Cédrika: si le film avait une fin!

Martin Provencher regarde l'affiche du film consacré à... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Martin Provencher regarde l'affiche du film consacré à la disparition de sa fille, Cédrika Provencher.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On veut y croire, mais il est difficile de ne pas être habité malgré tout par un certain scepticisme.

Cette fois, c'est le réalisateur Stéphan Parent, en collaboration avec l'avocat Marc Bellemare, qui annonce qu'il va réaliser un film sur la disparition de la petite Cédrika Provencher.

Parent est celui qui a réalisé Novembre 1984, un documentaire qui portait sur les disparitions de six enfants, sept en réalité, survenues dans les années 1980 et 1990 et jamais élucidées. Il connaît l'auteur de ces crimes odieux et s'applique à le traquer. Il ne l'identifiera pas formellement, mais il en a cerné les contours. Il se contentera dans son film de le désigner sous le nom de «le chambreur», car c'est ainsi que beaucoup de gens l'appelaient. Mais il l'a toujours dans sa mire.

Quand cet individu se retrouve quelque part, il y a toujours un enfant qui disparaît à proximité, a constaté Stéphan Parent. Or, même s'il change souvent d'endroit et d'automobile, «le chambreur» habite toujours Trois-Rivières. Dans Novembre 1984, l'histoire de l'enlèvement de Cédrika est évoquée à la fin du film. Parent pourrait-il faire un lien entre son prédateur plus que suspect demeuré jusqu'ici impuni et Cédrika Provencher? On peut le croire.

C'est à l'issue de la diffusion de son dernier film que des renseignements nouveaux sur la disparition de Cédrika Provencher ont été portés à son attention, suffisamment troublants pour que le cinéaste juge qu'il y a matière à faire un film sur cet événement qui a bouleversé tout le Québec et qui continue de hanter les esprits dans la population.

Le film prendra la forme d'un documentaire d'enquête et on commencera à tourner à l'automne. On pense que la réalisation de ce documentaire favorisera l'arrivée d'informations inédites dans le dossier de la petite Cédrika et déliera des langues. «Il y a quelqu'un qui sait quelque part», a toujours répété Martin Provencher le père de Cédrika.

L'avocat Marc Bellemare pense que des gens qui savent des choses, mais à qui il rebute de faire affaire avec des policiers, seraient plus susceptibles de les confier aux responsables du film en préparation. C'est possible.

Il faut dire que ce n'est pas la première fois que des personnes en vue, indépendantes des corps policiers, s'offrent pour recevoir des informations. Le célèbre chroniqueur Claude Poirier a longtemps offert de recueillir ces renseignements, sur un numéro de téléphone réservé, en promettant la confidentialité la plus totale, si tel était le désir de ses informateurs. Il disposait, venant d'Enfant-Retour, d'une prime de 80 000 $ à offrir à quiconque apporterait la solution à l'affaire. Malgré toute sa célébrité, il n'est pas parvenu à la dénouer.

Il en avait été de même avec Me Guy Bertrand, qui avait offert ses services «pro bono». Il avait lui aussi reçu un appel téléphonique prometteur qui l'avait convaincu de s'impliquer dans le dossier et de donner ainsi suite à une demande en ce sens que lui avait faite auparavant la famille Provencher, Malgré une intervention de plusieurs mois de sa part comme «procureur indépendant» et une prime rendue à 170 000 $ dont il disposait comme «gratification», il dut lui aussi finir par se résigner à déclarer forfait. Il avait bien reçu à son bureau des dizaines et des dizaines d'appels téléphoniques, mais en dépit de son dévouement, le mystère de l'affaire Cédrika Provencher resta entier.

Et c'est sans compter l'inlassable travail de la famille, grand-père Henri en tête, qui jour après jour, semaine après semaine, année après année, a écouté tous ceux qui avaient des choses à dire, vérifié toutes les pistes, même les plus improbables, sans parvenir à éclaircir avec certitude ce qui s'est vraiment passé ce soir du 31 juillet 2007. Sans en débusquer et à traduire en justice le responsable.

«On a rien à perdre et tout à gagner», a fait valoir Me Marc Bellemare lors de la conférence de presse à Québec annonçant la préparation d'un film sur l'affaire Cédrika. Il a parfaitement raison.

Voilà près de huit ans bientôt que le mystère règne sur cet enlèvement qui a été de loin le plus médiatisé de tous les événements du genre au Québec. On veut s'accrocher à tout, y compris à un film sur Cédrika Provencher, pour enfin y voir clair. Pour qu'il y ait une fin à l'histoire.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer