CHRONIQUE

Hydro nous doit un siège à son c.a.

Les centrales sur le Saint-Maurice turbinent à plein... (Photo d'archives: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Les centrales sur le Saint-Maurice turbinent à plein sans qu'il n'en reste rien dans la place.

Photo d'archives: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Il y a présentement quatre sièges qui seront à combler au sein du conseil d'administration d'Hydro-Québec.

Pour un premier ministre qui a arpenté le Québec de long en large lors de la campagne électorale en proclamant ses grandes sensibilités régionales, l'occasion est inespérée pour Philippe Couillard de démontrer concrètement un préjugé favorable qui est pour l'instant loin d'être évident.

Avec ce qu'il ne faut pas appeler «l'austérité», l'actuel gouvernement a plutôt dégagé jusqu'ici l'impression de se livrer à un puissant exercice de démolition des structures régionales sans qu'on voie trop comment il compte les remplacer ou compenser leurs pertes.

La proposition de profiter du vide momentané à la tête d'Hydro-Québec pour procéder à des nominations de remplacement qui proviendraient des régions n'est pas venue d'un des cinq députés libéraux de la Mauricie, plus soucieux sans doute de se coller de bonnes notes auprès de leur chef que de lui transmettre la grogne de la région et les immenses torts appréhendés découlant des coups de sabre de son gouvernement. C'est plutôt le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault qui l'a faite il y a une dizaine de jours.

De l'avis du député Gaudreault, le gouvernement devrait profiter de la vacance de quatre sièges au conseil d'administration de la société d'État pour y insérer des représentants issus de régions. Il appartient selon lui de considérer que l'électricité du Québec est avant tout produite dans les régions, ce qui ne s'est jamais reflété au conseil d'administration d'Hydro-Québec. Il n'y a en ce moment qu'un seul administrateur provenant d'une région, soit Éric Forest, le maire de Rimouski.

C'est bien, mais on ne peut pas dire, à l'exception de la présence de champs éoliens, qu'il représente une grande région productrice d'électricité. Même au Saguenay-Lac-Saint-Jean, terre du député Gaudreault, il y a certes un bon nombre de centrales hydro-électriques, mais elles sont plus d'intérêts privés. Rien, dans ce qui appartient à Hydro-Québec, qui s'apparente à la production de la rivière Saint-Maurice. La puissance installée en Mauricie est de 2000 mégawatts alors qu'au Lac-Saint-Jean, elle se résume au réservoir Péribonka (405 MW).

Mais l'idée de l'ex-ministre péquiste demeure excellente. Il suggère même qu'à la limite, on ajoute des sièges au conseil d'administration d'Hydro-Québec pour faire de la place à des représentants régionaux. La présence de tels administrateurs permettraient de refléter des points de vue et des préoccupations qui soient ceux des régions, et en particulier de celles d'où on exploite la ressource. C'est particulièrement vrai d'une région comme la Mauricie où l'on a à la fois une concentration de population et une concentration de centrales.

La région a beau enrichir le Québec depuis l'étatisation de ses barrages, il y a plus de soixante ans, on ne peut pas dire que cela ait été pris en considération et qu'on ait cherché à la compenser pour sa contribution énergétique et à l'économie du Québec. Dans les beaux profits qu'apporte au gouvernement Hydro-Québec, des dizaines de millions $ proviennent de l'exploitation des centrales mauriciennes. Dans l'ensemble des installations de production d'Hydro-Québec, elles sont de loin parmi les plus rentables.

Mais cela n'apporte rien de plus à la région. On le sait. Outre deux petits barrages en Haute-Mauricie pour l'exploitation desquels Hydro-Québec verse des redevances à Wemotaci et à la Ville de La Tuque, toutes les autres centrales turbinent à plein sans qu'il n'en reste rien dans la place.

Du moins, pas plus qu'ailleurs et souvent moins qu'ailleurs. Il suffit d'examiner, par exemple, les budgets en commandites de la société d'État pour le constater. Même sur le plan de la collaboration ou de la compréhension, les relations sont difficiles. On l'a vu dans le dossier du balisage et de l'usage nautique de la rivière Saint-Maurice qui a fait exploser de colère des élus municipaux, comme le maire de La Tuque, Normand Beaudoin ou celui de Shawinigan, Michel Angers.

Une présence régionale accrue au conseil d'administration serait susceptible d'y exercer une certaine influence et de faire passer certaines sensibilités régionales. Compte tenu de l'importance de sa production hydro-électrique, la Mauricie doit y avoir un représentant. Qu'on ne vienne surtout pas nous insulter en laissant entendre qu'il n'y aurait pas dans la région des gens de compétence suffisante.

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