Des élections printanières? Qui sait?

Si un ministère, c'était une condition sous-entendue pour... (Photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Si un ministère, c'était une condition sous-entendue pour qu'un homme comme Yves Lévesque se laisse séduire par une candidature conservatrice, le tapis serait en train de lui glisser sous les pieds.

Photo: Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Si le procès du sénateur conservateur Mike Duffy, qui promet d'être explosif à bien des égards et qui risque d'éclabousser le Parti conservateur jusqu'à atteindre son chef Stephen Harper, ne venait de s'ouvrir et ne devait comme on le croit se prolonger pendant plusieurs semaines, on pourrait se demander si à Ottawa, on ne prépare pas des élections printanières.

On redoute en effet que ce procès, qui sera dans un certain sens celui du sénat, tellement nombreux sont devenus les sénateurs soupçonnés d'avoir fraudé, ou à tout le moins très mal interprété, à leur avantage bien sûr, les remboursements de dépenses présumément liés à leurs fonctions, fasse scandale et place le gouvernement de Stephen Harper dans de très mauvais draps.

Les analystes jugent donc que dans un tel contexte, le premier ministre serait très mal avisé de vouloir aller affronter immédiatement l'électorat canadien. Le premier ministre a toujours affirmé que les prochaines élections fédérales auront bel et bien lieu à la date statutaire convenue du 19 octobre. Certains avantages fiscaux déjà annoncés ne vont d'ailleurs profiter aux familles canadiennes qu'en juillet. Le gouvernement ne voudrait donc pas, en principe, se priver du petit élan électoral estival que sont susceptibles de lui apporter des mesures perçues comme sympathiques aux yeux des contribuables.

On a par contre souvent prétendu dans les rangs néodémocrates que les conservateurs préparaient sournoisement des élections printanières. C'était évidemment à la faveur d'un budget qui devait contenir beaucoup de largesses. Or, le prochain budget fédéral sera déposé le 21 avril et le ministre des Finances Joe Oliver a prévenu qu'il serait au moins équilibré, même si la baisse du prix des produits pétroliers malmène les finances fédérales. Le risque, c'est que l'économie canadienne continue de se détériorer dans les mois qui viennent, ce qui serait embêtant pour un gouvernement qui se faisait le champion de la bonne tenue de celle-ci.

En ce moment, les sondages sont plutôt encourageants pour les conservateurs, car ils leur font reluire la capacité de reformer un nouveau gouvernement majoritaire. L'humeur électorale, c'est souvent bien changeant.

Ce qu'on constate, c'est que les conservateurs s'organisent pour être prêts advenant le déclenchement d'élections hâtives. Il serait difficile d'expliquer autrement la décision de Gérard Deltell d'abandonner immédiatement sa fonction de député caquiste à l'Assemblée nationale, et les avantages économiques qui venaient avec, dont sa prime de départ. Dans son cas, ce sera d'ici les élections fédérales, six mois sans salaire. C'est un gros sacrifice. Il aurait normalement pu attendre en août ou en septembre pour confirmer sa candidature conservatrice.

À Victoriaville, le maire Alain Rayes, dont les intentions d'être candidat conservateur ne font plus de doute pour personne, multiplie actuellement les rencontres afin de consolider ses appuis. Une offensive de terrain qui laisse là aussi soupçonner une annonce de sa part qui ne tardera pas. Il se dit que l'ex-ministre Lawrence Cannon, présentement ambassadeur du Canada en France, fera lui aussi bientôt le plongeon dans une circonscription de la région de Québec. Pourquoi cet empressement généralisé? Même s'il faudra bien remplacer au Québec le ministre Christian Paradis, Deltell, Cannon, Rayes, ce sont tous des ministrables.

Si un ministère, c'était une condition sous-entendue pour qu'un homme comme Yves Lévesque se laisse séduire par une candidature conservatrice, le tapis serait en train de lui glisser sous les pieds. Dans les faits, on n'attend plus vraiment chez les conservateurs la candidature du maire de Trois-Rivières. Si tel était le cas, il devrait comme les autres, commencer à se mouiller. Ce qu'il ne fait pas. Les candidatures conservatrices pour Trois-Rivières vont être fermées dans une semaine et on voit bien qu'il n'y a aucune surexcitation de la part d'Yves Lévesque. Un seul candidat a pour l'instant fait connaître une telle volonté et c'est l'avocat Dominic Therrien.

Outre un sursaut en 2006, il ne s'est levé aucun vent conservateur dans les circonscriptions de la région depuis 1996, ce qui fera près de vingt ans en octobre.

Lors de la présentation de Jacques Grenier comme à nouveau candidat conservateur dans Saint-Maurice-Champlain, le député Jacques Gourde a fait état des ambitions conservatrices au Québec, qui seraient de 17 à 27 circonscriptions. C'est un gros appétit, qui ne sera vraisemblablement pas comblé en Mauricie.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer