CHRONIQUE

Course du PQ: quelques dangers

Il y a beaucoup de dangers qui guettent... (PHOTO GRAHAM HUGUES, ARCHIVES PC)

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Il y a beaucoup de dangers qui guettent le Parti québécois à l'issue de l'élection de son nouveau chef qui pourrait être connu vendredi soir, s'il s'avérait qu'un second tour n'est pas nécessaire.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Il y a beaucoup de dangers qui guettent le Parti québécois à l'issue de l'élection de son nouveau chef qui pourrait être connu vendredi soir, s'il s'avérait qu'un second tour n'est pas nécessaire.

Les possibilités sont en effet élevées que Pierre Karl Péladeau, qui dispose de la plus grosse machine électorale et que presque tous les sondages ont toujours mis en avance dans la course et au-delà des 50 % d'appuis des membres, l'emporte dès le premier tour du scrutin.

Si tel est le cas, la première réaction sera de savoir par quel pourcentage, au-delà des 50 %, il l'a remporté.

Pierre Karl Péladeau et ses troupes demandent depuis quelques jours un mandat «clair et fort». La question qui se pose est à quel pourcentage en sa faveur pourra-t-on conclure que le pari a été relevé?

Quand on lui a posé la question cette semaine, l'ex-députée de Champlain, Noëlla Champagne, qui réclamait aussi une victoire décisive de son favori, a été impuissante, ou à tout le moins très hésitante, à y répondre. En fait, elle a évité de se compromettre à avancer un chiffre qu'elle allait peut-être avoir à regretter par la suite, advenant que la performance de PKP soit moins éclatante. «Vous savez, même par une seule voix, c'est suffisant pour remporter une victoire.»

C'est vrai, mais cette victoire n'aurait plus rien de vraiment prestigieux et plus on se rapprocherait des 50 %, plus cela témoignerait d'une profonde division au sein des troupes péquistes militantes. En 1985, Pierre Marc Johnson avait obtenu 58,7 % des votes et en 2005, André Boisclair, 53,7 %. On avait parlé dans chaque cas de belles victoires qui n'avaient que préparé de profonds tiraillements à l'intérieur du parti et qui n'avaient surtout pas mené le Parti québécois au pouvoir.

Péladeau doit faire mieux s'il veut éviter une tentation à la désertion de ses militants opposants.

Parce qu'il vient du monde des affaires, mais surtout parce qu'au moins, sur le plan économique, il tient un discours perçu comme de droite, qui pourrait même se confondre avec ceux de la CAQ de François Legault et du gouvernement libéral de Philippe Couillard, son élection pourra avoir l'effet d'un violent électrochoc démobilisateur dans un parti aux grandes sensibilités de gauche historiquement très affirmées.

On peut se demander en effet comment les militants qui appuient Martine Ouellet vont pouvoir rallier ce nouveau chef dans lequel ils ne se retrouvent pas et dont ils ont toujours combattu les idées qu'il véhicule, sauf pour ce qui est de l'indépendance du Québec. Le risque est grand pour le PQ qu'une large partie d'entre eux se tournent tout simplement vers Québec solidaire, qui deviendrait un parti d'accueil naturel. Plus élevés seront les votes reçus par Martine Ouellet, plus important sera le risque des défections militantes.

C'est moins évident chez les supporters d'Alexandre Cloutier, que l'on présume bon deuxième. On ne doute pas que lui fasse l'effort diplomatique de se rallier. Mais on sait qu'il ne s'est pas engagé au-delà de son mandat actuel de député, advenant une défaite de sa part à la direction du parti. Même s'il levait le bras, ou le poing de PKP, on peut là aussi craindre d'une partie des troupes qui l'appuyaient, une désertion d'un parti qui avec ce nouveau chef ne correspondrait plus à leurs valeurs.

La force de persuasion de Péladeau, advenant une victoire fragile, pour rassembler le parti, reste à être démontrée.

Un autre danger, qui est loin d'être négligeable, est la participation au vote en cours. Déjà que, malgré une longue course à la direction, le retour au bercail des péquistes égarés est loin de s'être produit et que les nouvelles adhésions ont été modestes. S'il fallait qu'en plus on boude le vote, ce serait plus que révélateur d'une grande indifférence militante.

Il y a 71 200 membres qualifiés à exercer leur droit de vote. C'est déjà moins de la moitié des membres en règle de 2005. Ils voteraient tous, que le nouveau chef du PQ serait quand même élu par moins de membres qui avaient voté en 2005. On ne s'attend pas à ce que 100 % d'entre eux le fassent cette fois-ci. C'est impossible, Mais il ne faudrait pas qu'il y ait le moindre signe d'effondrement dans la participation au vote.

Il y a eu un petit bogue de dix minutes mercredi matin à l'ouverture du vote par Internet. Un petit bogue qui peut être rassurant, parce que cela veut dire que trop de péquistes voulaient voter en même temps. Reste à voir si cette fièvre du départ va se maintenir jusqu'à vendredi.

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