CHRONIQUE

De Sammy à Copacabana

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Sugar Sammy

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Peut-être aurait-il fallu inviter Sugar Sammy au Gala Distinction Desjardins de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan.

On peut penser qu'à la vue de ces beautés brésiliennes vaporeuses qui auraient pu tournoyer autour de lui avec leurs plumes aériennes et leur immense légèreté vestimentaire, les yeux du comique à Sammy auraient rouler en spirale et que sa vision de Shawinigan s'en serait trouvée transformée.

Il y a eu deux commotions à Shawinigan au cours des derniers jours. Les propos plus que grinçants de Sugar Sammy sur Shawinigan-la-géronte (l'expression n'est pas de lui) et la reproduction dans les pages centrales du Nouvelliste de vendredi d'une série de photos prises au gala présentant les grands lauréats, mais, accompagnés sur laplupart d'entre elles, de ces chatoyantes beautés basanées qui devaient, avec leurs formes, leurs couleurs et leurs manières, constituer le clou artistique de la soirée.

Si Sugar Sammy peut se faire volontiers provocateur et même insolent pour qu'on parle de lui et qu'on se précipite aux guichets des salles de spectacles où il doit se produire, on ne peut pas croire que la Chambre de commerce de Shawinigan ait cherché à ce qu'on parle de son gala comme on le fait présentement.

À l'émission En Mode Salvail, la semaine dernière, le célèbre humoriste a beurré un peu épais en se moquant de Shawinigan et de sa population vieillissante en disant que même le club de hockey s'appelle les «Cataractes». Jusque-là, on peut dire que c'est un bon trait d'esprit, qui correspond bien au type d'humour décapant qui le caractérise et qui explique l'énorme succès qu'il connaît depuis deux ans au Québec.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il sortait pour Shawinigan cette référence aux Cataractes. Il a voulu en rajouter en disant que c'est à Shawinigan que les rêves allaient pour mourir et que les trois ou quatre p'tits vieux qu'il a vus se promener le samedi soir sur le 5e étaient accompagnés d'animaux qui reniflaient leur fin pour les dévorer. Enfin, ç'a été dit à peu près comme ça.

On grimace plus qu'on rit. Qu'une communauté doive payer le prix d'un des sarcasmes à Sammy, qui fait sa force, même pas vraiment fondé, n'est pas chose de nature à être considérée. Un comique, c'est un comique, et il y en a de pas mal plus grossiers, vulgaires et moins inspirés que lui qui remplissent leurs salles. Qui sont loin d'avoir un esprit aussi pétillant que le sien.

On aurait pu suggérer à Sammy, s'il ose y remettre les pieds à Shawinigan, à la faveur de la nuit par exemple, d'aller faire un tour au Trou du Diable ou au Broadway et de nous dire ce qu'il en pense.

S'il avait fait son émission avant, on aurait aussi pu, en réaction, l'inviter à animer, aux côtés de Véronique Buisson et de François Saint-Martin, la fameuse soirée de gala carnavalesque de la Chambre de commerce qui fait tant réagir... et qui lui vole un peu le show de l'indignation en ce moment.

Si Sugar Sammy aurait pu apprécier la chaleur latine des danseuses de la troupe d'Animations Doumica, il lui aurait été difficile de ne pas succomber au charme des nombreuses élégantes de Shawinigan qui faisaient aussi des étincelles à cette soirée.

Il suffit simplement de ne pas se laisser distraire par les danseuses de Rio, qui occupent l'extrémité de presque toutes les photos qui ont été reproduites du gala, pour constater que beaucoup de femmes, parmi les lauréates de la soirée, avaient toutes les qualités requises pour rivaliser avec ces nymphettes... même, ou surtout, en tenues aussi légères, si cela avait été le cas.

Il reste que l'importance accordée aux danseuses «brésiliennes» a pu en heurter un certain nombre. Le seul mal de l'affaire, c'est peut-être d'avoir un peu détourné l'attention du public que l'on aurait concentré sur les lauréats.

L'idée était de faire de la soirée un événement coloré, qui fasse, comme l'avait indiqué un communiqué préalable, «vivant, énergique, orienté vers la jeunesse et le futur», à l'image du «dynamisme actuel» de la communauté entrepreneuriale de Shawinigan.

Il y a quelques années, pour son Gala des Radisson, la Chambre de commerce de Trois-Rivières avait aussi invité en spectacle, pour égayer sa soirée, une troupe de danseuses, cubaines cette fois. L'initiative avait plutôt été bien accueillie et les responsables de la soirée, félicités pour la belle ambiance. Même endiablées, ça ne reste toujours que quelques paillettes accessoires.

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