CHRONIQUE

À vos poches, contribuables!

Yves Lévesque... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yves Lévesque

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau n'aura vraisemblablement pas à débarquer dans la région pour remettre les villes au pas et promettre d'envoyer des chèques aux contribuables municipaux, comme il a menacé de le faire à Ville de Laval et à Longueuil.

Comme c'est en apparence lorsque les hausses des comptes de taxes sont supérieures à trois pour cent que la moutarde lui monte au nez, avec des hausses de 2,8 et 2,75 %, les dirigeants des villes de Trois-Rivières et de Shawinigan lui auront sans doute épargné de devoir présumer que leurs contribuables sont considérés comme des crétins. 

Mais le ministre aura quand même de quoi maugréer, car on ne s'est quand même pas privé à Shawinigan comme à Trois-Rivières d'attribuer une grande partie de ces nouvelles augmentations au pacte fiscal qu'il a imposé alors que les budgets des villes étaient presque ficelés.

À Trois-Rivières, par exemple, les 3,8 millions $ de manque à gagner qui découle de ce pacte transitoire équivalent à 1,63 % de la hausse générale du compte de taxes qui sera facturé aux contribuables. À Shawinigan, cette perte de 1,2 million $ représente 2 % de la hausse décrétée.

Dans les deux villes, les maires diront que c'est beaucoup plus que ça dans les faits puisqu'on a aussi réduit les en-lieux de taxes et abaissé les remises sur la TVQ, tout en imposant de nouvelles dépenses aux municipalités.

Si l'on ne s'en tient qu'au pacte fiscal, devrait-on comprendre que les hausses de taxes n'auraient été que de 1,17 % à Trois-Rivières et de 0,8 % à Shawinigan, nettement en bas du taux d'inflation que l'IPC établit en ce moment à 2,4 %? Certainement pas. On se serait moulé, comme on le fait chaque année, au taux d'inflation. 

Les contribuables de Trois-Rivières et de Shawinigan ne paieront finalement pas beaucoup plus que ce qu'ils auraient payé, s'il n'y avait pas eu ce pacte fiscal. Pacte ou non, cela n'aurait donc pas changé grand-chose dans leurs finances personnelles. Par contre, il est possible que certaines dépenses qui auraient alors été faites auraient été traduites en avantages économiques pour leur ville ou en services améliorés.

À Shawinigan, comme le surplus accumulé n'était pas très élevé, on a jugé responsable et prudent de ne pas puiser dedans. Pour compenser, on a donc dû couper dans l'aide aux événements, geler le soutien aux corporations paramunicipales et renoncer, au moins pour un an, au programme de contrôle des insectes piqueurs, un gros morceau de 837 000 $.

On a maintenu ce programme à Trois-Rivières, mais dans les zones limitrophes où l'on continuait de se faire piquer par les maringouins, on n'aura plus rien à payer. Pour boucler son budget, on a bien ponctionné 300 000 $ dans le surplus accumulé et 500 000$ dans celui de la Société de transport. On a surtout perdu les économies de 2,7 millions $ qui devaient venir de ce qu'on appelle les processus d'ingénierie et qui ont signifié l'abolition de 21 postes. On a aussi dû couper 700 000 $ à IDE Trois-Rivières. 

L'exercice du budget a été extrêmement difficile et frustrant dans les deux villes, mais on a évité des hausses du compte de taxes qui se seraient approchées des 4 % et même davantage comme on le voit dans d'autres villes du Québec.

Trois-Rivières, chiffres à l'appui, se targue d'être, parmi les villes du Québec de 100 000 habitants et plus, celle qui affiche le plus bas coût pour ses services municipaux et Shawinigan, d'avoir une charge fiscale reconnue parmi les plus basses des villes du Québec.

Ce qu'il faut sans doute applaudir, quand on sait que ces deux villes sont devenues les championnes de la péréquation au Québec, ce qui traduit un certain indice de pauvreté relative bien réelle. Leurs citoyens, ce que Michel Angers a reconnu, sont aussi à bout de souffle.

On s'attendait à découvrir un maire Lévesque fumant de colère, plus que disposé à en rajouter sur les propos du ministre Moreau qu'il tiendrait directement responsable du corset financier imposé à sa ville. Un maire Lévesque qui se réinstallerait comme vedette nationale en rajoutant de l'huile sur le feu pour griller un peu plus le ministre Moreau. Au contraire, il a été plus que réservé à cet égard à la conférence de presse de présentation du budget. Il a fallu attendre l'assemblée publique pour qu'il s'anime un peu, mais sans attaquer le ministre. 

À Shawinigan, par contre, Michel Angers paraissait sur le bord de l'explosion et on ne pouvait vraiment dire s'il fallait attribuer à sa grippe ou à sa colère interne, son visage pourpre.

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