CHRONIQUE

Il faudrait une «duceppomanie»

Gilles Duceppe... (La Presse Canadienne, Ryan Remiorz)

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Gilles Duceppe

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Les amateurs de sport électoral attendent maintenant tous avec impatience la publication d'un premier sondage qui donnera une idée de l'impact pour le Bloc québécois du retour à la tête du parti de son ancien chef Gilles Duceppe.

Ce qui est sûr, c'est que la situation pour le Bloc ne pourrait être pire qu'elle n'apparaissait depuis quelque temps. Il y a moins d'un mois, un CROP n'attribuait plus que 11 % des intentions de vote à ce parti souverainiste fédéral. À un tel niveau, il ne restait guère plus que Louis Plamondon, dans Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour qui pouvait encore aspirer à une victoire bloquiste et même dans son cas, l'issue était périlleuse. Celui qui est devenu le doyen de la Chambre des communes ne l'avait remporté que par moins de 3 % aux dernières élections de 2011, talonné par la candidate du NPD. Or, selon ce dernier CROP, avec 42 % des préférences exprimées en leur faveur, le NPD pouvait prétendre faire aussi bien avec Thomas Mulcair qu'avec Jack Layton.

Il ne fait pas de doute que Gilles Duceppe est pas mal plus charismatique que Mario Beaulieu. Ce dernier avait certes rassemblé les purs et durs de la souveraineté, les pratiquants, mais il ne parvenait absolument pas à faire lever le Bloc québécois dans la ferveur populaire. Cela se traduisait d'ailleurs par une difficulté plus qu'évidente à recruter des candidats en prévision des élections d'octobre.

Gilles Duceppe fera mieux, mais jusqu'à quel point. C'est la grande question. Il faut bien réaliser que la commande est énorme. Même en ramenant les électeurs de 2011, cela reste nettement insuffisant. Avec 23 % des suffrages exprimés, le Bloc était glissé au troisième rang au Québec, derrière les libéraux et n'avait gagné que quatre sièges. Gilles Duceppe a toujours été un homme politique respecté, mais il n'y a jamais eu de «duceppomanie».

Avec l'élection à la tête du Parti québécois de Pierre Karl Péladeau, les souverainistes tentent de créer un momentum. Malgré tous leurs efforts, la montée de fièvre que devrait normalement générer l'arrivée d'un nouveau chef n'est pas encore apparue très forte. C'est à peine si le PQ a amélioré son vote cette semaine aux élections complémentaires dans Chauveau et Jean-Talon. On a même pu constater que la désertion du vote caquiste qui s'est produite l'a été en faveur du PLQ. C'est dire.

À moins d'un engouement bloquiste inattendu, la lente mais continuelle glissade des libéraux de Justin Trudeau au Québec depuis un an et la difficulté pour les conservateurs de se refaire une popularité font en sorte que les choses vont plutôt bien pour le NPD. D'autant que selon le dernier sondage EKOS, le NPD peut même maintenant aspirer à former le prochain gouvernement.

Dans la région, il faudrait toute une poussée bloquiste pour changer la donne électorale, qui reste favorable aux représentants du NPD. Il faut se rappeler que les trois circonscriptions de la Mauricie ont voté très nettement néo-démocrate en 2011 et élu, dans Berthier-Maskinongé et dans Saint-Maurice-Champlain, de parfaites inconnues qui n'avaient pas fait campagne et qui n'avaient jamais mis le pied dans ces comtés. Il a probablement fallu l'aide d'un GPS pour que Ruth Ellen Brosseau et Lise Saint-Denis trouvent le bon chemin pour aller voir pour une première fois leurs électeurs au lendemain de leurs victoires.

Ce ne sera pas la même chose cette fois-ci. Ruth Ellen Brosseau n'est plus cette jeune inconnue d'Ottawa qui avait pris des vacances à Las Vegas durant la campagne électorale. Elle a été très présente dans son comté et serait aussi très appréciée. Dans Trois-Rivières, Robert Aubin, qui était de la place, avait obtenu 53 % des votes. Il sera dur à déloger. Dans Saint-Maurice-Champlain, Lise Saint-Denis est devenue libérale. Mais les électeurs avaient voté à presque 40 % pour le NPD. La candidature du NPD n'a pas encore été identifiée. Mais cela devrait se faire très bientôt et ce sera, a-t-on laissé savoir, une personne du comté et largement connue. On sait que Lynn Beaulieu et Dominique Trottier ont décidé de briguer l'investiture.

Ce sera donc très différent cette fois-ci pour le NPD dans la région.

La lutte promet quand même d'être intéressante. Dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne ratisse le comté à plein temps de long en large depuis un an pour le Parti libéral. Dans Trois-Rivières, l'arrivée pour les libéraux d'Yvon Boivin a certes été une surprise, mais ça reste une bonne candidature. Les conservateurs auront aussi un bon campaigner en Dominic Therrien.

Sauf que les libéraux s'étaient vraiment effondrés en 2011. Ils partent de loin, très loin. Il leur faudra un chef flamboyant en campagne électorale pour pouvoir entretenir quelques espoirs.

Les bloquistes. Les candidats sont choisis, mais n'ont encore rien cassé. Il y a quand même un ancien gros fond bloquiste en Mauricie. Les candidats du Bloc ont aussi terminé 2e aux dernières élections. Mais, qu'en reste-t-il? C'est l'énigme, s'il y en a une.

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