CHRONIQUE

Plus qu'un «beau dommage»

Le Cirque du Soleil s'inspirera du groupe Beau...

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Le Cirque du Soleil s'inspirera du groupe Beau Dommage pour sa première saison de spectacles dans le nouvel amphithéâtre de Trois-Rivières en 2015.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Si ce n'était pas un groupe culte dans l'histoire musicale québécoise, les sceptiques à propos de l'intérêt et de la viabilité de l'Amphithéâtre Cogeco, qui se transforment aisément en détracteurs, affirmeraient que c'est un signal prémonitoire qui vient d'être envoyé.

Mais en révélant que pour sa première saison de spectacles, le Cirque du Soleil prendra son inspiration dans Beau Dommage, c'est tout sauf une catastrophe annoncée, qui a été dévoilée lundi après-midi, au musée Boréalis, à quelques mètres de l'amphithéâtre.

Comme on le savait déjà, même si cela n'a été officiellement confirmé que lundi, c'est le Cirque du Soleil qui inaugurera la première saison du nouvel amphithéâtre avec une première série de 20 représentations du 15 juillet au 15 août. Il faudra attendre au week-end de la Fête du travail pour un spécial à l'intention des Trifluviens qui mettra en vedette Ginette Reno. Le Cirque reviendra avec sa troupe les deux étés suivants, avec chaque fois un nouveau spectacle qui rendra hommage à chaque occasion à un artiste ou groupe différent.

Il y avait beaucoup d'émotion lors la conférence, tant de la part du président de la Corporation de l'Amphithéâtre, Roger Picard, de son directeur général, Steve Dubé, du maire Yves Lévesque, mais aussi du Cirque du Soleil, qui, selon Yasmine Khalil, responsable des événements, rêvait de revenir à Trois-Rivières depuis son passage en 2009 dans le contexte des Fêtes du 375e anniversaire de la ville. «On n'attendait qu'un prétexte», dira-t-elle.

Pour le président Picard, le démarrage de l'amphithéâtre avec une troupe québécoise de renommée mondiale aussi prestigieuse que le Cirque du Soleil, c'était assurément un énorme soulagement, en ce sens que cela apporte à peu près toutes les garanties de succès... «Après cinq ans de travail, qu'est-ce qu'on pouvait donner de plus à Trois-Rivières?», demanda-t-il. Une question qui était plutôt une réponse, à moins que ce ne soit une réplique, à tous ceux dans la ville qui ont contesté l'amphithéâtre... et ils ont été nombreux.

Un apaisement qui s'étendait à Steve Dubé, qui en a vécu de toutes les couleurs à sa direction de l'amphithéâtre qui a suivi, dans la controverse la plus fumante, les Fêtes du 375e, et qui distribuait largement les remerciements, en tout premier lieu, avant même à son conseil d'administration, au maire Yves Lévesque, auquel il doit sans doute, au premier chef, d'avoir survécu à la traversée de son chemin de Damas. D'autant heureux que Steve Dubé a retrouvé en plus son vieux complice, Alain Lamarre, dont la firme, Stradaide, a obtenu un contrat pour la recherche de commandites. Il faut dire que, comme en 2009, Alain Lamarre a une fois de plus fait jouer ses influences auprès du Cirque du Soleil, puisque c'est, comme on le sait, son frère Daniel qui en est le grand pdg.

Quant à Yves Lévesque, il a failli payer un prix politique élevé avec cet onéreux projet d'amphithéâtre, qualifié d'éléphant blanc par tellement de monde. C'est un «merci» très émotif qu'il a lancé aux «gens qui y ont cru et qui se sont tenus debout», a-t-il dit, en pointant les conseillers municipaux qui s'étaient alliés à lui.

Même à quelques mois de la fin des travaux de construction et de l'inauguration du super-équipement par le Cirque du Soleil, pour trois saisons d'exclusivité au Québec, le doute sur la rentabilité de l'amphithéâtre reste encore bien présent dans l'esprit de plusieurs. Il sera difficile d'évaluer à cet égard l'impact du Cirque car les détails de l'entente, pourtant promis par le maire cet automne, ne seront finalement pas divulgués. Ils ne l'avaient pas été non plus, en 2009, à la demande du Cirque. Une clause de confidentialité qui n'existait pas à Québec, l'an passé.

Mais on peut croire, compte tenu du prix plutôt raisonnable des billets, qu'on attirera en trois ans les 100 000 spectateurs espérés et que sonnera bel et bien la dizaine de millions de dollars en retombées économiques qui leur est rattachée.

Il est là l'amphi. Aussi bien que ça soit plus qu'un «beau dommage».

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