Tourisme: bon hiver, mais attendez l'été

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Chronique) Il semble bien que tout le monde n'a pas pris la direction du sud cet hiver afin de se soulager d'une saison exceptionnellement glaciale.

La Mauricie n'est certes pas une destination soleil et ce n'est pas ici qu'on pourrait penser trouver les 50 et même 60 degrés Celsius qui font la belle différence.

Pourtant, selon un sondage conduit par Tourisme Mauricie auprès de ses membres, à 76 %, les entreprises touristiques de la région ont maintenu et même, pour le quart d'entre elles, accru leur achalandage.

On a même assisté, comme dans le cas du Manoir du Lac Caché, à Saint-Alexis-des-Monts, au Musée des Ursulines et à Boréalis, à Trois-Rivières, à la Pourvoirie Hosanna à Trois-Rives ou à un gîte comme la Maison sous les arbres, à Shawinigan, à une petite explosion de fréquentation.

Dans certains cas, il a peut-être fallu attendre la relative remontée des températures du début de mars et les vacances scolaires pour bonifier les chiffres, mais on s'étonnera quand même que le froid mordant du dernier hiver, mais aussi un contexte économique particulièrement morose, n'aient pas empêché la Mauricie de maintenir le niveau de sa clientèle hivernale et même, comme le reflètent les statistiques colligées par Tourisme Mauricie, d'améliorer le volume de celle-ci dans plusieurs entreprises.

«C'est un sondage. Ce n'est pas scientifique», reconnaît Catherine Cournoyer, directrice des communications et des services aux membres à Tourisme Mauricie. «Mais ce sont des données que l'on pourrait qualifier d'assez fiables», compte tenu de la participation au sondage qui a atteint une centaine d'entreprises.

Catherine Cournoyer ne cache pas qu'avec un mois de février qui s'est révélé le plus froid depuis 115 ans, elle appréhendait des baisses d'achalandage, ce qui aurait été assez normal dans les circonstances. Ce n'est pourtant pas ce qui est apparu dans les résultats du sondage, mené en mars, aux premiers jours du «printemps».

Certes il y a le quart des entreprises touristiques qui ont trouvé la saison plutôt difficile et qui ont enregistré des baisses d'affluence, en raison justement des températures continuellement glaciales. Ça a été notamment le cas dans certaines entreprises de certains secteurs reliés entre autres à l'industrie de la motoneige.

On peut comprendre que lorsqu'on vous annonce à longueur de journée que le mercure va descendre jusqu'à moins 40 degrés en considérant l'effet du vent, ça ne dispose peut-être pas à vouloir aller jouer dehors ou à grimper sur une machine qui va foncer à vive allure dans cet air sibérien. Même si les habits hautement technos des motoneigistes d'aujourd'hui permettent d'affronter les pires froids et que certains poussent le confort jusqu'à se doter de poignées (et même de marche-pieds) chauffants. N'empêche...

Il faut dire qu'il était en plus très difficile d'espérer égaler les résultats de l'hiver 2013-14 qui avait été exceptionnel. Il avait fait un peu moins froid et la Mauricie avait reçu beaucoup de neige, alors que la Gaspésie et le Lac-Saint-Jean, deux régions prisées par les motoneigistes, en étaient privées. Les amateurs de motoneige s'étaient massivement rabattus sur la région, ce qui avait comblé les relais et rempli tous les hôtels de l'arrière-pays qui profitent de pistes à proximité.

Malgré tout, certaines entreprises touristiques bien établies, qu'on peut appeler des icônes touristiques de la Mauricie, comme la Pourvoirie du Lac-Blanc, le Sacacomie, le Lac-à-l'Eau-Claire ou Le Baluchon, qui sont aussi reliés à des activités extérieures, n'ont connu aucun ralentissement. Le Club Hosanna, qui fait partie des mentions, propose des balades de traîneaux à chiens, de la motoneige, de la pêche blanche, toutes des activités qui se passent dehors.

Pour soutenir la saison, Tourisme Mauricie a bien sûr mené plusieurs campagnes de séduction. Mais si certaines entreprises se sont distinguées, c'est souvent parce qu'elles avaient procédé à des investissements pour améliorer leur offre et qu'elles ont accru leur marketing.

Même si la région ne possède pas les montagnes de l'Estrie, des Laurentides ou de Charlevoix pour ses plaisirs d'hiver, elle reste malgré tout en assez bonne position pour son tourisme hivernal.

«Mais attendez cet été», prévient Catherine Cournoyer. «Nous serons la seule région à pouvoir proposer un forfait de deux jours et deux nuits pour assister à deux grands spectacles» (à un prix imbattable). C'est ce que ce sera, avec la suite d'Amos Daragon, un nouveau spectacle nocturne à la Cité de l'Énergie et qu'un certain Cirque du Soleil va débarquer à Trois-Rivières pour l'été ses acrobates et saltimbanques.

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