CHRONIQUE

UMQ: Lévesque seul dans son combat

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

La faiblesse dans la réflexion qui s'achève du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, sur le maintien de sa ville dans l'Union des municipalités du Québec, c'est qu'au sortir des assises annuelles de la semaine dernière, il se retrouve seul à vouloir en claquer les portes.

Sans compter qu'en plus, il s'est pas mal peinturé en fixant au 30 juin la date limite pour que l'UMQ ait négocié le nouveau pacte fiscal avec le gouvernement du Québec. Or on sait déjà que les grandes lignes de la nouvelle entente ne seront pas jetées avant la fin du mois d'août et qu'il faudra attendre à l'an prochain pour qu'un projet de loi accordant en principe de nouveaux pouvoirs aux villes, correspondant mieux à leurs responsabilités actuelles de gouvernement de proximité, soit déposé à l'Assemblée nationale.

Autant dire qu'Yves Lévesque, avec l'appui bien sûr de son conseil municipal, n'aura d'autre choix que de rentrer dans le rang, quitte à maugréer à tue-tête pour la forme, ou de quitter l'UMQ avec son petit bonheur en présumant qu'il n'y aura de toute façon pas de prix à payer pour sa désertion.

Malgré ses nombreuses discussions de corridors aux assises, là où se trament souvent bien des choses, Yves Lévesque n'est pas parvenu à donner corps à la sourde contestation de l'organisme qu'il a constatée depuis une vingtaine d'années qu'il y siège comme élu municipal. Les chialages de corridors, sympathiques à sa position, se sont dissipés sur les moquettes, là où se dissimulent les gouttes qui débordent des cocktails quand on les entrechoque avec belle façon et trop grande apparence de bonne entente.

Le maire de Trois-Rivières aurait aimé que le mouvement de protestation qui s'était ouvertement manifesté à l'automne lors de la signature, par les deux associations qui représentent les municipalités du Québec et le gouvernement, du douloureux pacte fiscal transitoire force vraiment la main à l'UMQ ou à défaut, entraîne un schisme à l'intérieur de celle-ci.

On doit bien réaliser aujourd'hui que si les tapes sur l'épaule et les encouragements à ne pas lâcher n'ont pas manqué, Yves Lévesque manque d'amis sincères ou d'influence réelle dans l'UMQ. Il en est réduit à la faire seule sa révolution.

Ce qui ne veut pas dire que ce qu'il déplore n'est pas partagé par bon nombre de ses collègues. Mais personne n'a sauté dans son bateau pour ramer à ses côtés.

On ne s'attendait bien sûr pas à ce que le maire de Shawinigan, Michel Angers, marche au coude-à-coude serré avec le maire de Trois-Rivières. Ça serait une grosse nouvelle. Angers ne peut évidemment nier un certain inconfort à propos du dernier pacte fiscal, mais à la différence de Lévesque qui n'y joue aucun rôle, même pas comme membre du long conseil d'administration, il siège à l'exécutif. Délicat de contester une association quand on s'y trouve dans le cercle de tête.

Ce qui lui a fait dire, mais on comprend que c'est à travers lui, que la voix de Shawinigan a été portée «haut et fort». Si c'est Shawinigan ou son maire qui s'y colle des notes, cela restera à vérifier. Mais si, comme il l'espère, sa ville pourrait enfin toucher des redevances de l'hydroélectricité produite sur son territoire, la cotisation annuelle de Shawinigan à l'UMQ aura été largement justifiée.

Alors qu'on le sait, Lévesque fait des ulcères pour les 100 000 $ que cela coûte par année aux contribuables de Trois-Rivières. C'est vrai que si c'est juste pour se faire un réseau d'amis, c'est cher payé. C'est moins cher et plus productif d'envoyer du personnel à des congrès professionnels ou techniques où l'information qu'on en retire est en principe plus pratique. Beaucoup trop d'élus considèrent encore une participation au congrès de l'UMQ comme une récompense. Ce n'est pas avec ceux-là que ceux qui espèrent, comme Lévesque, brasser la cage, y arriveront.

Jean-Guy Dubois, le maire de Bécancour, n'a pas remis en cause son membership, mais sans grand enthousiasme. Alain Drouin, de Nicolet, n'a pas boycotté le congrès. Il n'y a simplement pas investi une cenne en n'y allant pas.

Les villes de moindre taille se questionnent souvent sur leur pertinence au sein de l'UMQ et se demandent comment leurs intérêts sont servis. Là-dessus, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a parfaitement identifié un grand malaise quand il a suggéré de renvoyer chez elles Montréal et Québec. Elles y pèsent d'un poids qui écrase toutes les autres. Ça laisse l'impression que l'UMQ veut dire l'Union Montréal-Québec. Il dit tout haut ce qui s'est toujours murmuré dans les rangs de l'UMQ. Personne ne regrettait leur absence et personne n'a applaudi à leur retour à l'UMQ... en force.

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