CHRONIQUE

Angers-Lévesque, même combat?

Avec près d'une quinzaine d'autres maires du Québec,... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Avec près d'une quinzaine d'autres maires du Québec, le maire de Trois-Rivières n'allait pas rater une si belle occasion d'enfoncer le fer dans la plaie du ministre Moreau.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le plus dur a probablement été de parvenir à ne pas s'enliser dans les rues si «efficacement» déneigées de sa ville pour atteindre l'autoroute, qui n'est pas très loin de son domicile il est vrai. Mais on se doutait bien que ce n'est pas une fin de tempête de neige qui aurait pu empêcher Yves Lévesque de monter à Montréal tôt jeudi matin pour participer à une conférence de presse de l'Union des municipalités du Québec où on allait se dire outré des propos du ministre Pierre Moreau.

Avec près d'une quinzaine d'autres maires du Québec, le maire de Trois-Rivières, qui avait été l'un des premiers à exprimer sa furie, se hissant momentanément au rang de vedette médiatique nationale, n'allait pas rater une si belle occasion d'enfoncer le fer dans la plaie du ministre, lui qui déposera lundi ses prévisions budgétaires avec des hausses de taxe «explicatives». Il tient son coupable.

Si le ministre Moreau se sentait confortable, parce qu'il avait arraché un pacte fiscal, pour ponctionner sans qu'on l'en tienne responsable 300 millions $ dans les poches des contribuables québécois en imposant aux municipalités de faire pour lui - en catimini - la basse oeuvre, c'est aujourd'hui complètement raté.

Le ministre aura certes son argent municipal, qui ne sera toujours que celui des citoyens, pour réduire le déficit de son gouvernement. Mais avec le front commun des maires, tous outrés de ses propos et de son impérialisme à l'endroit des villes de Laval et de Longueuil, sa manoeuvre ne trompe plus aucun citoyen.

Surtout, il a perdu toute sa crédibilité auprès des maires du Québec. Si à la signature du pacte fiscal, des maires comme Yves Lévesque ou Jean Tremblay, à Saguenay, n'avaient pas hésité à contester publiquement l'entente et à s'interroger sur la représentativité de leur UMQ, par son arrogance et en se comportant en matamore comme il l'a fait, le ministre Moreau est venu ressouder les maires du Québec, dont plusieurs n'ont pourtant jamais eu de grandes affinités entre eux.

Bien qu'il n'ait pas assisté à la rencontre de jeudi, le maire Michel Angers de Shawinigan a quand même tenu à exprimer son désaccord avec le ministre. «C'est surréaliste ce qu'a dit monsieur Moreau», a-t-il fait parvenir jeudi comme message à l'UMQ, rappelant qu'une ville comme Shawinigan ne dispose que de minces surplus qui ne pourront pas couvrir la ponction gouvernementale qui a été imposée à sa ville.

Donc, que le ministre soit d'accord ou pas, il lui faudra bien lui aussi hausser ses taxes, sans devoir pour autant éprouver le sentiment de considérer ses contribuables comme «des crétins», comme l'a suggéré le ministre pour tous ceux qui invoqueront son pacte fiscal pour le faire.

On n'ira pas jusqu'à scander «Angers-Lévesque, même combat», mais les deux hommes se retrouvent, avec le reste des maires du Québec, dans le même clan. Il faut se rappeler qu'en raison de ce pacte, Yves Lévesque s'était mis à la tête d'un mouvement de contestation de maires de grandes villes qui risquait de faire éclater l'organisme.

Alors que Michel Angers, à l'instar du maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, ou de celui de Victoriaville, Alain Rayes, tous membres de l'exécutif de l'UMQ, avait signé ce pacte fiscal qu'il avait défendu, même si c'était du bout des lèvres.

Aujourd'hui, tous ces maires dénoncent en choeur le ministre pour ses menaces, mais en même temps ce fameux pacte fiscal qui gruge leurs marges de manoeuvre financières. Tous les maires qui comptent au Québec, sauf étrangement ceux de Montréal et de Québec, qui avaient accueilli le pacte dans une très suspecte allégresse. Ce que le ministre Moreau a provoqué, c'est un resserrement inespéré des liens au sein d'une UMQ tiraillée. Une UMQ redevenue comme avant la réintégration de Montréal et de Québec.

Une UMQ comme les maires l'aimaient. Lui, le ministre des Affaires municipales, s'est forgé un puissant adversaire qui refusera de se faire désormais considérer comme une «créature» du gouvernenement.

Le gouvernement a confisqué tous les avantages fiscaux qu'il pouvait, consentis par Ottawa, les surplus que se préparaient à partager la Société d'assurance-automobile du Québec, les surplus des muinicipalités, les hausses tarifaires d'Hydro-Québec...

Faudra-t-il dire, «prenez garde citoyens! Ne laissez pas traîner une cenne. Videz vos comptes de banque, avant que Big Brother le fasse?»

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