CHRONIQUE

Rapetisser, mais pour qui?

Devrait-on réduire de 16 à 13 le nombre... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Devrait-on réduire de 16 à 13 le nombre des conseillers municipaux de Trois-Rivières?

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Devrait-on réduire de 16 à 13, comme l'a déjà suggéré le conseiller René Goyette, ou même à douze comme cela a aussi été évoqué à quelques reprises, le nombre des conseillers municipaux de Trois-Rivières?

La réponse la plus simple serait sans doute de dire que ça dépend de qui, dans le conseil actuel, resterait en place et qui devrait disparaître. Selon les préférences et les affinités de chaque électeur, on comprend que la réponse serait très variable. Et que cela ne pourra se régler qu'aux prochaines élections municipales, de la façon la plus démocratique qui soit, dans la mesure où en raison du redécoupage des districts, des élus sortants devraient s'affronter.

L'idée a été lancée et ce n'est pas la première fois qu'elle revient sur le tapis. Mais on ne peut pas dire que pour l'instant, le débat fasse rage, comme ça a été le cas à Sherbrooke il y a deux ans et où ça pourrait le devenir, comme à Saguenay.

À Sherbrooke, où il y a dix-neuf conseillers, on souhaiterait en couper cinq, six ou sept, selon les diverses propositions qui ont été avancées. À Saguenay, où il y en a aussi dix-neuf, on voudrait réduire cela à 12. Dans ces deux villes, il y a en plus des conseils d'arrondissement, ce qui n'est pas le cas à Trois-Rivières, dont on ne détesterait pas non plus abaisser le nombre.

Ce sont là deux villes d'une grosseur assez comparable à celle de Trois-Rivières et qui sont aussi des capitales régionales.

Depuis les requêtes de Québec et de Longueuil, en 2012, l'idée s'est répandue dans beaucoup de municipalités au Québec.

C'est en général du maire que vient la proposition. L'argument invoqué est toujours d'améliorer la gouvernance municipale et de réduire les dépenses. La bonification de la gouvernance municipale reste cependant à être démontrée et dans le cas des économies budgétaires, cela ne se confirmera que dans la mesure où la rémunération des conseillers ne sera pas ajustée à la hausse pour compenser l'accroissement de la charge de travail et qu'il n'y a pas d'ajout de personnel en soutien à ces super-conseillers.

Si un tel projet est généralement soumis par les maires, c'est peut-être parce qu'à l'analyse des conséquences politiques qui en découleront, ils évaluent que leur position s'en trouverait améliorée autour de la table du conseil et leur pouvoir un peu plus accru. À Sherbrooke, le maire Bernard Sévigny est à la tête d'un parti politique et à Saguenay, las de la contestation qu'il subit maintenant, Jean Tremblay veut en former un en prévision des prochaines élections. Les deux veulent réduire la taille de leur conseil.

Les maires, quand ils sont en place, sont toujours convaincus qu'ils représentent la meilleure chose pour leur ville et que les citoyens favoriseraient l'élection de candidats de leur formation politique pour qu'ils n'aient pas de bâtons dans les roues.

À Trois-Rivières, Yves Lévesque a par moments été tenté par une telle aventure d'un parti politique, qui, estimait-il, lui simplifierait les choses. Il a résisté à cette tentation et les résultats des dernières élections lui ont démontré que ce n'était pas nécessaire, mais que s'il avait formé son parti politique, il aurait obtenu une majorité à la table du conseil.

On comprend que, même si ce n'est pas forcément par le biais d'une opposition officielle, il y a toujours de grandes réserves qui sont exprimées de la part de conseillers municipaux à faire disparaître des sièges et que beaucoup de citoyens voient dans une telle mesure une dilution malsaine de leur représentativité. Il est vrai qu'il est loin d'être évident que la démocratie soit gagnante dans une concentration du pouvoir dans les mains des maires et de leurs élus alliés.

Le problème, c'est que c'est à la pièce que le sujet est abordé alors qu'il mérite une réflexion plus globale. Ce qu'il faut démontrer, pour s'en convaincre, c'est que les intérêts les mieux servis par un conseil municipal rapetissé, ce sont essentiellement ceux des citoyens.

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