CHRONIQUE

Gros projets, petites perspectives

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Le District 55

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Huit cent millions $ d'investissements sur une dizaine d'années dans le développement du futur District 55, au pied du pont Laviolette.

C'est un chiffre étourdissant, il faut l'admettre. Déjà qu'avec les 250 millions $ aussi promis, cette fois pour l'Adresse sur le Fleuve, sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, on se sentait quand même en voiture.

On peut convenir qu'il s'agit là de deux sites à fort potentiel. Mais il faut en même temps faire un grand acte de foi pour se convaincre qu'on assistera dans ces deux grands développements, dans la perspective d'une seule décennie, à un plus d'un milliard $ d'investissements.

Au District 55, le Groupe Robin, en plus d'un colisée, de trois glaces, d'un centre de foires, d'un hôtel et de commerces de prestige à venir, prévoit construire au cours des prochaines années pas moins de 2000 unités d'habitation. D'ailleurs, d'un projet à l'origine de power center, on est passé à un town center.

À Trois-Rivières sur Saint-Laurent, le promoteur immobilier Richard Thibault a déjà construit un premier immeuble de cinq étages contenant 40 unités. Pour l'ensemble du projet, il devrait en ériger neuf autres, mais aussi trois hautes tours de seize étages. Au total, c'est autour de 800 unités d'habitation qui devraient prendre forme sur ce site... ainsi qu'un hôtel. Car là aussi, le promoteur tente de convaincre une chaîne hôtelière de venir s'y installer.

Même si dans le cas de l'Adresse sur le Fleuve, on ne peut viser, avec un prix moyen de nettement plus de 300 000 $ l'unité, qu'une clientèle fortunée, qu'on ne soupçonnait pas si abondante à Trois-Rivières, les deux mégaprojets résidentiels et commerciaux vont être en concurrence.

Bien sûr, les futurs acheteurs pourront venir d'ailleurs. Il le faudra, car non seulement on va manquer cruellement de richards, mais semble-t-il de monde pour habiter toutes futures unités d'habitation.

Car à eux seuls, ces deux développements impliqueraient la mise en chantier annuelle moyenne de 280 unités d'habitation. On peut sérieusement se demander si c'est réaliste de croire qu'on puisse y arriver. C'est certes l'argent des promoteurs. Mais la ville a investi plusieurs dizaines de millions en infrastructures sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent et pour l'instant, 11,5 millions $ dans un premier grand boulevard pour le District 55.

Pour que tout cela ait un sens, on ne pourra pas miser que sur la croissance naturelle de la population de Trois-Rivières, qui s'annonce plutôt lente selon les prévisions démographiques avec une reprise de l'emploi qui apparaît encore bien modeste.

Dans son rapport d'automne, la SCHL ne prévoit que 775 nouvelles unités dans le marché de l'habitation dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières. C'est en diminution constante depuis 2010 et dans ses projections, la baisse des mises en chantier va se poursuivre. La SCHL ne prévoit que 700 nouvelles unités en 2015 et à peine 650 en 2016.

C'est la moitié du rythme de construction que l'on atteignait avant 2010, qui avait été elle-même une année exceptionnelle avec 1691 mises en chantier.Il faut savoir en plus que le territoire de la RMR ne comprend pas seulement la ville de Trois-Rivières, mais aussi les municipalités de Champlain et Saint-Maurice ainsi que la ville de Bécancour... où il y a aussi chaque année un peu de constructions nouvelles.

Pour que les projets de l'Adresse sur le Fleuve et du District 55 tiennent la route dans leurs perspectives actuelles, il leur faudrait s'accaparer au moins 40 et peut-être même 50 % de toute la construction résidentielle qui se fera à Trois-Rivières dans les années à venir.

C'est peu vraisemblable que ce soit possible car il y a quand même beaucoup d'autres constructeurs dans la ville qui ont des développements et qui vont bagarrer ferme pour conserver leur part d'affaires, surtout dans un marché qui s'annonce en peau de chagrin. C'est une question de survie.

Pour que tout cela se tienne et remplisse ses promesses, il faudra qu'un petit miracle se produise dans une économie trifluvienne qui est loin d'être explosive. Il faudra peut-être avant tout que les gros projets industriels en plan dans le parc de Bécancour, en particulier celui d'IFFCO, qui fournirait 300 emplois, se réalisent.

En attendant, on peut toujours se croiser les doigts.

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