CHRONIQUE

Lévesque s'isole: pour le meilleur ou le pire?

Le maire Yves Lévesque a été à même... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire Yves Lévesque a été à même de constater hier matin l'impressionnante force de Mike Saunders, Jean-François Caron et Maxim Lemire, sous le regard du président Ghyslain Demers.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Des hommes forts ont empoigné jeudi matin Yves Lévesque et l'ont soulevé de terre une bonne minute, mais sans le laisser tomber.

Ce n'est pas un fait divers qui aurait pu nécessiter d'appeler le 911 ou le poste de police. C'était simplement pour les besoins d'une photo lors de la conférence d'information de l'Expo de Trois-Rivières et les colosses, qui seront parmi les participants au Concours d'hommes forts professionnels du 12 juillet, ont pris bien soin de le remettre sur pied sans dégâts.

Le maire de Trois-Rivières prendra moins de précaution à la fin du mois quand il choisira lui de laisser tomber l'Union des municipalités du Québec. Sa décision est prise car la renégociation du pacte fiscal transitoire imposé à l'automne par le gouvernement du Québec, loin d'être terminée, ne sera même pas entamée. Or, Yves Lévesque avait réclamé, et à l'UMQ on semblait d'accord avec cela, que la nouvelle entente soit connue avant la fin du mois de juin en cours.

On a compris au récent congrès de l'UMQ que ce ne semblait plus être une priorité prioritaire car la question, qui est pourtant cruciale pour les finances des municipalités du Québec, n'a été qu'effleurée. Au mieux, on y a appris que les premières rencontres pour négocier le nouveau pacte fiscal auront probablement lieu quelque part en août. On était loin d'être dans l'urgence alors que le maire de Trois-Rivières s'attendait à ce que le sujet soit au coeur des travaux et des interventions des élus municipaux du Québec.

Il ne restait plus rien du quasi état de crise qui avait secoué le monde municipal au point que l'on pouvait croire en danger Pierre Moreau dans ses fonctions de ministre des Affaires municipales. Le ministre et son chef Philippe Couillard s'y sont d'ailleurs présentés sans être cahutés et ont même été plus que poliment applaudis.

Le mouvement de fronde à la tête duquel s'était hissé Yves Lévesque, multipliant les déclarations outrées contre le gouvernement et menaçant l'UMQ d'éclatement, encouragé en cela par d'autres maires, n'existait plus ce printemps.

Le maire de Trois-Rivières a bien tenté de maintenir la pression, mais il a dû rapidement comprendre qu'il marcherait dorénavant seul. On a bien tenté de le convaincre de rentrer sagement dans le rang. Denis Coderre, le maire de Montréal, jouant la grande corde de l'amitié sincère, lui a même de ses gros bras compressé les épaules pour témoigner de sa grande affection à son endroit et le persuader de cesser de faire des vagues et de rester solidaire. Come on Yves!

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, avec lequel il a passé mercredi la soirée au Kinipi, lui a aussi joué du violon pour qu'il revienne marcher dans les soyeuses moquettes de l'UMQ. Le maire Cusson est deuxième vice-président de l'organisme. Rien à faire.

Trois semaines après la fin des assises, Yves Lévesque ne décolérait toujours pas hier matin. «On n'y discute jamais des vraies affaires. C'est plus social qu'autre chose. Ça fait vingt ans que j'assiste à ce congrès et ça fait vingt ans qu'on tourne en rond. Ça ne vaut pas l'investissement que représente notre cotisation annuelle. Ça je l'ai dit à plusieurs et je leur ai fait admettre qu'on n'en avait pas pour notre argent.» Lui qui aurait voulu voir l'UMQ comme un genre de syndicat des élus municipaux du Québec, prêt et prompt à monter au combat pour faire valoir les revendications des municipalités, n'y a découvert, une fois de plus, qu'un genre de boy's club. «Je n'en ferai pas partie», tonne-t-il.

La cotisation annuelle de la ville de Trois-Rivières à l'UMQ était de 110 000 $ par année. En guise de protestation, on n'en avait payé que la moitié. Ce sera dorénavant, ou jusqu'à nouvel ordre, rien du tout. Trois-Rivières va se retirer de l'organisme.

La conséquence en sera que le maire de Trois-Rivières va désormais se retrouver seul dans son coin, isolé, au banc de l'UMQ. «De toute façon, nos dossiers, on les règle toujours tout seuls», au risque parfois de s'en faire éclabousser.

On n'en est pas dans son cas à une petite délinquance près. Il racontait hier matin que l'an passé, en visite au pavillon agricole de l'Expo avec son petit-fils, il s'était emparé, malgré l'avis de ne pas toucher, d'un cochonnet qui l'aspergea copieusement de son lisier. Tant que c'est lui et pas sa ville qui se fait beurrer de... cela, c'est sans problème. L'histoire nous dira s'il en est ainsi.

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