CHRONIQUE

Boivin: connu, mais inattendu

Yvon Boivin... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Yvon Boivin

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Les amateurs d'élections fédérales dans Trois-Rivières seront servis à souhait d'ici le 19 octobre avec l'entrée en scène inattendue pour le Parti libéral de celui qui est maintenant devenu l'ex-président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin, qui sera candidat à une investiture sans opposition.

Il faut s'attendre à des débats particulièrement relevés, compte tenu des qualités d'orateur d'au moins trois des adversaires. Ceux que ce genre d'exercice électoral fait tripper seront gâtés. Le député sortant, Robert Aubin, un professeur, s'exprime d'aisance. Le candidat conservateur Dominic Therrien a déjà remporté des concours d'art oratoire et, on a pu le constater, même si comme baseballeur il a patrouillé les États-Unis et amorcé par la suite une carrière d'avocat à Vancouver, il maîtrise parfaitement bien son français. Quant à Yvon Boivin, depuis six ans qu'il est président et porte-parole de la CAVP, tout le monde a été en mesure d'apprécier ses qualités d'élocution et ses capacités à bien exprimer les idées qu'il défend.

Reste le candidat du Bloc québécois, André Valois, à mettre à l'épreuve sur ce plan, mais pour peu qu'il soit de niveau, les joutes électorales à venir sont prometteuses de fortes émotions. Ce qui est plutôt rare dans une campagne fédérale.

Mais d'ici là, il faut reconnaître que la candidature d'Yvon Boivin a constitué une forte surprise. Certes, on pouvait déceler chez l'homme des qualités de tribun et des facultés intellectuelles qui le disposaient à une candidature politique. On l'avait d'ailleurs sollicité pour qu'il soit candidat aux dernières élections municipales et les libéraux provinciaux l'auraient aussi approché l'an passé. La chose politique lui plaisait, mais des considérations familiales l'avaient convaincu de passer chaque fois son tour.

Sauf que lorsque le candidat libéral dans Champlain-Saint-Maurice, François-Philippe Champagne s'est assis, «il y a peu de temps», à sa table de cuisine, donnant ainsi suite à une conversation que les deux hommes avaient commencée sur les ondes du 106,9, l'offensive libérale a semble-t-il fonctionné, l'assentiment de l'épouse parachevant l'oeuvre de séduction.

Yvon Boivin insistait mardi matin sur le caractère récent de sa décision, qu'il a rendu publique sans attendre, la première journée où c'était possible, a-t-il précisé, pour témoigner de sa transparence. L'idée en était avant tout d'écarter toute association possible avec sa sortie intempestive du 8 mai, quand il invita le candidat conservateur Therrien à «rester chez lui», parce qu'il annonçait sa participation à la grand marche que tiendra la Coalition samedi dans les rues de la ville. La Coalition nuança ses propos dans les heures suivantes et corrigea le tir avec Therrien, mais disons que le mal était fait. Mardi, Yvon Boivin assurait qu'il n'était alors pas encore en réflexion pour une candidature libérale. Il l'invite plutôt maintenant à prendre part à cette marche «apolitique», Son mentor François-Philippe Champagne avait tout de même affirmé une semaine plus tôt qu'on allait sous peu dévoiler un «candidat-vedette» dans Trois-Rivières, «une candidature de classe», qui allait rallier beaucoup de gens en Mauricie et à Trois-Rivières en particulier.

Aurait-il échappé ce candidat-vedette, puisqu'il n'avait en principe pas encore rencontré Boivin? Ce que l'on peut dire, c'est que la description qu'il faisait alors de sa vedette libérale en réserve pour Trois-Rivières collait plutôt bien au profil d'Yvon Boivin. Il faut quand même que ce dernier ait les valeurs libérales élevées, car les sondages indiquent de plus en plus une glissade du PLC dans les intentions de vote, tant sur le plan national qu'au Québec. Ce qui rend plus qu'incertain un prochain gouvernement libéral et beaucoup plus difficiles les victoires locales.

Peu importe les versions jazzées ou pas que l'on sert aujourd'hui sur le moment où Boivin s'est vraiment peinturé libéral, on devrait vivre une fameuse de bonne campagne électorale dans Trois-Rivières.

La pyrrhotite sera-t-elle au coeur du débat? C'est plus que probable, mais cela ne veut pas pour autant dire que toutes les victimes de la pyrrhotite et leurs sympathisants transporteront leur vote vers le candidat Boivin.

Les premières réactions sur les réseaux sociaux ont été loin de témoigner d'un tel enthousiasme à son endroit. Certains pensent même que la Coalition pourrait en subir des contre-coups tellement son image s'était façonnée à celle d'Yvon Boivin. Si ce dossier reste d'une importance majeure à Trois-Rivières, en raison de son ampleur économique et de son intensité dramatique, plusieurs craignent d'autre part qu'il occupe toute la place dans le débat politique à venir et occulte tous les autres dossiers dont Ottawa est responsable à Trois-Rivières.

C'est peut-être ironique, mais la première bataille publique de l'élection fédérale dans Trois-Rivières va se jouer samedi matin, dans les rues de Trois-Rivières, dans une marche de sensibilisation politique pour la pyrrhotite. Il y aura des milliers de personnes, mais aucun des quatre candidats ne pourra se camoufler dans la foule. Tout le monde va chercher à savoir «qui poigne» et avec qui?

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