s'il y a investi 2 millions $. Dans les faits, comme on a conservé beaucoup des éléments d'Amos Daragon-La première aventure, c'est pour près de 4 millions $ de décors qui sont en place pour Dragao. Des décors et des équipements forcément spectaculaires qui viendront éblouir les spectateurs et libérer pour le faire exploser, leur imaginaire. 

D'abord, l'avant-première qui a eu lieu dimanche a permis à Robert Trudel d'être rassuré. «À un petit détail qui est passé inaperçu, c'est comme si on en était à plusieurs semaines de représentations», a-t-il noté. «On est prêt!» Ensuite, les effets de surprise et d'émerveillement sont bel et bien au rendez-vous. Ce sera du jamais vu, de l'inimaginable. Il en est convaincu.

Il n'y a pas que cela. La billetterie n'est pas loin d'être en surchauffe. Pour la première de mardi soir, la salle est comble. «Il y a bien quelques complémentaires, pour des journalistes entre autres, mais ce sont pour l'essentiel des billets vendus.» Non seulement peut-il s'en réjouir, mais on a déjà vendu à ce moment-ci cinq fois plus de billets que l'an passé, à pareille date. «Quand on atteint 10 % des ventes habituelles totales pour une saison, c'est déjà bien. En ce moment, on en est à 50 %. 

Petit mensonge de promoteur? Robert Trudel s'en défend bien et pour le prouver, bien calé dans son fauteuil, avec une manette, il fait apparaître dans un grand écran lumineux accroché à un mur, l'état des ventes. Il peut suivre à la minute près l'évolution des réservations pour chacune des activités de la Cité. 

Contrairement à l'expérience des dernières années, où il fallait attendre la fin des grands festivals d'été de Montréal et de Québec pour que l'affluence arrive, et que la saison soit enfin sauvée, les spectateurs seront nombreux dès juillet au spectacle nocturne. 

Robert Trudel a beau en chercher l'explication, il avoue qu'il ne sait pas encore trop pourquoi les choses se passent ainsi cet été. Il risque la valeur du dollar américain qui retient les Québécois dans leurs terres. «Mais ça ne peut être qu'une raison parmi beaucoup d'autres», analyse-t-il. Dragao, c'est un nouveau spectacle, mais aussi une nouvelle page des histoires d'Amos Daragon de Perro. La Cité a investi 500 000 $ dans des publicités, jusque dans des panneaux lumineux aux sorties de Montréal, pour faire connaître le nouveau spectacle. Tourisme Mauricie a aussi investi, avec 95 entreprises touristiques de la région, dans une grande offensive publicitaire. 

Une offre plus élargie de forfaits se révèle aussi profitable à la Cité. La venue à Trois-Rivières du Cirque du Soleil donne d'ailleurs de bons résultats. «J'ai toujours dit qu'il fallait à Trois-Rivières un «anchor», un gros produit d'appel.» On le constate. Loin de se concurrencer, les deux productions agissent comme de formidables locomotives touristiques. C'est ce qu'on attendait d'elles. «Un événement, un festival, c'est bien», reconnaît Robert Trudel. «Mais c'est davantage une clientèle locale qui y participe. Ce qui est moins le cas avec des spectacles de grande envergure qui sont présentés durant une grande partie de l'été.

À 85 %, la clientèle de la Cité provient d'au-delà de 80 kilomètres et à 44 % de Montréal et à 18 % de Québec, plus que de la région (12 %). Comme on n'est jamais vraiment prophète chez soi, Shawinigan et ses environs génèrent 3 % de la clientèle.

Si Robert Trudel semblait d'un calme olympien à raconter la saison qui s'amorce de Dragao, il a aussitôt retrouvé son âme d'enfant devant les bateaux-dragons qu'il a fait construire pour une bataille navale qu'il s'appliquait à décrire avec passion. Il fallait le voir ouvrir la grande tour d'où on va répliquer à cet assaut naval, jurer que son bateau-volant s'élève vraiment dans le ciel et c'était à se demander, en pénétrant avec lui dans les entrailles caverneuses où se dissimule son dragon, s'il ne se prenait soudainement pas pour Dragao. 

La passion...

Mais ce qui rend finalement zen cet homme d'excès et d'extravagance volontaire, c'est probablement que la vie avec les nombreux problèmes de santé qui l'ont affligé ces dernières années, a fait de lui un homme plus philosophe. D'autant que son dernier bilan de santé serait plutôt encourageant. «Avec ce que j'ai vécu, je prends les choses beaucoup plus calmement. Parce que j'ai encore beaucoup de choses à réaliser.» On est prévenu.

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