Des signes d'exaspération

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Ce n'est pas un hasard si les premières et les plus vives réactions en appui au maire Jean Tremblay, de Saguenay, dans sa sortie contre Greenpeace, sont venues de la région.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque n'a fait ni une ni deux pour réagir. Il en a été de même du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qui cette semaine encore, devait se présenter à des audiences du BAPE dans le dossier du projet méthanier de Stolt LNGaz. Puis le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel est venu à son tour ajouter son grain de sel.

Des élus qui ne se sont pas faits prier pour expliquer leurs points de vue et démontrer leur exaspération. C'est qu'on ne finit plus ici, à Bécancour en particulier, d'accueillir les représentants du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. À ce point qu'on pourrait se demander s'il ne serait pas plus économique d'y établir un bureau en permanence.

Le problème, c'est que même si le BAPE vient régulièrement étudier les dossiers de projets industriels, ceux-ci tirent tellement en longueur qu'ils finissent par n'être jamais réalisés. On pourrait donner l'exemple de la société indienne IFFCO, qui après avoir franchi toutes les étapes, a fini par devoir mettre son projet sur la glace. Or, pour cette usine d'engrais, qui avait le crime odieux d'utiliser le gaz sans pouvoir démêler dans ses arrivages les molécules de gaz naturel de celles du gaz de schiste (exactement pareilles), le temps pour mettre en chantier l'usine était un facteur extrêmement déterminant. Il s'agissait de prendre de vitesse d'autres concurrents qui ont des projets semblables en Amérique du Nord.

Le projet n'est pas enterré, mais les longs délais avant d'obtenir les autorisations gouvernementales liées à l'environnement ont fait en sorte que les coûts de construction avaient grimpé de 40 %. Les promoteurs sont présentement à la recherche de nouveaux capitaux. On dirait une aiguille accrochée sur un record. On entend toujours la même affaire. Pourtant, en plus des audiences obligatoires du BAPE, IFFCO avait fait parfaitement ses devoirs en multipliant les rencontres préalables avec les citoyens et même les groupes environnementalistes. Il fallait obtenir l'acceptabilité sociale.

Les projets qui pourraient redonner un réel dynamisme économique à une région qui en a bien besoin subissent tous l'usure du temps. Qu'on se rappelle celui de RioTinto Fer et Titane, qui en était rendu à l'étape de la pré-faisabilité quand il a fini par être abandonné.

Le maire Dubois exhibait l'autre matin, devant la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-du-Québec, la pelle qui est réservée à la levée symbolique d'une première pelletée de terre lors de la mise en chantier d'un investissement industriel. Le métal était d'un beau brillant. Aucune grafigne dessus. Elle ne sert pas. On la voudrait désargentée et même usée.

L'opposition a aussi été farouche au projet de liquéfaction de gaz naturel de Stolt LNGaz. Du coup, ce sont toutes les usines du parc industriel qui allaient sauter par effet domino et les résidus nucléaires de Gentilly-2 qui allaient forcément être libérés. C'est là le problème. Ce serait différent si les groupes écologistes intervenaient, non pas pour bloquer un projet, mais pour le bonifier en apportant des suggestions, réalistes, cela va de soi, dans le but d'améliorer la sécurité ou la protection de l'environnement. On les percevrait autrement. On doit bien pouvoir partager un souci de l'environnement et le goût de voir sa région se développer. Mais là, c'est par hantise, peur incommensurable et en brandissant des scénarios catastrophiques qu'on intervient. Comme si, infailliblement, le pire allait arriver.

Ceux qui pensent que Métaux rares Quest mettra en chantier en 2017 ses deux usines peuvent toujours rêver. Cette production provoquerait la venue de plusieurs petites entreprises de technologies nouvelles qui ont besoin de ces terres rares qui entrent dans la fabrication de l'électronique de pointe. Il y aura des résidus... nucléaires. Quest devra affronter trois BAPE et des déchaînements écolos.

Faut-il s'étonner que cette région au grand passé industriel devienne de plus en plus à charges sociales ? Ça va prendre plus de COMSEP et de tablées populaires.

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