CHRONIQUE

La Mauricie en rangs serrés

Les participants à la manifestation signent de leur... (Photo: Olivier Croteau)

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Les participants à la manifestation signent de leur nom la déclaration qui s'adresse aux élus de la Mauricie.

Photo: Olivier Croteau

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«Ce n'est pas le gouvernement provincial qui va venir nous dicter comment faire en Mauricie.»

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'intervention du directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, n'était pas enveloppée de papier de soie. Elle allait droit au but.

Il arrive qu'on doive monter dans l'arène et sortir les gants de boxe. Si son propos ne lui a pas généré une ovation, on peut penser qu'il s'en est failli de peu qu'il en soit ainsi. Car il reflétait parfaitement bien une opinion qui devait être partagée par la majorité des gens qui avaient pris place lundi après-midi dans le grand hall du Musée québécois de culture populaire.

On y avait placé en rangées au-delà de 200 chaises et on a manqué de places assises. C'est dire à quel point on a répondu massivement à l'invitation du Forum de la société civile de la Conférence régionale des élus de la Mauricie.

De tous les coins et recoins de la région, des gens oeuvrant au sein de différents organismes, touristiques, éducatifs, culturels, communautaires, économiques, agricoles, etc. ont répondu présents. Ils étaient tellement représentatifs de l'ensemble de la région, que s'il s'était produit une catastrophe au musée, c'est la Mauricie qui aurait été d'un seul coup asséchée de ses éléments les plus impliqués dans la vie régionale.

Ils étaient tous là pour partager un même leitmotiv, qui prenait forme de cri de ralliement: «La Mauricie pour la vie! On y croit. On y tient.»

Il s'agissait, par le biais de nombreux témoignages, de rappeler l'importance qu'a eue dans le développement de la région, la Conférence régionale des élus de la Mauricie, mais aussi une particularité régionale qui a été la participation de la société civile à la CRE et exprimer une volonté ferme que cela puisse se poursuivre dans l'avenir. Ils ont tous été invités à signer un post-it réclamant le maintien de la concertation régionale, avec les budgets qui lui sont nécessaires, et à l'épingler sur un grand tableau qui est rapidement devenu rempli de petits papillons de toutes les couleurs.

C'est que le gouvernement a annoncé son intention d'abolir les conférences régionales des élus pour concentrer leurs responsabilités dans les MRC ou villes-MRC en sabrant de moitié au passage son soutien financier. Il y aura donc de lourdes conséquences pour un peu tout le monde, car la CRE de la Mauricie a distribué cette année 11,7 millions $, à travers 200 dossiers, qui ont généré des investissements de 39,6 millions $. C'est loin d'être rien dans une région qui en arrache. Mais en plus, la réorganisation gouvernementale aurait pour effet de tout concentrer aux mains d'élus municipaux en évacuant la société civile. Exit les non-élus.

C'est justement l'idée qu'avait en tête en 2003 le gouvernement d'alors en abolissant les conseils régionaux de développement pour mettre en place une nouvelle structure, les CRE. On trouvait plus simple, moins compliqué et probablement moins contraignant de ne faire affaire qu'avec des élus en éliminant cette encombrante société civile avec laquelle il faudrait partager le pouvoir et l'argent, et qui refuse de toujours réfléchir dans le sens qu'on veut.

Cette «expulsion» du socio-économico-communautaire avait provoqué une vive réaction dans la région et la forte mobilisation qui s'en était suivie avait forcé le jeu au point qu'à la CRE de la Mauricie, on avait décidé d'intégrer à l'organisme la société civile. Ce fut la seule CRE au Québec à s'ouvrir à une telle participation citoyenne et il s'est révélé que celle-ci a été aussi exemplaire que productive.

Mais comme le mérite des CRE a été inégal d'une région à l'autre, le gouvernement a appliqué son même remède de cheval à tout le monde, sans discernement.

Gérard Bruneau, le président, croit qu'il aurait mieux valu préserver les CRE qui fonctionnaient bien, qu'il n'était pas nécessaire de tout démolir. «Allons-nous laisser la Mauricie mourir?», a-t-il demandé. «Non!»

On espère donc qu'en dépit de la refonte gouvernementale, il sera possible de recréer un nouvel organisme régional sur le modèle de cette CRE qui fonctionnait.

Le ministre Jean-Denis Girard, qui était présent, défendait son gouvernement en plaidant que ce ne sont pas les structures, mais les gens qui comptent, en se rendant piquer son propre post-it de solidarité.

Dans cet éloquent mouvement régional, il y avait toutefois une grande absente. La Ville de Trois-Rivières. Ce qui a peut-être permis au maire Michel Angers de se hisser un peu plus haut dans son statut symbolique de maire de la Mauricie.

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