CHRONIQUE

Quand Gentilly voit grand

De gauche à droite, Diane Tétreault, présidente de...

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De gauche à droite, Diane Tétreault, présidente de la Caisse Desjardins Gentilly-Lévrard-Rivière du Chêne, Jean-Guy Dubois, maire de la Ville de Bécancour, Julie Desbiens, membre du comité de revitalisation et propriétaire de la Roulotte à patates, Josée Magny, porte-parole du comité de revitalisation et propriétaire de Santé Beauté Josée Magny et Alain Mercier, conseiller municipal du secteur Gentilly.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Quand on traverse Gentilly, l'impression qui s'en dégage est celle d'un village très vivant qui se comporte en chef-lieu actif.

À travers les fières vieilles demeures ancestrales, se découpent les façades de plusieurs commerces. Il y a un petit centre commercial à l'entrée ouest, quelques restos, des stations-services, un Inter Marché, des boutiques, une pharmacie, des cliniques en tous genres, une caisse pop qui ne menace pas de fermer, une succursale bancaire... et une roulotte à patates tellement fréquentée, qu'hier sur l'heure du midi, on n'était pas loin du bouchon. Dans les faits, pas moins de 80 entreprises commerciales jalonnent la 132 dans le secteur Gentilly.

De quoi faire mourir d'envie beaucoup d'autres villages qui sentent l'agonie, frappés en leur coeur par la désertion de leurs habitants et de leurs commerces. Des villages qui ne sont même plus l'ombre de ce qu'ils ont été.

On s'étonne quand Josée Magny lance comme un immense cri du coeur: «Nous souhaitons être autre chose qu'un village qui a subi une fermeture de centrale nucléaire avec tout ce que cela amène comme conséquences». Elle est présidente d'un comité formé il y a un an qui s'appelle Revitalisation Gentilly. Plein de citoyens et de gens d'affaires ont spontanément offert d'y prendre part. Le comité est allé à la rencontre des citoyens pour connaître leurs attentes et leurs espoirs pour leur village. Hier matin, sur la petite agora qui fait face à l'église, qui deviendra un gros lieu de rencontres citoyennes, parce qu'on y a prévu une foule d'activités, le comité dévoilait son plan de revitalisation 2015-2017. Avec un slogan très révélateur des ambitions du comité: «Voir grand... Être plus!»

Quand à l'hiver 2014, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a décidé de mettre en oeuvre un grand chantier économique, la revitalisation de Gentilly a été ciblée comme prioritaire. Un mandat en ce sens a aussitôt été confié à la Société d'aide aux collectivités de Nicolet-Bécancour.

Le vrai épicentre de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, c'était forcément, en tout premier lieu, Gentilly. On a beau avoir l'impression que le village, comparé à beaucoup d'autres, est solide et dynamique et qu'il ne peut qu'être attrayant. Ce qui a fait dire au maire Dubois que c'est une communauté «tissée serrée et résiliente». Il reste que le moral a été atteint. Il y a eu une réduction de l'activité économique qui s'est traduite par des fermetures de commerces ou des baisses d'achalandage dans d'autres. C'est quand il se compare, non pas avec d'autres villages, mais à ce qu'il a déjà été, que Gentilly se sent brisé. C'est cela qu'on veut secouer. On veut tourner une page, s'occuper du présent et se bâtir un avenir comme communauté.

Le plan de revitalisation est scindé en trois thématiques: l'environnement physique, le développement commercial et l'animation et la promotion du milieu. On veut rendre le coeur du village attrayant par l'embellissement et l'animation, mettre en valeur le patrimoine bâti, naturel et culturel, favoriser le développement et le maintien des commerces et services existants et enfin, faire la promotion du milieu et de sa qualité de vie.

Une programmation estivale, surprenante par son ampleur, sera proposée aux citoyens tous les mardis, mercredis, jeudis et samedis. Les gens d'affaires seront pour leur part mobilisés sur les questions d'enjeux comme l'achat local, la relève commerciale et la formation. On veut développer davantage l'accès au fleuve, car après tout, on baigne dedans et «la 132, c'est la route des Navigateurs», comme l'a rappelé Caroline Aubin, de la SADC.

On veut revamper le village, lui redonner «un peu d'amour», selon les mots de la porte-parole du comité, avec l'espoir de provoquer un «positivisme contagieux».

C'est vrai qu'il y a déjà eu six bars et qu'il n'y en a plus qu'un. Qu'au fil des années, de grosses entreprises, commerciales ou industrielles, ont fermé. Que beaucoup de gens qui travaillaient à Gentilly-2 ont dû se trouver de l'emploi ailleurs et déménager. Mais c'est aussi vrai que Gentilly se comporte encore en chef-lieu et dessert un territoire beaucoup plus vaste que les limites de son secteur.

Mais sa meilleure arme reste l'état d'esprit de ses citoyens, leur fierté et leur sentiment d'appartenance à Gentilly. Il ne faut pas s'étonner que c'est là que se tient le deuxième plus vieux carnaval d'hiver au Québec, un carnaval qui dure... six mois. Qu'on y a rescapé et mis en valeur un moulin ancestral devenu réputé, le Moulin Michel. Qu'on y a aménagé le superbe Parc de la rivière. Et qu'on y fait chaque année sur l'eau une aussi invraisemblable qu'originale course en citrouilles, le Potiron.

Alors, redonner un peu de lustre et d'ambiance au village est loin d'être pour cette communauté un défi hors d'atteinte. C'est dans son ADN.

«Nous, les idées de fous, on les réalise», prévient Josée Magny.

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