CHRONIQUE

Il faut encore attendre pour voir

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Les plus récents sondages ont indiqué que la lune de miel entre le gouvernement libéral de Philippe Couillard et la population québécoise ont pris fin.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Certes, les plus récents sondages ont indiqué que la lune de miel entre le gouvernement libéral de Philippe Couillard et la population québécoise avait pris fin.

Mais il en a pris presque un an avant qu'une première chute de popularité se manifeste et rien ne permettait de conclure que s'il y avait des élections, le PLQ ne serait pas en mesure de regagner la position de tête et de former un prochain gouvernement.

Un an après la prise de pouvoir par le PLQ, c'est probablement là la grande surprise. Compte tenu de l'ampleur des réformes qu'il a entreprises et des contestations à répétition qu'elles ont générées, il y avait une présumée grogne populaire susceptible d'envoyer un gouvernement, même encore en début de mandat, dans les bas-fonds de l'opinion publique. Ça ne s'est quand même pas produit.

Il n'y a pourtant rien comme des changements aussi radicaux et en nombre aussi élevé comme ceux qui ont été faits pour faire vieillir prématurément un gouvernement et le faire couler à pic. Avec tout ce qui a été introduit comme mesures, on pourrait se demander qui n'a pas été bousculé au Québec, et plutôt rudement qu'autrement.

On a commencé par saigner les contribuables par toutes sortes de mesures fiscales directes ou indirectes et d'accroissements de droits et de tarifs pour ensuite ponctionner les commissions scolaires et les municipalités et resserrer les fonds de retraite des employés de ces dernières. Des structures régionales comme les conférences régionales des élus ont volé en éclat et les aides financières allouées pour les conseils locaux de développement ont été soumises à la tronçonneuse. Au point que dans bien des MRC, il n'en reste plus rien. Les régions ont hurlé au démantèlement des pouvoirs régionaux et à la privation de leurs moyens de développement.

Le bulldozer du gouvernement, car c'est comme cela qu'on l'a souvent dit, s'est ensuite attaqué à la santé, à l'éducation, à toutes ses structures administratives. L'oeuvre est encore inachevée, mais on voit déjà quelles directions vont prendre les interventions gouvernementales et il ne fait plus de doute pour quiconque que l'État québécois qui prendra forme ne ressemblera pas beaucoup à celui hérité de la Révolution tranquille.

Une réingénierie qui touche tout le monde de la santé, médecins compris, celui de l'éducation, les fonctionnaires de l'État et par le bande, ceux des grandes sociétés publiques. Tout un monde qui, à un moment où l'autre, a eu une raison de protester et qui aurait été justifié de descendre dans la rue pour le faire savoir. C'est vrai qu'on ne compte plus les manifs et les gestes symboliques, mais en dépit des efforts d'un certain nombre d'étudiants, on ne peut pas dire qu'il y ait eu quoi que ce soit qui aurait pu ressembler à un grand soulèvement populaire.

On peut certes penser que c'est dans l'année qui vient, quand l'effet des compressions seront parfaitement ressenties par tout un chacun, que l'actuel gouvernement sera vraiment mis à l'épreuve. Pour l'instant, le gouvernement Couillard a peut-être échappé la définition de son action, puisque tout le monde parle malgré lui d'austérité plutôt que de rigueur pour décrire sa gouvernance, il a quand même jusqu'ici bien traversé son parcours pourtant contradictoire d'attaquant-résistant.

Sur le plan politique, l'élection du gouvernement libéral nous a fait découvrir dans la région une nouvelle personnalité politique, Jean-Denis Girard. Fraîchement élu, le député de Trois-Rivières a été nommé à la tête d'un ministère peut-être inventé pour lui, car il n'existait pas, au long nom de Petites et Moyennes entreprises, Allègement réglementaire et Développement économique régional. Sa nomination a cependant signifié l'éloignement d'un cabinet ministériel de la députée de Laviolette, Julie Boulet. Une mutation ministérielle qui a modifié la dynamique politique régionale.

Après une première année de pouvoir, il est difficile d'établir en quoi la Mauricie et une partie du Centre-du-Québec s'en sont trouvées avantagées par ce nouveau gouvernement. Il y a bien eu cette annonce inespérée de l'établissement de la société CGI à Shawinigan et le saupoudrage de l'aide financière provenant du Fonds de diversification économique qui doit compenser les pertes de Gentilly-2.

Dans l'ensemble, on peut dire qu'on a une bonne idée de là où les coupes gouvernementales vont faire mal, mais qu'on est encore dans la brume pour la bonne suite des choses qu'on nous promet. Comme on dit, on verra...

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