CHRONIQUE

Le PC courtise le maire... Rayes

Alain Rayes... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Alain Rayes

La Tribune, Yanick Poisson

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On pourrait appeler cela de la petite séduction. C'est plutôt une grande offensive de charme qui a été menée jeudi à Victoriaville par le premier ministre du Canada, Stephen Harper.

En principe, le chef conservateur s'y est rendu pour annoncer son intention de légiférer afin de mettre fin à la libération anticipée automatique des criminels récidivistes une fois les deux tiers de leur peine purgée. C'est une mesure qui vise les délinquants récidivistes qui ont déjà écopé d'une peine de cinq ans ou plus de prison pour des crimes violents.

Le premier ministre a tiré prétexte de la tenue d'une table ronde sur les questions de sécurité publique pour annoncer ces futures mesures. Mais on peut penser que le vrai prétexte de son déplacement était de faire un peu plus pression sur le maire de la ville, Alain Rayes, pour qu'il accepte d'être candidat conservateur aux prochaines élections.

Son passage à Victoriaville n'aura pas permis d'en savoir davantage sur les intentions du maire Rayes, mais pour la plupart des observateurs politiques, sa décision serait déjà belle et bien prise. On ne se ferait pas tant de mamours si ce n'était pas le cas. Stephen Harper n'a pas caché qu'il souhaiterait que le maire fasse le saut en politique fédérale, une candidature potentielle qu'il a qualifié de «très intéressante». Les deux hommes ont dîné ensemble.

Harper s'était fait accompagner de son ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, du ministre de l'Infrastructure des Collectivités et responsable de l'Agence économique pour le Québec, Denis Lebel, et du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Les fréquentations entre Rayes et les conservateurs sont déjà très engagées. Le ministre Lebel a agi en éclaireur et a multiplié les avances publiques à l'endroit du maire Rayes qui, loin de les refuser, lui a retourné des bises. Au grand souper annuel «du maire» de la Chambre de commerce et de l'industrie des Bois-Francs et de l'Érable, un événement très couru, Alain Rayes a invité qui à s'adresser, à ses côtés, à l'auditoire? Nul autre que le ministre Denis Lebel qui en a profité pour faire les éloges de Victoriaville et de son maire, un homme qui, comme sa ville, a un «grand esprit entrepreneurial». On se gratte mutuellement le dos pas à peu près.

Oui, les conservateurs beurrent épais pour préparer le terrain des prochaines élections en faveur du maire Rayes, dans l'espoir de remporter la circonscription de Richmond-Arthabaska. C'est d'autant plus possible que le bloquiste André Bellavance, frustré par les résultats de la dernière campagne au leadership du Bloc québécois, siège maintenant comme indépendant et qu'il a déjà prévenu qu'il ne solliciterait pas un nouveau mandat.

Les conservateurs avaient certes terminé troisième aux dernières élections, mais ils avaient quand même obtenu le quart des suffrages dans Richmond-Arthabaska. C'est une région où le potentiel électoral du PC est très élevé. La circonscription voisine de Mégantic-L'Érable, occupée par Christian Paradis, est très bleue. Au provincial, Arthabaska, représentée par Sylvie Roy, est caquiste. On a souvent dit que là où il y a des électeurs caquistes, se trouvent des électeurs conservateurs.

Le PC, on le sait, ne s'attend pas à pouvoir faire une percée majeure au Québec. On a plutôt ciblé quelques circonscriptions dans l'espoir de finir avec dix ou douze comtés au Québec. C'est là qu'on va concentrer les efforts. Arthabaska en est d'évidence une.

À observer tout le roucoulement conservateur à l'endroit du maire de Victoriaville, on peut commencer à se demander si Trois-Rivières est encore dans leur mire avec Yves Lévesque. Il y a bien eu des discussions entre le maire et le ministre Lebel, mais elles ont été très discrètes, pour ne pas dire secrètes, à l'inverse de ce qui s'est passé jusqu'ici à Victoriaville.

Les conservateurs ont certes sondé l'intérêt d'Yves Lévesque, mais ils ont aussi sondé leurs chances de succès avec lui dans Trois-Rivières. Il faut bien reconnaître que le bleu de Trois-Rivières est pas mal moins prononcé que celui de Victoriaville et de sa région. C'est pas mal plus périlleux, même pour un maire.

Il faut aussi oublier le flirt libéral à l'endroit d'Yves Lévesque. Gageons plutôt que celui-ci va tout simplement finir son mandat de maire.

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