Surplus: aurions-nous été trop taxés?

À se demander si Yves Lévesque ne sera... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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À se demander si Yves Lévesque ne sera pas en mesure de ressortir son fameux thermomètre de la dette, qui l'avait rendu si populaire à la mairie de Trois-Rivières-Ouest, mais qu'il avait d'abord jeté au fond d'un placard à son arrivée à l'hôtel de ville de Trois-Rivières avant de l'envoyer dans le bac de récupération.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau va apprendre la nouvelle, il risque de subir une nouvelle poussée d'urticaire, comme à l'automne.

Lui qui fait présentement une discrète petite tournée des régions pour rencontrer des préfets de MRC mais aussi un certain nombre de maires afin d'apaiser un peu la grogne générale qui sévit depuis les compressions budgétaires qui ont affecté les budgets des CLD, mais aussi en raison du pacte fiscal «temporaire» qu'il a fait avaler de travers aux municipalités du Québec, sera sans aucun doute dans tous ses états quand il apprendra que Trois-Rivières a finalement dégager un surplus de 14 millions $ pour l'année 2014.

Le ministre avait essuyé une salve de critiques de la part des maires qui le rendaient responsables des hausses de taxes municipales qu'ils se devraient d'imposer à leurs contribuables, refusant de piger comme il leur suggérait dans leurs surplus accumulés pour les éviter. Yves Lévesque s'était révélé un ténor dans ce concert de protestations et il s'était fait un malin plaisir d'expliquer par la suite que le gouvernement était responsable des deux-tiers de l'augmentation de taxes de 2,8 %, bien au-delà de l'inflation, qu'il était contraint d'imposer.

On sentait les villes, et Trois-Rivières en premier, au bord de l'égorgement financier parce qu'on allait assécher leurs excédents budgétaires accumulés. Pour Trois-Rivières, l'ensemble des compressions financières imposées par Québec signifiait une perte sèche de 3,6 millions $. Il aurait été difficile à ce moment-là d'imaginer que la ville allait plutôt dégager un surplus de 14,25 millions $.

Le ministre avait même menacé des villes qui prendraient prétexte du pacte fiscal pour hausser leurs taxes de compenser lui-même leurs contribuables et d'en exiger le remboursement aux délinquantes par la suite. Il s'est calmé depuis sur cette intention, mais on pourrait presque se surprendre à le regretter quand on constate l'importance du surplus budgétaire de 2014. Il y avait finalement une marge de manoeuvre nettement suffisante pour non seulement couvrir les pertes de revenus du pacte fiscal et d'un certain nombre d'autres coupures appliquées par le gouvernement, mais pour annuler en totalité les hausses de taxes décrétées.

On prévoyait certes lors de la préparation du budget un surplus de 6,45 millions $. Un coussin de sécurité pour parer à toutes éventualités. Mais là, c'est plus que le double.

Le surplus est venu à peu près autant de revenus supérieurs aux prévisions que d'économies réalisées par la ville. Les droits de mutation ont été supérieurs aux prévisions, de même que les subventions venant du gouvernement, comme la péréquation et il y a eu plus de construction et de rénovation. On peut quand même se demander, puisque la préparation du budget se fait en fin d'année, comment on pouvait ne pas avoir déjà une bonne idée des excédents qu'on allait dégager et pourquoi ne pas les avoir fait figurer dans les prévisions budgétaires. On ne dira pas qu'on aime mieux taxer un peu plus que nécessaire et dépenser par la suite à sa guise les rentrées «non planifiées», mais on est tenté de le penser.

Par contre, il faut reconnaître que si l'avantage ne se traduit pas immédiatement en économies dans les poches des contribuables, il y en a quand même à moyen et à long termes. D'abord, les investissements qui seront faits avec une partie de ces excédents éviteront à la ville de devoir procéder par règlements d'emprunt pour payer certains travaux. C'est autant d'intérêts qu'on n'aura pas à payer et ça freine la croissance de l'endettement. Il est vrai que cela soustrait aussi ces dépenses à la tenue de registres, donc à la consultation des électeurs. À l'exception de pares-intempéries à l'amphithéâtre qui peuvent en faire grimacer un certain nombre, il est difficile de penser que l'affectation prévue des surplus aurait pu faire l'objet d'un registre.

On se réjouira surtout qu'à hauteur de 25 %, comme la ville se l'est imposée par règlement, 3,8 millions$ seront appliqués à la dette à long terme... qui diminue maintenant au lieu d'augmenter.

À se demander si Yves Lévesque ne sera pas en mesure de ressortir son fameux thermomètre de la dette, qui l'avait rendu si populaire à la mairie de Trois-Rivières-Ouest, mais qu'il avait d'abord jeté au fond d'un placard à son arrivée à l'hôtel de ville de Trois-Rivières avant de l'envoyer dans le bac de récupération.

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