Hydro évite la panne régionale

Hydro-Québec a accepté d'assurer un débit lors des... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Hydro-Québec a accepté d'assurer un débit lors des fins de semaine, ce qui permettra aux plaisanciers de naviguer sans entraves sur la rivière Saint-Maurice jusqu'à La Tuque.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

En même temps que le niveau de l'eau va monter, la tension régionale va baisser.

Même si ce ne sera que durant les week-ends de l'été, il faut applaudir à la concession finalement consentie par Hydro-Québec d'opérer ses centrales hydro-électriques de façon à maintenir un débit de 450 mètres cubes sur la rivière Saint-Maurice à la sortie de son barrage de La Tuque.

Hydro-Québec s'est finalement rendue aux arguments de plusieurs intervenants de la région qui réclamaient une telle mesure pour assurer une capacité de navigation sécuritaire sur la rivière, particulièrement dans le tronçon plus problématique à cet égard de Saint-Roch-de-Mékinac-La Tuque. Bien sûr, tous ceux qui ont été les artisans de cette ouverture à la navigation auraient souhaité que ce débit minimal de 450 mètres cubes soit acquis durant toute la saison d'été, ce qu'Hydro-Québec a toujours systématiquement refusé.

La Mauricie, par le biais de son ancienne Conférence régionale des élus, Tourisme Mauricie et des villes comme Shawinigan, Trois-Rives et La Tuque ont mis beaucoup d'efforts et d'argent afin de redonner à la rivière sa navigabilité entre le secteur Grand-Mère et La Tuque. C'est à grands frais qu'on procède depuis deux ans à son balisage dans l'idée d'unir davantage la Mauricie par ce lien historique et naturel qu'est la rivière, mais aussi pour stimuler l'industrie touristique.

On peut comprendre le désarroi dans lequel s'est retrouvé le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, quand il a constaté, à quelques jours de l'ouverture de la saison de navigation, que le très bas niveau de l'eau rendait la rivière impraticable. C'était presque une supplique, mais en désespoir de cause, le maire de La Tuque avait souhaité avoir au moins un tel débit garanti les week-ends et il avait ajouté «si possible, aussi les jours fériés.»

Les jours fériés ont été oubliés, mais au moins, la réponse qu'attendait d'Hydro-Québec le maire Beaudoin, la Corporation pour le développement de la rivière Saint-Maurice, mais aussi une grande partie de la Mauricie, a apporté un grand soulagement. Certes, tout ce monde a été prévenu que c'est à titre expérimental, le temps d'une saison, qu'on ouvrira les «pelles» cet été durant les week-ends des barrages de la Haute-Mauricie. Hydro-Québec veut vérifier si cela n'entraîne pas de problèmes en amont, en particulier au réservoir Blanc.

C'est une victoire partielle. Elle a quand même été perçue comme «une belle ouverture» de la part du maire de La Tuque et comme «un pas de géant» par le maire de Shawinigan, Michel Angers. C'est dire l'état d'esprit qui régnait.

Certes, la mission première d'Hydro-Québec qui justifiait jusqu'à présent son refus de collaborer, par l'assurance d'un débit minimal, à la navigation sur la rivière, est de produire de l'électricité à l'intention des Québécois. On comprend que son souci, ce n'est pas le bonheur récréatif des Mauriciens et de leurs touristes nautiques. Mais on ne peut évacuer pour autant toute conscience sociale et les obligations qui en découlent.

Le cas de la rivière Saint-Maurice est assez exceptionnel. Avec ses onze centrales, on ne retrouvera pas ailleurs au Québec de rivière aussi harnachée qu'elle. En plus, plusieurs des barrages sont situés en milieu urbain et privent des villes, comme Shawinigan, d'un attrait touristique considérable. Les chutes de Shawinigan, par exemple, étaient réputées les plus spectaculaires du Québec, avec une hauteur supérieure à celle du Niagara. On y venait en voyage de noces.

C'est aussi une rivière d'une incroyable rentabilité pour Hydro-Québec. Avec plus de 2000 MWh de puissance installée, la Mauricie génère entre 6 et 8 %. de la production hydraulique de la société d'État. Pour l'année 2014, Hydro-Québec a généré des profits de 3,38 milliards $. La Mauricie compte pour autour de 8 % ceux-ci et parmi les plus rentables. On peut le présumer car les kWh de la Mauricie sont parmi les moins chers à produire. Huit pour cent de 3,38 milliards $... C'est énorme et, à l'exception des petites centrales de Chute-Allard et de Rapide-des-Coeurs, elle ne verse aucune redevance dans la région.

Que la communauté régionale éprouve un sentiment d'injustice, ce n'est que normal. Le dossier de la navigation sur la rivière a été un révélateur des frustrations de la région, exprimées par ses élus et d'importants intervenants. Il appartenait à Hydro-Québec de faire baisser un peu la tension, car elle n'était pas loin de la panne de courant avec la région.

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