CHRONIQUE

Le coeur de Lévesque balance-t-il?

De quelle couleur au juste est la cravate... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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De quelle couleur au juste est la cravate du maire, bleue ou rouge?

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Entre les deux, son coeur balancerait. Une journée, il répand se laisser courtiser par les conservateurs de Stephen Harper. Le lendemain, il révèle ne pas être insensible au flirt que lui feraient aussi les libéraux de Justin Trudeau.

À force de s'étirer comme cela d'un bord et de l'autre, le maire Yves Lévesque risque un écartèlement politique qui ne le fera plus désirer nulle part. Remarquez que dans son cas, c'est un peu le jour de la marmotte. Car à chaque élection fédérale, il est comme pris de démangeaisons. Sauf que jusqu'à présent, il n'y a jamais eu de suite à son picotement politique. Ce qui fait déjà dire à beaucoup de gens que ce sera la même chose que dans le passé. Qu'après avoir laissé flotter son nom comme candidat, il finira par dire qu'il n'est pas intéressé à faire le saut au fédéral et que la seule chose qui l'intéresse vraiment, c'est la mairie de Trois-Rivières.

Il avait d'ailleurs promis, lors de sa dernière campagne à la mairie de Trois-Rivières, que s'il était réélu, il compléterait son nouveau mandat. Car la question se posait déjà sur la suite des choses. Mais pouvait-il dire le contraire?

Entre-temps, le seul fait de laisser entendre que les deux partis fédéraux lui font des courbettes, qu'ils se l'arracheraient, lui façonnent une image d'homme fort, invincible. «Il faut un bon député, mais qui fasse partie du parti au pouvoir», clame-t-il, suggérant qu'un néo-démocrate, même bon député, ce n'est pas suffisant. On comprend donc que s'il acceptait d'être un candidat pour un parti, c'est celui-là qui formerait le prochain gouvernement. Ça tombe bien.

Selon le tout dernier sondage, au niveau national, conservateurs et libéraux seraient présentement à égalité dans les intentions de vote. Pas facile dans les circonstances d'aligner à coup sûr sa candidature sur le gagnant. D'autant plus compliqué qu'au Québec, les conservateurs n'apparaissent toujours pas dans la course. Ce sont les néo-démocrates qui plaisent encore le plus à l'électorat québécois et ce sont les libéraux qui les suivent. Le Bloc québécois reste marginalisé et le PC, encore davantage.

Il se trouve que le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, est devenu un ténor du NPD au Québec et qu'il est bien perçu dans sa circonscription.

Dans les circonstances, en dépit de sa notoriété, la victoire serait loin d'être acquise pour un Yves Lévesque, candidat conservateur. Les conservateurs, qui ont ciblé un certain nombre de circonscriptions au Québec, auraient déjà sondé Trois-Rivières, avec une candidature d'Yves Lévesque, et l'élection de ce dernier serait loin d'être flagrante. Est-ce qu'ils seraient allés jusqu'à le lui faire savoir, ce qui réduirait de beaucoup son rapport de force avec le parti et les conditions qu'il pourrait imposer, comme une aide fédérale dans le dossier de la pyrrhotite?

La marche à gravir serait donc un peu moins haute pour Yves Lévesque s'il était candidat pour le Parti libéral.

C'est peut-être la raison pour laquelle, après avoir laissé flotter une possible candidature conservatrice, il entrebâille maintenant la porte du parti de Justin Trudeau, avec lequel il a effectivement eu des discussions.

Le ministre fédéral Denis Lebel, qui avait fait les premiers pas, doit de nouveau se demander, comme il l'avait déjà fait lors d'un passage à la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, de quelle couleur au juste est la cravate du maire, bleue ou rouge?

Ces tergiversations auront ceci de bon qu'elles sont peut-être à la source du dégel appréhendé du gouvernement conservateur dans le dossier de la pyrrhotite. Le porte-parole de la Coalition d'aide aux victimes, Yvon Boivin a révélé jeudi qu'il y avait présentement des discussions encourageantes avec Ottawa et qu'une annonce positive en ce sens venant du gouvernement conservateur pourrait être faite ce printemps.

Lévesque cherchait à faire d'une aide fédérale une condition essentielle à sa candidature. Les conservateurs rechignaient à devoir faire volte-face dans ce dossier. S'ils ont changé leur fusil d'épaule et prévoient faire bientôt connaître la bonne nouvelle, est-ce que ce sera pour soutenir une candidature conservatrice du maire de Trois-Rivières ou pour couper l'herbe sous les pieds à un Yves Lévesque libéral? Un petit suspense, pour des élections qui n'auront quand même lieu qu'à l'automne.

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