La Mauricie perdra du poids

Le député de Saint-Maurice Pierre Giguère.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le député de Saint-Maurice Pierre Giguère.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Il y a deux députés dans la région qui doivent regretter que leur gouvernement puisse abolir, d'ici la fin de son mandat, les juteuses indemnités de départ versées aux parlementaires lorsqu'ils quittent leurs fonctions ou qu'ils subissent un échec électoral.

Si la proposition de la Commission de la représentation électorale (CRE) est retenue, ce qui est plus que probable, la circonscription de Saint-Maurice va être rayée de la carte en prévision des prochaines élections. Les électeurs de Saint-Maurice seront répartis, principalement dans le comté voisin de Laviolette, mais aussi dans Maskinongé et pour un peu, dans Champlain.

Comme Saint-Maurice n'existera plus, l'actuel député libéral Pierre Giguère, encore fraîchement élu, se retrouvera orphelin de comté. Puisque le gros de ses électeurs sera versé dans Laviolette, il lui faudra reluquer cette circonscription s'il espère poursuivre sa carrière politique provinciale. On comprend que le député ne soit pas content du tout de la proposition de la CRE.

Par contre, ce qui peut le consoler, c'est qu'il n'est pas impensable, bien au contraire, que si elle n'était pas d'ici là rappelée dans le cabinet du premier ministre Couillard, la députée de Laviolette, Julie Boulet choisira de mettre un terme à sa carrière politique. La place serait alors libérée pour Pierre Giguère. Il n'y aurait pas ou moins de chicane dans la famille libérale. Il faudra cependant à celui-ci partir à la conquête de ses nouveaux électeurs et se faire à l'idée de faire du kilométrage, car Laviolette s'étire jusqu'à La Tuque et au-delà. Dans ce redécoupage, le poids électoral de La Tuque comme celui des MRC de Mékinac s'en trouveront grandement marginalisés aux dépens de la ville de Shawinigan, qui sera dominante sur le plan socio-économique.

On peut cependant s'entendre que le grand perdant dans cette refonte de la carte électorale, c'est la Mauricie qui ne comptera plus que quatre circonscriptions au lieu de cinq. Cela en vertu d'un certain principe d'égalité dans le vote des électeurs. On part de l'idée que pour que chaque électeur ait un poids politique juste, il doive exister dans les faits un certain équilibre dans le nombre d'électeurs que compte chaque circonscription. À part quelques cas d'exception, en raison de l'éloignement ou de l'étendue du territoire, l'écart pour le nombre d'électeurs, en plus ou en moins, ne doit pas dépasser 25 %.

En ce moment, le nombre moyen d'électeurs par circonscription est de 48 387, ce qui situe la limite inférieure à 36 290. Avec encore 36 584 électeurs, Saint-Maurice restait dans la marge de tolérance. Mais à 24,4 %, c'était à la limite. Laviolette par contre, avec 35 748 électeurs, ne faisait plus le compte.

La solution de la CRE a donc été de disloquer Saint-Maurice pour regonfler Laviolette et de redistribuer les autres électeurs aux circonscriptions voisines qui se situeront désormais toutes au-dessus de la moyenne québécoise, y compris Laviolette. C'est une façon de voir les choses. Car il aurait été aussi possible de plutôt rattacher à Saint-Maurice un peu du territoire de Maskinongé, dans sa partie nord. Laviolette aurait par contre dû s'élargir dans Champlain, qui ne pouvait pas vraiment céder d'électeurs.

La notion d'équité dans la portée du vote de chaque électeur, que l'on cherche à protéger dans ce système de circonscriptions «équilibrées», se conçoit sur le plan des valeurs ou de l'idéologie politique exprimées dans chaque vote. Sauf qu'elle perd beaucoup de son sens dans la répartition des sièges entre les partis politiques qui correspond rarement aux pourcentages des votes exprimés en faveur de chacun.

Par contre, on introduit une grande inégalité au niveau de la représentation des régions du Québec au sein de l'Assemblée nationale qui perdent en influence au profit des seules grandes concentrations urbaines.

On va ajouter deux nouvelles circonscriptions, mais dans la couronne nord de Montréal. On ne peut pas dire que Montréal et toute sa zone métropolitaine sont sous-représentées au parlement.

Alors que la Mauricie, si elle subit un déclin démographique, aurait justement grandement besoin, pour se faire mieux entendre et considérer, d'accroître son poids politique. À la longue, elles seront où les sensibilités régionales à l'Assemblée nationale... métropolitaine du Québec?

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