Bâillonnez Bob, il va hurler

Robert Trudel... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Robert Trudel

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Chronique) On verra comment ses vacances à l'étranger, que l'on présume dans le sud, vont agir sur lui. Ou bien le soleil et le bruit des vagues apaisent son esprit torturé, ou bien il nous revient dans une forme dangereuse telle que les murs du temple de Shawinigan vont en être ébranlés.

C'est pour l'instant des feux de ses foudres dont il a prévenu ceux qui sont responsables de son éjection du conseil d'administration de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan. Méchant spectacle en perspective, au relatif comme au figuré.

Lorsqu'il a intégré il y a un an le conseil d'administration de l'Office, sous l'insistance du maire Michel Angers, dans un contexte déjà survolté, il se racontait que les jours du président Michel Matteau à la tête de l'organisme étaient désormais comptés. Robert Trudel avait des visions très opposées de celui-ci et un froid glacial marquait ses relations avec la directrice générale, Valérie Lalbin.

Mais après avoir rué dans les brancards à la manière sanguine qu'on lui connaît, Trudel avait cédé aux incitations du maire Angers de participer à la vie de l'Office et, en dépit de ce que cela pouvait laisser entendre comme confrontations épiques à venir, on n'a pas observé qu'il ait vraiment manoeuvré pour déloger le président Matteau. Ce qui ne veut pas dire que l'harmonie entre les deux hommes et du bouillant directeur de la Cité de l'énergie avec la directrice de l'OTFC s'était installée.

Un an après, on apprend que c'est finalement Robert Trudel qui s'est fait «dégommer», comme il l'a dit, «comme un va-nu-pieds», et, cette fois, même s'il affirme qu'il n'était pas dans le coup, cela s'est fait avec le consentement du maire, et on peut certainement le penser, avec son encouragement. Il serait en effet difficile d'imaginer qu'il n'ait pas exercé toute l'autorité dont il est capable pour décider si un homme surdimensionné comme Robert Trudel doit ou ne doit pas faire partie du CA de l'OTFC, surtout quand les gens qui y siègent sont nommés par la Ville, donc par lui.

Michel Angers avait d'ailleurs convoqué Robert Trudel à son bureau pour l'inviter à quitter son siège... sans faire d'histoires. Le maire disposait en principe de bons arguments de persuasion pour se faire comprendre quand on sait que pour la Cité, l'Espace Shawinigan et le spectacle nocturne, la Ville de Shawinigan va verser cette année 480 000 $ en soutien financier. Ce devait être 580 000 $ mais en raison des compressions imposées par le pacte fiscal avec Québec, on s'était entendu pour retrancher 100 000 $ de la subvention municipale.

Normalement, money talks. Mais autant il menaçait il y a un an de claquer la porte de l'OTFC, autant avec sa pugnacité légendaire, il était cette fois déterminé à y rester... ou à ne pas se faire tasser.

Ce qui surprend, c'est que tant Michel Angers que le président Matteau, qui ont concocté la décision ensemble, se défendent d'être à l'origine de son élimination du CA de l'Office ou d'avoir joué un rôle déterminant dans ce sens. Ce qui fait d'ailleurs sourire dans les explications apportées, c'est qu'on invoque les absences nombreuses de Robert Trudel aux réunions du CA pour justifier son remplacement.

C'est vrai que celui-ci a éprouvé au cours des derniers mois de sérieux problèmes de santé. C'était connu de tous. On sait qu'il peut et aime en mener large, mais on ne peut tout de même pas lui reprocher d'avoir un peu trop brassé sa cage à l'Office cette année. Par contre, qu'il prévienne qu'il était revenu en grande forme annonçait sans doute une année de tornades à un Office de tourisme qui a traversé plus que sa part d'instabilité et de contestation au cours des dernières années.

On reproche bien sûr à Robert Trudel sa voracité locale sur le plan touristique. Cela n'est pas sans créer des frustrations certaines chez d'autres acteurs de cette industrie qui voudraient un peu plus d'air, de reconnaissance et de soutien... économique. «Il n'y a pas que la Cité à Shawinigan», murmure-t-on souvent assez fort pour que ça s'entende. C'est vrai. Par contre, il faut bien admettre que la Cité de l'énergie est incontournable. Une enquête de Léger Marketing avait établi en 2010 qu'elle était responsable à plus de 80 % de la renommée de Shawinigan et de son achalandage touristique.

Il n'est assurément pas facile à vivre ce Robert Trudel, mais il n'a pas volé l'oxygène dont il s'accapare. Même si on rêve d'une belle harmonie à la table de l'Office, avec tout du monde qui s'entend à merveille, on ne le fera pas taire si facilement.

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