CHRONIQUE

Ouf! Le danger était grand!

Le maire de Shawinigan, Michel Angers fait le... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers fait le point sur la mosquée.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le moins que l'on puisse dire de la décision de la Ville de Shawinigan de ne pas permettre l'établissement d'une mosquée dans un de ses parcs industriels et du débat que cela a suscité, c'est que les réactions sont souvent vives.

Mais tant que la violence reste dans les mots, on ne va pas s'en formaliser. C'est tout l'esprit de Charlie qui doit régner, dans ce sens que l'autre a aussi droit à son opinion, et que même si on ne la partage pas, on doit au moins respecter celui qui la défend. Mais, à la lumière de quelques propos, on doit aussi comprendre que ce n'est pas toujours facile qu'il en soit ainsi.

Les réactions qui sont parvenues au journal ont donc été nombreuses pour commenter la décision du conseil municipal de Shawinigan, ou les opinions exprimées par des lecteurs ou leurs répliques, et même pour les analyses qu'on en a faites. Nous en reproduisons ici quelques-unes, parmi les plus enflammées.

Comme certaines personnes ne nous les ont pas tous fait parvenir à des fins de publication, on se contentera de citer certains passages, sans en identifier les auteurs.

«Simplement pour vous dire que nous ne sommes pas vieux jeu», se plaint un citoyen, que l'on présume de Shawinigan. «Nous sommes justement en 2015 et la religion est maintenant quelque chose de dépassé! On détruit les églises parce que le monde est moins naïf que dans le passé. On ne reculera pas à cause de musulmans qui veulent se regrouper», prévient-il en concluant sa missive d'un «Merci bonsoir!», que l'on devine bien sonnant.

Un lecteur qui m'estime, mais qui a été cette fois déçu, regrette que «mon opinion personnelle» ait «suinté», convaincu que sa perception en cela est partagée par plusieurs, ce qui s'est avéré exact. Par plusieurs, mais quand même pas par tous.

L'homme est convaincu que loin de laisser une image de ville frileuse et craintive, la décision qui a été prise par Shawinigan envoie d'elle celle d'une «ville qui se tient debout... Une ville qui gère de façon limpide et qui a le mérite de dire ce qu'elle pense».

Un autre lecteur, qui se définit d'un naturel plutôt «cioranesque» de la chose quand il s'agit de religion (ne cherchez pas, ça veut dire ironique), croit que les lumières auraient dû s'allumer dès qu'on a demandé à s'installer dans un parc industriel, une façon plus que suspecte de vouloir «exiler» son lieu de culte. Il regrette que «désormais, à cause de réactions épidermiques, on stigmatise toute une ville, voire une région. On attire une attention nullement nécessaire sur un petit groupe qui... n'aspire qu'à vivre en paix dans son nouveau port d'attache».

Pour un éditeur de Shawinigan (ce n'est pas Perro), la cause est entendue. «La bien-pensante caste jacasseuse qui s'accapare l'espace médiatique n'a pas manqué de tourner en dérision la décision du conseil municipal de Shawinigan de refuser la requête visant à concrétiser le projet d'un centre culturel musulman dans un secteur industriel de la ville.»

Admettons que c'est bien dit. Mais qui sont les bien-pensants auxquels il fait référence? Ma collègue Ginette Gagnon à l'éditorial et l'auteur de ces lignes. On se serait donc donné «pour mission de remplacer le clergé d'antan pour ce qui est de définir ce que les gens auraient le droit de penser et de dire». Ce serait là de bien grandes prétentions. Mais surtout, je voudrais rassurer tout de suite l'abbé François Doucet. Ni l'une ni l'autre n'avons l'intention de le menacer dans son job de prédicateur.

Il ne serait pas impensable, selon cet éditeur, que le projet d'une mosquée à Shawinigan ait été ourdi par l'ISNA ou les Frères musulmans. Un peu plus et c'était les égorgeurs de l'État islamique.

Un autre éditeur, mais pas de Shawinigan celui-là, nous invite à nous rappeler les croisades des chrétiens, au XIe siècle, contre ces Maures chargés par Mahomet de les tuer. Cela a fini par la reconquête chrétienne de l'Espagne et du Portugal et d'un détail de l'histoire appelé l'Inquisition.

Finalement, peut-être que Shawinigan l'a échappé belle et qu'elle avait raison d'avoir peur.

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