Quand à Bécancour, on fait pour...

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«On veut devenir la référence au Québec pour les entrepreneurs qui veulent se développer.»

Comme si ce n'était pas suffisant, le président du CLD de Bécancour, Pierre Blanchette, s'est empressé d'ajouter «et même au Canada».

On peut penser que l'homme d'affaires à la tête du principal organisme de développement économique de Bécancour s'est laissé un peu emporter par son enthousiasme de nouvel arrivé à la présidence d'un CLD complètement remanié par la force des contraintes économiques imposées par Québec, mais qui a résisté à la tempête. On peut donc lui pardonner une certaine enflure verbale. Il reste que ses propos reflètent quand même une grande détermination, mais aussi un certain état d'esprit qui règnent présentement à Bécancour où on sent le besoin de se serrer les coudes, pour faire mieux, pour se définir, pour se forger une personnalité.

Deux mois après son retour à la mairie de Bécancour, Jean-Guy Dubois annonçait la mise sur pied du chantier économique dont il avait promis la tenue en campagne électorale. Dix-huit mois plus tard, hier, on en «bouclait la boucle», mais en prenant soin de préciser qu'on ne la fermait pas. Qu'au contraire, on allait poursuivre le travail amorcé. Après la participation d'une soixantaine d'intervenants à l'intérieur de quatre sous-chantiers, on en est arrivé à formuler sept grandes recommandations qui préparent des actions concrètes.

La plus tangible à ce moment-ci est sans doute la mise en place par le CLD de ce qu'on appelle le Carrefour entrepreneurial. C'est un genre de guichet intégré, qui réunit tous les organismes à vocation économique qui oeuvrent sur le territoire, ainsi que des partenaires financiers. L'idée est bien sûr de simplifier le démarchage des entrepreneurs en démarrage ou en croissance qui pouvaient parfois se perdre, ou à tout le moins perdre du temps, dans ce dédale d'intervenants utiles et nécessaires, mais en même temps complémentaires et différents. On veut aller plus loin en accompagnant les entrepreneurs au-delà de l'acquisition de financement.

Bécancour célèbre cette année son cinquantième anniversaire de fondation. La ville, on le sait, est née de la fusion de onze villages et municipalités afin d'apporter une structure urbaine au grand parc industriel qu'on allait y construire pour l'implantation d'une sidérurgie. Sidbec ira finalement s'installer à Contrecoeur, mais le gouvernement dirigera en remplacement dans le parc industriel et portuaire de Bécancour plusieurs grandes entreprises, dont l'Aluminerie de Bécancour.

On réalise par contre aujourd'hui que si les grandes entreprises ont fait progresser la ville, Bécancour ne peut plus miser que sur celles-ci pour assurer son avenir. D'autant que six emplois sur dix y sont occupés par des travailleurs et travailleuses qui habitent la rive nord, Trois-Rivières principalement. Ce qui serait moins le cas avec des petites et moyennes entreprises.

C'est à cela qu'on veut s'attaquer. Dans son langage qu'il s'amuse parfois à colorer, le maire Dubois avait parlé l'an passé des «gazelles» qu'il souhaitait attirer sur son territoire, une expression qu'avait popularisée le professeur en économie Pierre-André Julien, de l'UQTR, pour désigner ces jeunes entreprises qui connaissent des parcours parfois fulgurants. Hier, le maire parlait plutôt d'aller pêcher des truites, même si au travers on peut attraper quelques achigans. Une façon de dire qu'on comptait orienter en étant un peu interventionniste, en fonction d'une certaine spécificité propre à Bécancour, mais aussi de complémentarité aux entreprises existantes, les entreprises commerciales susceptibles de s'installer à l'ouest de la ville, dans l'axe de la 55. Le maire Dubois y souhaiterait un développement commercial distinctif par rapport à ce qu'on retrouvera au nord, à l'autre bout du pont, dans le futur District 55. Un développement qui s'inspirerait et refléterait en même temps ce qu'est Bécancour, en tant que ville «bleue et verte». Bleue en raison du fleuve qui la borde et des nombreuses rivières qui la traversent et verte, compte tenu de ses grandes zones agricoles, forestières et de villégiature. Les commerces d'équipements récréatifs, par exemple, refléteraient bien cette image.

Bécancour veut préserver et accroître ses commerces de proximité, développer une zone industrielle sur l'emplacement de l'ancienne usine La Prade, posséder un incubateur industriel...

Après 50 ans d'existence et six secteurs éparpillés sur son vaste territoire qui n'évoluent pas forcément au même rythme, qui n'éprouvent pas les mêmes besoins, Bécancour veut quand même faire un tout cohérent. Dans le fond, derrière tous les efforts qui sont consentis, c'est à se forger une identité propre qu'on travaille. «On ne va pas essayer d'être Trois-Rivières», prévient le maire Dubois.

Ça tombe bien. «On a une réalité de collaboration», constate le directeur général de la Société d'aide au développement des collectivités, Steve Brunelle. Si tout le monde tire dans le même sens, que sera Bécancour... en 2025? C'est le slogan: Bécancour, on fait pour...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer