CHRONIQUE

Pourquoi rester au sein de l'UMQ?

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est en... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est en colère contre l'Union des municipalités du Québec.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

L'Union des municipalité du Québec pourrait avoir à subir de lourdes conséquences de son acceptation du pacte fiscal «transitoire».

On peut se demander à quoi ressemblerait ce regroupement s'il était déserté par plusieurs des grandes villes du Québec. Depuis mercredi, la possibilité existe.

Cinq de ces plus grandes villes, Trois-Rivières en tête, ont adopté une position commune qui les dissocie de l'UMQ en qualifiant le pacte fiscal de mesure visant à transférer du poids fiscal du gouvernement du Québec aux gouvernements municipaux.

Même si c'est avec des faces de carême que la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy et le président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux, ont pris place aux côtés de Philippe Couillard pour procéder à l'annonce de l'entente, cela n'a pas apaisé la colère à leur endroit de plusieurs des plus importants maires du Québec, qui se font depuis des conférences téléphoniques.

Il ne faudrait pas s'étonner que ces cinq villes, et peut-être quelques autres dans leur sillage, veuillent donner une forme plus formelle à cette alliance tacite entre elles qui est en train de se souder. Cela pourrait aller jusqu'à se détacher de l'UMQ. On n'en est pas là, mais on peut prendre pour acquis qu'Yves Lévesque serait partant pour une telle option et qu'il en entretient ses collègues.

Pour l'instant, il est le seul à avoir menacé de ne plus verser sa cotisation annuelle à l'UMQ. Mais l'idée est lancée. Ce n'est pas d'aujourd'hui que le maire de Trois-Rivières reproche à l'UMQ de ne pas faire progresser les intérêts des villes dans ses discussions avec le gouvernement ou de mal les représenter. Plus tôt cette année, dans le dossier du projet de loi 3, il l'avait déjà accusée de faire le jeu de Québec et de Montréal, sans tenir compte d'une situation bien différente dans les autres villes du Québec.

Il en avait profité pour donner quelques petites mornifles au maire de Québec, Régis Labeaume. Même si les deux hommes sont des populistes qui ont de la couleur et qui règnent en quasi-monarques sur leurs terres, ils n'en sont plus aux accolades depuis longtemps.

Lévesque n'avait en particulier pas apprécié l'esclandre que Labeaume avait faite dans sa ville en 2009 lors de l'assemblée annuelle de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, en se retirant avec fracas d'une réunion parce les autres maires ne pensaient pas comme lui.

Pas plus que l'accueil échevelé que le maire de Québec avait réservé à la délégation de Trois-Rivières qui s'était rendue à son hôtel de ville pour une présentation du 375e de Trois-Rivières. On était loin de la grande classe.

On constate qu'il n'est plus le seul à ne pas blairer le maire de Québec. Yves Lévesque peut maintenant compter sur le maire de Saguenay, Jean Tremblay, pour endosser comme lui les gants de boxe contre M. Labeaume, comme il l'a fait cette semaine. On ne voit par ailleurs pas les maires qui viendraient s'interposer entre ces pugilistes. Ces coups de gueule publics, ça peut faire l'affaire de bien du monde.

Ce n'est pas la première fois que Trois-Rivières, Saguenay, Gatineau, Laval et Longueuil boudent l'UMQ pour s'allier afin de défendre des intérêts qu'elles partagent. Elles l'avaient fait dans le dossier du schéma d'aménagement.

Dans le caucus des villes de 100 000 habitants et plus, elles sont majoritaires. Si on oublie, depuis qu'elles ont réintégré l'UMQ, Montréal et Québec, il ne reste que deux grandes villes, Sherbrooke et Lévis, à ne pas faire partie du «complot». Ce n'est pas que ces deux villes ne partagent pas les mêmes intérêts, mais c'est plus délicat quand le maire de Sherbrooke est premier vice-président, ce qui le destine à une future présidence de l'UMQ et que celui de Lévis est trésorier de l'organisme.

Il serait plutôt embêtant pour eux qui siègent à l'exécutif de protester contre une entente qu'ils ont eux-mêmes négociée avec le gouvernement, même si c'est avec un poignard dans le dos.

Un retrait de ces villes majeures enlèverait beaucoup de crédibilité à l'UMQ et distillerait sa force représentative des municipalités du Québec. Et rien ne dit que cela ne provoquerait pas, par effet d'entraînement, une désertion plus large dans ses rangs.

Les villes qui triomphaient, mercredi après-midi, c'étaient Québec et Montréal. C'est pourquoi que pour certains, l'UMQ, cela veut maintenant dire l'Union Montréal-Québec.

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