CHRONIQUE

Trois-Rivières-Bécancour: les tourtereaux

Le maire Yves Lévesque a salué les gens... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire Yves Lévesque a salué les gens qui attendaient pour entrer au Salon de l'emploi jeudi.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On sait que le maire de Drummondville, Alexandre Cusson n'a récemment pas été gentil à l'endroit de son collègue de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qu'il a presque qualifié de traître parce qu'il avait avoué publiquement entretenir une relation avec «une petite maîtresse», qui se trouvait être la ville de Trois-Rivières.

Si le maire de Bécancour a préféré rester zen devant ces attaques, ça n'a pas été le cas du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque qui a visiblement pris de travers que Cusson ait reproché à Dubois de préférer s'associer «avec une région en déclin», plutôt qu'avec «sa» capitale autoproclamée du développement qui se trouverait être Drummondville. 

Yves Lévesque, qui avait jusque-là ruminé sa réplique, a profité de l'ouverture jeudi matin du Salon de l'emploi Trois-Rivières-Bécancour pour se défouler: «N'en déplaise au maire Cusson, on n'est pas une ville en déclin», a-t-il dit, citant un taux de chômage à la baisse, un parc technologique qui accueillera bientôt un nouveau bâtiment dédié aux télécommunications, à l'électronique et à l'informatique, un rythme d'investissement annuel de 250 millions $ et des pieds carrés industriels bâtis depuis six ans supérieurs en volume à tout ce qui s'était fait depuis la fondation de Trois-Rivières.

Une preuve, s'il lui fallait en mettre une sous le nez de son concurrent de Drummondville, que Trois-Rivières, loin d'être en déclin, même si elle a été affligée par la fermeture de Gentilly-2, est en plein processus de diversification économique. Et pour démontrer qu'il est beau joueur et qu'il peut se placer au-dessus de la mêlée, Yves Lévesque a terminé son intervention en disant qu'il était «content» quand il y avait du travail, «même à Donnacona, même à Shawinigan».

À Shawinigan... la deuxième ville en importance de la Mauricie, la région dont Trois-Rivières est la capitale. Justement, on pourrait s'étonner que ce ne soit pas en collaboration avec Shawinigan qu'ait été organisé un grand salon régional de l'emploi. L'association de Trois-Rivières et de Bécancour envoie un signal de plus du resserrement naturel qu'ont l'intention de raffermir les milieux politiques mais aussi socio-économiques des deux villes.

On le sait, Yves Lévesque et Michel Angers, le maire de Shawinigan, n'ont pas vraiment d'atomes crochus et on peut tenir pour acquis qu'ils n'iront jamais jusqu'à se tenir par le cou, comme le font Dubois et Lévesque, qui s'étaient permis à l'automne un tour de bateau sur le fleuve pour illustrer leur bonne entente. 

Trois-Rivières et Shawinigan ne se font pas la guerre et on ne se criera pas des noms et des insultes, comme l'a fait Cusson devant sa Chambre de commerce, parce que Bécancour flirte avec Trois-Rivières et a au moins rompu ses liens affectifs avec sa région administrative. 

C'est plus larvé entre les deux maires de la Mauricie et quand on choisit de donner une petite jambette à l'autre, on le fait sans doute avec un malin plaisir, mais sans le hurler. Trois-Rivières organisait depuis deux ans un salon de l'emploi. Cela n'a pas empêché Shawinigan d'en tenir aussi un à l'automne en lui donnant une portée régionale, comme celui de Trois-Rivières. Avec 2200 visiteurs, l'événement de Shawinigan s'est révélé un succès et devait répondre à un besoin. 

Ce sera aussi le cas du salon de Trois-Rivières-Bécancour, qui accueille des entreprises de toute la Mauricie et du Centre-du-Québec, et où on attend au moins 4000 chercheurs d'emplois.

Cela prouve au moins deux choses. D'abord, qu'il y en a du monde qui veut travailler et qu'on est prêt à faire l'effort d'aller se renseigner sur les possibilités existantes. Ensuite, qu'il y a en contrepartie des emplois disponibles et en forte quantité. On en offre 1345 au présent salon. Des emplois variés, à différents niveaux de salaires et qui font appel à une multitude de compétences. 

Ce n'est qu'un début, semble-t-il. Car selon le ministre régional Jean-Denis Girard, c'est

25 000 emplois qui seront à combler au cours des prochaines années en raison des nombreux départs prévisibles pour la retraite des actuels travailleurs.

Entre-temps, Bécancour et Trois-Rivières consolident une fois de plus - mais concrètement cette fois-ci -, leur «complémentarité», selon les mots du maire Dubois. La ZEN comme on l'appelle, (zone économique naturelle), n'existe pas sur le plan juridique, mais de plus en plus dans les faits.

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