Port de TR: l'année de tous les records

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Chronique) Si la morosité ambiante a marqué l'année 2014 dans la région sur le plan économique, il y a une entreprise qui en a été totalement épargnée: le port de Trois-Rivières.

C'est une croissance fulgurante dont a profité le port trifluvien l'an dernier.

C'est ce que démontraient jeudi les statistiques de la dernière année du port rendues publiques à l'occasion de son assemblée générale annuelle.

Le trafic total des marchandises manutentionnées est passé de 2,7 millions de tonnes métriques à 3,8 MTM, ce qui représente une hausse de 37 % en une seule année et un record dans l'histoire du port.

Pourtant, l'année s'était amorcée très lentement, à ce point qu'on craignait de la terminer avec un bilan négatif, a reconnu son pdg, Gaétan Boivin. Les activités au port ont fini en lion et tout indique que ça se poursuivra à un rythme aussi soutenu en 2015 et probablement en 2016.

C'est du vrac solide qu'est venue la grande poussée du trafic au port de Trois-Rivières, avec 3,3 MTM, en particulier en raison des transbordements de grain. Mais il s'est aussi développé de nouveaux marchés, dont celui de l'acier importé. L'année a d'autre part été marquée par le passage de trois navires de croisière internationale avec à leur bord 1796 passagers et 865 membres d'équipage. On a aussi assisté à l'arrivée du groupe AML qui propose des croisières-excursions. Au total 243 navires ont accosté au port de Trois-Rivières en 2014, onze de plus que l'année précédente.

Cette activité florissante s'est évidemment reflétée dans les résultats financiers. Le chiffre d'affaires est passé de 6,1 millions $ à 7,2 millions $, mais surtout il a laissé un résultat net plus que respectable de 3,1 millions $, ce qui équivaut au double de celui de l'année précédente. On peut dire que le port de Trois-Rivières est en excellente santé financière, avec une trésorerie de réserve qui dépasse les 10 millions $.

La conséquence en est que le port est rendu au bout de ses capacités d'entreposage et pour que sa croissance ne soit pas étouffée, car la demande pour ses services reste forte, il lui faudra passer à la phase 2 de son grand projet de réaménagement et de modernisation de ses installations baptisé Cap sur 2020.

Amorcée en 2009, la phase 1, maintenant complétée, a impliqué des investissements de 43 millions $ dont près de la moitié est venue du secteur privé. On a commencé en 2014 la phase 2 avec la construction du nouveau mégadôme, mais pour la reconstruction du quai 13, l'aménagement d'un nouveau terminal de 23 000 m.c. et l'ajout de nouveaux hangars, on attend du financement de la part du gouvernement fédéral. Voilà au moins deux ans qu'on reconnaît à Ottawa que le dossier du port de Trois-Rivières est impeccable, mais il s'est trouvé qu'il n'entrait pas dans les programmes de soutien portuaire adoptés jusqu'ici par le gouvernement fédéral.

Gaétan Boivin ne désespère pas malgré tout. Il pense même que, sans égard selon lui au fait qu'on soit en année d'élection, un déblocage pourrait avoir lieu dans les mois à venir. Les interventions auprès des autorités fédérales auraient fait en sorte que le port de Trois-Rivières a marqué beaucoup de points, entre autres auprès du ministre Denis Lebel, qui a déjà reconnu la valeur du projet de Trois-Rivières, mais aussi de la ministre Lisa Raitt, qui s'est arrêtée à Trois-Rivières au mois de septembre. «On travaille fort en ce moment à Ottawa pour trouver un moyen de financer la phase 2», assure le pdg du port.

De la même façon, les nouvelles venant de Québec cette fois pourraient être bonnes. La stratégie maritime du gouvernement qui devait être connue ces derniers jours le sera la semaine prochaine. Cette stratégie n'annonçait pourtant rien de très bon pour Trois-Rivières. Pour ce qui en avait filtré, c'était surtout les grands parcs logistiques portuaires de Québec, Montréal ou Vaudreuil-Soulanges qui allaient en profiter.

Mais à Trois-Rivières, on a parlé dans le creux de l'oreille du ministre responsable, Jean D'Amours, pour lui rappeler l'importance des ports régionaux et des projets de celui de Trois-Rivières, en forte progression de ses affaires. Le ministre en aurait semble-t-il pris bonne note et reconfiguré sa stratégie maritime. Pas plus tard qu'au récent congrès de la Fédération des chambres de commerce, il lui a promis qu'il allait être «très content».

On verra bien.

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