Sauver le centre-ville

Dans les années 70, deux immenses édifices s'élèvent dans le centre-ville de... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

Dans les années 70, deux immenses édifices s'élèvent dans le centre-ville de Trois-Rivières et le maire Beaudoin en est très fier. Il s'agit de la Place du Centre et de l'édifice Capitanal.

On peut toujours questionner l'architecture de ces deux édifices, de même que leur intégration dans le milieu bâti. Mais une chose demeure: les deux viennent consolider un centre-ville qui en a bien besoin. Place du Centre, ça veut dire de nouveaux citoyens qui habitent et consomment au centre-ville. Capitanal, ça veut dire des centaines de fonctionnaires du gouvernement du Québec, autrefois dispersés dans quatorze lieux de travail.

Gilles Beaudoin considère la relance du centre-ville de Trois-Rivières comme un de ses principaux défis. Pour y arriver, il devra mettre vingt ans d'efforts soutenus dans un contexte très difficile. En effet, chez nous comme ailleurs, la tendance est à l'étalement urbain. On développe la périphérie et le centre se vide.

Depuis des années, le centre-ville perd des habitants et des commerces. Si on laisse aller les choses, les institutions vont suivre et la menace est sérieuse. Ainsi, dans les années 80, Gilles Beaudoin devra se battre pour garder au centre-ville le centre de congrès, le siège régional d'Hydro-Québec et même le palais de justice. Les trois auraient bien pu se retrouver dans un champ, en bordure d'une autoroute. Pour les garder, l'administration Beaudoin devra consentir des sacrifices considérables, alors que Trois-Rivières se trouve en compétition avec ses voisines immédiates...

Cette bataille pour le centre-ville, le maire ne peut pas la gagner seul. Il lui faut de solides partenaires, à commencer par ses collègues du Conseil et ses propres fonctionnaires, surtout ceux de l'Urbanisme. Il faut la parfaite collaboration des députés provinciaux, en l'occurrence Denis Vaugeois et Paul Philibert, parce que le gouvernement du Québec tient une partie de la solution: c'est lui qui offre les programmes de subventions, qui concède les pouvoirs d'intervention et qui donne l'exemple en investissant au centre-ville.

Il faut aussi pouvoir compter sur les gens d'affaires qui logent déjà au centre-ville. Au temps du maire Beaudoin, on voit ces gens se regrouper, d'abord l'Association des marchands du Carré des Forges et plus tard la Société d'initiative et de développement des artères commerciales (SIDAC).

Cette mobilisation des intéressés est admirable, mais il faut aller plus loin que la brique et le béton. Un centre-ville, c'est aussi une ambiance, avec du mobilier urbain, des activités et une touche de poésie. Trois-Rivières n'en manque pas, grâce à l'éditeur Gaston Bellemare, initiateur du Festival international de la poésie, qui dira un jour que «c'est la culture qui a sauvé le centre-ville».

Gilles Beaudoin se retire en novembre 1990, alors qu'il reste des chantiers à compléter, celui du centre de congrès et celui du parking Badeaux. Mais la vie est revenue. Lazare est sorti du tombeau...

Ce centre-ville sera cité en exemple et méritera des prix. Toutefois sa relance ne sera jamais définitive et assurée. Après Gilles Beaudoin et encore maintenant, il faudra intervenir pour contrer «l'effet de beigne». Personne ne veut vivre autour d'un trou.

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