CHRONIQUE

Faudra regarder de près les chiffres

Le projet du District 55 prévoit trois glaces...

Agrandir

Le projet du District 55 prévoit trois glaces en plus d'un colisée d'environ 5000 places.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, pourrait bien finalement trouver quelque chose de positif dans le pacte fiscal «intérimaire» que va imposer le gouvernement aux municipalités du Québec.

En réduisant de 20 % les en-lieux de taxes qui sont versés aux municipalités en guise de compensation pour les taxes foncières qui ne sont autrement pas payées pour les édifices gouvernementaux et institutionnels, le pacte fiscal a mis du plomb dans l'aile au projet d'un colisée sur le campus de l'UQTR. «Du plomb dans l'aile», c'est l'expression employée par le maire qu'il s'est empressé de répandre.

Sans dire que le maire a un peu joué à la girouette dans ce dossier, on n'en serait pas loin de la vérité en le suggérant. Quand le dossier du futur colisée est devenu boiteux au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, parce qu'on devait y retrancher un millier de sièges sur les 5000 désirés, le maire s'est retourné d'un coup du côté de l'UQTR quand cette dernière s'est montré intéressée à le construire. Jusque-là, personne n'avait vu venir l'université.

Mais quand le Groupe Robin, qui doit développer le fameux District 55 au pied du pont Laviolette, a à son tour présenté un projet de colisée, le maire a exécuté un autre 180 degrés en sa faveur. Mais comme l'UQTR refusait d'abandonner sa position, les deux projets ont été soumis à une analyse par le service des finances de l'hôtel de ville. Les deux projets comportent leurs avantages.

Dans le cas de l'UQTR, il a une grande portée pédagogique et sur son positionnement futur comme université en région. Dans le cas du District 55, il a une portée économique, car ce complexe sportif devrait servir de bougie d'allumage pour un développement à moyen terme dont on a déjà évalué les investissements à 800 millions $.

Mais pour la Ville de Trois-Rivières, c'est son avantage financier, sur une période de 25 ans, qui déciderait à quel endroit elle fait suivre la subvention de 26 millions $ qui lui est promise par Québec pour la construction de ce futur colisée.

Depuis l'arrivée du District 55, la préférence du maire Lévesque n'a jamais fait de doute. Avec la réduction des en-lieux de taxes, c'est, sur 25 ans, 5 millions $ de moins qui entreront dans les coffres de la ville. C'était peut-être la petite différence qu'on attendait pour présumer le projet privé plus avantageux que celui de l'UQTR.

Il reste qu'il apparaît étonnant que le Groupe Robin puisse réaliser, au prix de 40 millions $, un colisée de 5000 places et qu'il puisse y intégrer, en annexe, pas moins de trois arénas de poche. Alors qu'au CSAD, on n'arrivait plus, avec 50 millions $, à construire un seul colisée de 5000 places et que c'est aussi ce qu'il en coûterait à l'UQTR pour son colisée, sans glaces annexes.

L'amphithéâtre de Shawinigan, qui compte 4000 places assises, ouvert en 2008, a coûté au final autour de 30 millions $. Plusieurs années plus tard, pour à peine 10 millions $ de plus, on construirait un colisée de 5000 places avec trois autres glaces, pour 40 millions $. Ce serait tout un exploit. On aurait dû leur confier la construction de l'amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

Les grandes économies espérées par la Ville viennent justement de ce coût exceptionnellement bas de construction, mais aussi du fait qu'il y aurait en annexe trois arénas de poche. En raison de ces glaces additionnelles, la ville y figure aussi les économies qu'elle compte réaliser en y réservant à bon compte des heures d'utilisation pour remplacer les pertes de l'aréna Jean-Guy-Talbot et celles de l'aréna de Trois-Rivières-Ouest, qui devra aussi être éventuellement fermé. Gérer un aréna coûte à la ville 500 000 $. Deux, c'est le double.

Il faut quand même se questionner un peu sur le réalisme des évaluations avancées par le groupe privé.

Bien sûr, un colisée pourrait agir comme moteur pour ce vaste développement. De power center, il est passé à town center. Les investissements commerciaux sont plus durs à obtenir et la construction résidentielle est aussi en baisse. Les grandes annonces promises pour le début de l'automne ne sont pas venues.

Dans le contexte actuel, il faudra probablement s'armer de beaucoup de patience pour que le développement projeté prenne vraiment forme. On le voit avec Trois-Rivières sur Saint-Laurent. L'argent public a coulé beaucoup plus vite et abondamment que l'argent privé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer