Une Mauricie vieille et pauvre

La Mauricie compte aujourd'hui 266 794 personnes, mais... (Photo André Tremblay, archives La Presse)

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La Mauricie compte aujourd'hui 266 794 personnes, mais 22,1 % sont âgées de plus de 65 ans. C'est un vieillissement que l'on pourrait qualifier d'accéléré si on considère qu'en 2001, ce taux était de 16,2 %.

Photo André Tremblay, archives La Presse

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

En parcourant le Panorama annuel des régions de l'Institut de la statistique du Québec qui vient d'être publié, on pourrait se demander, une fois de plus, si le pire endroit où rester, à divers plans, ce n'est pas entre Québec et Montréal.

S'il n'y avait la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine pour se consoler à l'occasion, ce serait bien ce qui ressort d'un ensemble de statistiques démographiques, économiques, culturelles ou sociales compilées dans ce document de près de 200 pages.

La Mauricie, et le Centre-du-Québec n'est jamais très loin, traîne presque toujours dans les dernières positions.

Sur le plan du vieillissement de la population par exemple, avec un âge médian de 48,2 ans, la Mauricie fait à peine plus jeune que le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, mais s'écarte fortement de la moyenne québécoise qui est de 41,8 ans.

La région compte aujourd'hui 266 794 personnes, mais 22,1 % sont âgées de plus de 65 ans. C'est un vieillissement que l'on pourrait qualifier d'accéléré si on considère qu'en 2001, ce taux était de 16,2 %. Il faut malgré tout y voir un peu de positif, car la Mauricie était alors la région qui présentait la plus forte cohorte dans ce groupe d'âge de toutes les régions du Québec alors qu'elle occupe maintenant l'avant-dernier rang. Là où le bât blesse, c'est qu'il y a maintenant plus de gens âgés de 65 ans et plus que de moins de 19 ans, un équilibre qui pourra difficilement être rétabli dans les prochaines années. D'autant que sa croissance démographique, même si elle s'est un peu améliorée, reste faible et lente, à 1,5 pour cent entre 2011 et 2014 alors qu'elle a été de 8,5 % au Québec. Même en deçà de la moyenne québécoise, avec un rythme de 5,3 % pour la même période, on peut se demander si le Centre-du-Québec (239 990 habitants), ne parviendra pas à rivaliser avec la Mauricie en termes de population.

Trois-Rivières s'en tire cependant bien avec un accroissement de 4,9 %. Mais des MRC comme Mékinac (moins 7,5 %) et Shawinigan (moins 5,6 %) éprouvent d'évidentes difficultés.

Ce profil démographique peut en partie expliquer que le revenu disponible par habitant, c'est-à-dire après impôts, à 23 474 $, soit aussi parmi les plus faibles du Québec, là encore à peine battu par la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. L'Institut attribue cette situation à un bas taux d'emploi et à un salaire hebdomadaire moyen des employés «largement plus bas que dans le reste de la province.» Le taux d'emploi, à 50,8, qui fait qu'à peine une personne sur deux occupe un emploi, est encore là parmi les pires du Québec. Le Centre-du-Québec, à 55,8, se rapproche au moins de la moyenne québécoise.

Le fait que la Mauricie soit aussi parmi les régions qui reçoivent le plus de transferts gouvernementaux, soit en prestations de toutes sortes, RRQ, pension fédérale, assurance-emploi et aide sociale contribue bien sûr à ce bas niveau de revenus. À 21,550 $ par habitant, la MRC de La Tuque n'est pas loin du dernier rang des MRC du Québec pour le revenu disponible. Aucune des MRC de la Mauricie ne s'est hissée à cet égard, ou même ne s'est approchée, du top ten des MRC qui offrent les meilleurs salaires. On est loin du glorieux passé industriel qui a déjà fait en sorte qu'on versait dans certaines villes de la Mauricie, comme Shawinigan ou La Tuque, parmi les meilleurs salaires au Canada.

Ce n'est pourtant pas parce que la population de la Mauricie est sous-scolarisée qu'on vit une réalité démographique et économique aussi embarrassante. Certes, la diplomation collégiale et universitaire n'est pas aussi élevée qu'à Montréal, Laval et dans la région de Québec, mais elle est quand même légèrement supérieure à celle de la moyenne des régions du Québec. Ce qui n'est pas le cas du Centre-du-Québec, qui traîne au dernier rang québécois. Cette sous-scolarisation avait d'ailleurs été un argument invoqué pour justifier l'implantation à Drummondville d'un campus universitaire satellite de l'UQTR.

Malgré tout, on a continué de construire en 2014. Alors que dans la presque moitié des régions du Québec, on a accusé des reculs, la Mauricie a affiché une croissance de 2,5 % sur l'année précédente et conservé ainsi un bon rythme annuel. Bien sûr, la grosse contribution est venue de Trois-Rivières qui représente 50 % de la population de la Mauricie et au moins 60 % de son activité économique.

Au moins, dans la construction résidentielle, mais aussi non résidentielle, on a laissé la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine loin derrière nous. Comme quoi les chiffres ne disent pas toujours tout.

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