L'UQTR, ce grand champ de bataille

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Yves Tousignant, président du conseil d'administration de l'UQTR et Jean-Guy Paré, président de la Fondation de l'UQTR signaient cette semaine une lettre commune dans laquelle ils lançaient un grand appel à la solidarité de tous, professeurs, chargés de cours, professionnels et employés de soutien, membres de la direction, membres des conseils d'administration, diplômés et partenaires institutionnels de l'UQTR... derrière l'UQTR.

On pourrait se dire que si un ancien militant libéral engagé, candidat du PLC dans Laviolette aux dernières élections fédérales et un souverainiste de toujours, ancien député péquiste de Lotbinière, parviennent à marcher main dans la main, rien ne devient impossible, même pour l'université de Trois-Rivières. Il est vrai que Tousignant est l'actuel maire de Saint-Pierre-les-Becquets et qu'il a succédé à ce poste à Paré, qui est un peu responsable de sa succession. En Québécois, on serait tenté de dire qu'ils se sont échangés le puck.

Mais même si les deux hommes veulent continuer de s'épauler, les unions qui peuvent s'être nouées sur les hauteurs rocheuses de Saint-Pierre-les-Becquets seront plus difficiles à reproduire sur celles du troisième plateau de Trois-Rivières, exposées aux grands contraires.

«Savoir. Surprendre». Si on enlevait le point qui sépare ces deux affirmations, le slogan de l'université prendrait tout son sens dans l'état actuel des choses. Car pour «savoir surprendre», on peut dire que c'est une réussite totale.

Jamais l'UQTR n'a autant fait l'actualité que depuis deux ans. Mais ce n'est pas pour ses réussites pédagogiques, pour des résultats de recherche exceptionnels, pour des distinctions de ses étudiants ou de membres de son corps professoral, même si on n'en manque pas, et pas davantage parce qu'on y a nourri quelques gros projets comme un campus satellite à Drummondville ou ce rêve d'un colisée de 5000 places qui glisse vers les basses-terres, près du pont Laviolette.

Depuis son installation en février 2012, la nouvelle rectrice Nadia Ghazzali se retrouve au coeur d'un cyclone qu'on l'accuse à tort ou à raison d'avoir provoqué, mais qui, malgré des appels répétés au calme, refuse de s'apaiser.

Son arrivée à la direction de l'UQTR s'est accompagnée d'un changement de garde total dans la haute direction qui a pris des allures de coupe à blanc ou de décapitation de ce qu'était la tête de l'université.

Cela s'est aussi élargi à d'autres membres de la direction. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a eu un choc culturel brutal qui s'est traduit par des relations à ce niveau plus que tendues, mais surtout explosives. C'est comme s'il n'y avait que l'avant et l'après.

Si beaucoup de têtes ont roulé, les documents anonymes, les informations sous le manteau qui parviennent aux journalistes, les sorties outrées de retraités, les poursuites en justice et tout ce grand étalage d'intrigues de toutes sortes qui ont pu régaler les amateurs de petites histoires, démontrent qu'on veut en revanche faire tomber celle de la rectrice et de membres de sa garde rapprochée.

Tout le monde, d'un côté comme de l'autre, se réclame d'intervenir dans les intérêts supérieurs de l'UQTR et de son avenir.

Alors qu'on sent qu'il est parfois difficile de ne pas lier un propos ou une attaque à des frustrations personnelles, légitimes ou pas, qui ne s'arrimentpas forcément à la grandeurfuture de l'université deTrois-Rivières.

Il faut admettre que l'actuelle haute direction, par son ton cassant, ce qui a déjà été soulevé dans un rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton visant la rectrice, mais aussi par une approche relationnelle aussi cavalière qu'impériale de certains de ses plus proches collaborateurs, a hautement manqué de manière. Ce n'est pas que dans ce milieu on a toujours l'âme élevée, mais simplement qu'on s'y poignarde normalement avec un minimum de souci de la forme.

En dehors de certaines considérations personnelles, il y a peut-être aussi, larvée, une petite reddition de comptes politique bien camouflée. Pour le reste, on verra en quoi la grandeur future de l'UQTR est servie. On verra bien, après tous ces règlements de compte, ce qu'il restera du champ de bataille.

Pourtant, dans un contexte de compressions budgétaires et d'une relève étudiante en baisse qui fera se battre entre elles les universités du Québec, il y a des enjeux qui vont bien au-delà des conflits d'ego et de personnalité qui font présentement l'univers de notre l'université.

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