La Mauricie péquiste est péképiste

Pierre Karl Péladeau... (Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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Pierre Karl Péladeau

Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

C'est en effet ce que donne à penser, à la veille du début du vote pour la désignation du nouveau chef du Parti québécois, l'alignement des péquistes de la région, qui semblent vouloir monter en rangs serrés pour couronner Pierre Karl Péladeau.

Le président régional Martin Beaudry, le représentant régional des jeunes péquistes, Marc-André Bouvette, et les présidents des cinq associations de comté ont fait connaître lundi leur appui unanime au candidat Péladeau auquel ils souhaitent une victoire forte, dès le premier tour. Ce n'est pas en soi une très grande surprise puisque chacun avait à tour de rôle au cours de la campagne au leadership fait connaître sa préférence.

Martin Beaudry avait d'ailleurs été choisi il y a quelques semaines à peine comme président régional alors que personne dans les rangs péquistes régionaux ne pouvait ignorer qu'il était déjà très identifié à Pierre Karl Péladeau dont il était l'organisateur principal dans la région. D'autre part, tous les ténors du PQ qui se sont manifestés à un moment ou à un autre, et plutôt tôt que tardivement dans la campagne, comme les ex-ministres Guy Julien, Jean-Pierre Jolivet ou Yves Duhaime avaient aussi exprimé leur choix de PKP. Il en était de même de l'ancien président régional, Yves Saint-Pierre.

Aussi bien dire donc que toutes les grandes influences péquistes de la Mauricie ont monté dans le même rabaska et avironné dans le même sens. Cela ne veut pas dire pour autant que si cette grande «unanimité», dont on faisait grandement état lundi matin et qui singulariserait la région dans cette course au nouveau chef, est totale. On admettait que des militants voteraient aussi pour les deux autres candidats encore en lice, Martine Ouellet ou Alexandre Cloutier. D'ailleurs, si l'exécutif régional s'est publiquement rangé derrière PKP, ce ne sont pas tous les exécutifs de circonscription qui ont adopté cette position, une liberté de réserve qui ne semblait faire sourciller personne.

Il faut se rappeler que dans la région, la table a rapidement été mise en faveur de Péladeau. Dès novembre, alors que sa candidature demeurait encore incertaine, il avait été invité par l'exécutif de Champlain, Noëlla Champagne en tête, à une première rencontre ouverte à toute la région. Même si on avait alors promis d'être à l'écoute de tous les autres candidats pour entendre leurs discours et mieux les connaître, le lit était déjà fait pour une majorité de militants influents. Puis on lui a organisé un petit cocktail de financement et fait un gros travail de terrain en sa faveur.

La longue course au leadership, qui a déjà fait trois victimes, Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Pierre Céré, a créé beaucoup d'engouement chez les péquistes, mais peut-être seulement chez les péquistes.

Il faudra voir dans les mois et les années qui viennent si la campagne pour le choix du nouveau chef s'est résumée à de gentilles retrouvailles familiales thérapeutiques après la blessante défaite électorale de l'an passé qui a décimé ses rangs parlementaires ou si elle a permis de vraiment relancer le parti vers de meilleures perspectives.

Car aussi stimulante qu'elle ait pu avoir été ressentie chez les militants convaincus, la campagne n'a pas vraiment sonné le rappel de toutes les anciennes troupes. On l'a observé sur le plan national, le membership du PQ est loin d'avoir explosé et on admettait lundi que dans la région, si d'anciens membres en ont profité pour se remettre en règle ou qu'on en a recruté de nouveaux, on ne peut pas parler d'enthousiasme délirant. Les circonscriptions régionales comptent entre 600 et 800 membres, ce qui est bien, mais assez modeste par rapport au passé.

La Mauricie, faut-il le rappeler, n'a élu aucun député péquiste aux dernières élections, une région qui a pourtant déjà été tapissée bleue au grand complet et qui a voté majoritairement oui aux référendums de 1980 et de 1995.

Si le pouls des péquistes de la région semble battre fort en faveur de Pierre Karl Péladeau, qui est le grand favori pour l'emporter vendredi, à l'issu de trois jours de votation par Internet ou par téléphone, il faudra voir si sa victoire est décisive ou à l'arraché et s'il sera en mesure de vraiment rassembler le parti par la suite. Car en dehors de l'affirmation indépendantiste brandie par tous plus haut et plus fort que jamais, poing en l'air ou pas, la communion de pensée ne va guère plus loin entre Péladeau et Cloutier et Ouellet.

Tout le monde au PQ n'est peut-être pas prêt à être comme la Mauricie péquiste, une ardente péképiste.

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