CHRONIQUE

Dans la tourmente «uqutérienne»

Nadia Ghazzali faisait au journal Le Devoir, en fin... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Nadia Ghazzali faisait au journal Le Devoir, en fin de semaine, un rapprochement entre la réception négative qui lui est faite depuis son arrivée à la tête de l'université et l'enthousiasme que soulève de son côté le pape François qui ne cesse pourtant comme elle de faire «du ménage» depuis son entrée à Rome.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Tout en prenant la précaution de préciser qu'elle ne se référait pas à lui, la rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali faisait quand même au journal Le Devoir, en fin de semaine, un rapprochement entre la réception négative qui lui est faite depuis son arrivée à la tête de l'université et l'enthousiasme que soulève de son côté le pape François qui ne cesse pourtant comme elle de faire «du ménage» depuis son entrée à Rome.

La rectrice devrait se méfier de ce genre de référence, qui fait un peu pompeux, mais surtout, qui peut réveiller tous les Charlie Hebdo de ce monde.

Si on ne l'applaudit pas pour la réorganisation structurelle qu'elle a entreprise, les projets qui sont mis de l'avant et sa vision de l'avenir de l'institution, c'est, croit-elle, parce qu'elle est une femme et qu'en plus, elle n'est pas originaire de Trois-Rivières.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Mme Ghazzali se fait un peu réductrice sur les raisons des problèmes, au moins relationnels, qui ont marqué jusqu'ici son rectorat. Elle n'est pas la première femme à diriger l'université de Trois-Rivières et plusieurs des anciens recteurs n'étaient pas non plus originaires de la région et avaient mené jusque-là ailleurs une brillante carrière professionnelle. On pourrait ajouter que ses origines marocaines ne pourraient davantage être invoquées pour expliquer les tensions qui se sont installées à l'UQTR.

Aucun recteur, disons depuis Gilles Boulet à l'origine ou Jacques Parent, par la suite, peut-être parce que ceux-là étaient issus du sérail uqutérien, ne l'ont eu facile. Il y a toujours eu un fond de grognement qui s'est fait entendre. Normal dans un milieu où la libre conscience est érigée presque en dogme et où tout un chacun accorde à son point de vue valeur théologique. Le bonheur n'a jamais été total. C'est beaucoup ça une université.

La différence cette fois-ci, c'est que les tensions sont allées beaucoup plus loin et que beaucoup trop de fils se sont cassés. Il y a une rupture, voulue ou pas, qui s'est produite entre le passé et le présent. L'arrivée de la rectrice, mais aussi l'installation au début, à ses côtés, d'une direction à la fois instable mais dans certains cas cavalière, a causé un choc culturel violent. C'est comme si on avait voulu d'un trait faire table rase du passé. D'un passé qui, compte tenu du chemin parcouru et de la dimension exceptionnelle acquise par l'UQTR, faisait la fierté de ses artisans et même une légitime prétention de leur part.

La nouvelle direction a rapidement laissé l'impression de vouloir impérieusement oblitérer ce qui s'était fait avant elle en redistribuant les fonctions et les responsabilités et en faisant rouler beaucoup de têtes. On a assisté à une montée de frustrations, mais aussi d'esprit de vengeance. Les critiques fusent de toutes parts, des poursuites judiciaires sont engagées et des opinions négatives diffusées à profusion dans les médias. Dans un contexte de compressions budgétaires sévères en plus. Les décisions de la direction sont scrutées à la loupe, pour la prendre en défaut, et il n'y a plus de projets, même s'ils préparent l'avenir et la solidité de l'université, qui rallient la communauté universitaire.

C'est peut-être là, au-delà de drames humains que l'on peut concevoir, le plus grand danger que fait peser la tourmente actuelle.

En attendant, les nuages s'accumulent. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc se déclare impatient d'intervenir à l'UQTR. On comprend qu'il n'attend qu'un prétexte et il ne sera vraisemblablement pas nécessaire que sa justification pour agir comme il l'entend soit blindée. On avait déjà trouvé quelques brindilles pour retarder cet automne l'adoption du budget de fonctionnement de l'UQTR, ce qui la fait mal paraître. Le vérificateur général est entré dans ses papiers. Il y aura inévitablement un blâme sur quelque chose. Et maintenant, l'Unité permanente anticorruption qui enquête à son tour, sur la base de plaintes venues de l'interne. Cela ne veut encore rien dire, mais ça permet de penser ce que l'on veut, même le pire.

Tout cela pour la gloire de l'UQTR?

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