CHRONIQUE

Le casse-tête du maire

Yves Lévesque... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Yves Lévesque

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce qui a le plus surpris lors de la longue rencontre qu'il a accordée cette semaine à ma consoeur Paule Vermot-Desroches, c'est l'aveu qu'il lui a fait à propos de l'emplacement du futur colisée.

Yves Lévesque, le maire de Trois-Rivières, a admis qu'il était torturé par le choix que la Ville de Trois-Rivières devra faire. «La décision, dira-t-il, la plus déchirante» qu'il aura eu à prendre depuis vingt ans, ce qui remonte aussi loin qu'avant la fusion, à l'époque où il était maire de Trois-Rivières-Ouest. 

Certes, on savait qu'il était en réflexion sur son avenir politique, ce qui devrait constituer un point marquant dans sa carrière politique comme dans sa vie personnelle. Cela revient presque à chaque élection, provinciale ou fédérale. Mais on comprend que cette fois-ci, les démangeaisons sont plus fortes.

Pourtant, même si cela devait marquer un grand tournant dans sa vie, Yves Lévesque aborde cette question avec une apparente sérénité. Il semble bien que cette réflexion ne lui soit pas stressante au point de l'empêcher de dormir la nuit ou de lui faire tomber les cheveux, devenus déjà plus rares il est vrai.

On n'aurait pas pensé que le dossier du colisée pesait si lourd dans sa tête, mais surtout, qu'il était redevenu hésitant et soucieux dans les deux choix qui s'offrent à lui: l'UQTR ou le District 55.

Jusque-là, il était toujours apparu plutôt impulsif. Quand le projet du Complexe sportif Alphonse-Desjardins est devenu boiteux parce qu'il retournait les risques de dépassement de coûts de construction et d'opération à la ville plutôt qu'à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, il s'était sans remords jeté dans les bras de l'UQTR, qui arrivait opportunément avec une nouvelle option pour l'emplacement du colisée. 

Mais quand le Groupe Robin lui a fait par la suite reluire quelques avantages économiques présumément supérieurs à plutôt construire en partenariat le colisée sur le lieu de son futur développement au pied du pont Laviolette, c'en a été aussitôt fini des embrassades avec l'UQTR. Tout l'automne, la cause a semblé entendue en faveur des promoteurs du District 55.

On devait même apprendre bien avant la période des Fêtes les contours de l'entente qui les lierait à la ville. Il ne s'agissait jusque-là pour sceller l'affaire que de connaître les conditions à remplir pour que Québec approuve ce partenariat public-privé et qu'il verse sa subvention promise de 26,8 millions $.

Si la ville avait eu à réaliser seule la construction du nouveau colisée, il lui en aurait coûté 2,5 millions $ par année. En s'associant avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, ces coûts tombaient à 1,5 million $. Avec l'UQTR, compte tenu de la contribution au capital de la Fondation de l'université et des meilleurs en-lieux de taxes que la ville allait en tirer, on réduisait cette fois à un million de dollars la contribution annuelle de la ville. Mais avec l'option présentée par le Groupe Robin, qui compte un colisée et deux glaces secondaires, dans la mesure où les coûts de construction avancés sont réalistes, les déboursés annuels pour la ville ne seraient plus que de 500 000 $.

C'est pourquoi, puisque cela représente un allégement du fardeau fiscal des contribuables trifluviens, la cause s'annonçait entendue. Le colisée irait au District 55. Point final.

Pourquoi ne l'est-elle plus et que c'est devenu un dossier déchirant pour le maire? Parce qu'il a dû élargir ses considérations et entrer en compte des facteurs autres que les seuls coûts annuels pour la ville.

Un colisée au District 55, c'est faciliter l'ouverture d'un tout nouvel axe commercial, avec la construction probable d'un centre de foires, la venue d'un nouvel hôtel et l'implantation de grandes bannières commerciales. C'est des retombées économiques aussi précieuses qu'assurées et des rentrées de taxes pour la ville. C'est avantageux, à la condition que la ville ne soit pas un jour contrainte, pour diverses raisons, à reprendre l'équipement.

Mais ce serait priver l'UQTR de son CERAS et de ce que cela implique comme développement de l'université, en termes d'enseignements spécialisés et de centres de recherche dans le domaine sportif. Ce serait surtout risquer de fragiliser l'UQTR, une université en région, qui devra se battre

farouchement dans les années à venir pour résister à la voracité des grandes universités qui feront tout pour maintenir des effectifs étudiants menacés de déclin. 

La question se pose: où, avec ce colisée, l'avenir de Trois-Rivières sera-t-il le mieux servi?

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