CHRONIQUE

Un pacte au profit de Montréal et Québec

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On voit bien, à l'accueil enthousiaste de Denis Coderre et Régis Labeaume, que le pacte fiscal les a favorisés et qu'il raffermira de beaucoup le statut privilégié de métropole et de capitale nationale qu'ils réclament.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On a été capable mercredi à Québec, sans rire, d'annoncer des compressions de 300 millions $ dans l'aide financière sous différentes formes qui était accordée aux municipalités en affirmant que ce sera une très bonne chose pour elles.

Il n'y avait plus de grandes surprises dans le pacte fiscal «intérimaire» dévoilé par le gouvernement, en présence des présidents des deux grandes fédérations municipales et des maires Régis Labeaume et Denis Coderre, qui applaudissaient à tout rompre les changements qui seront apportés.

Dans le cas de ces deux maires, ils se sont empressés d'assurer que l'application du nouveau pacte fiscal n'entraînera pour leurs contribuables aucune hausse du compte de taxes.

Les conférences régionales des élus (CRE) vont disparaître et les conseils locaux de développement (CLD) vont désormais être rattachés aux MRC, ce qui était déjà à peu près le cas dans la région, la MRC, comme à Trois-Rivières, se moulant parfois au territoire municipal.

On voit bien, à l'accueil enthousiaste des deux maires, que le pacte fiscal les a favorisés et qu'il raffermira de beaucoup le statut privilégié de métropole et de capitale nationale qu'ils réclament. En récupérant les budgets de leur CRE et des CLD de leurs territoires, même amputés, l'effort fiscal qui leur sera demandé deviendra négligeable, car ils vont restructurer en fonctions de l'argent dont ils disposeront.

Ce qui ne pourra pas être possible dans des villes, comme Trois-Rivières ou Shawinigan, où il n'y avait qu'un CLD. Déjà que le gouvernement avait décrété une première compression, qui avait été dure à avaler, de 10 % cette année. Moins d'argent, cela signifiera moins de capacités à intervenir dans le développement économique local et régional.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'était d'ailleurs porté à la défense de la CRE et des CLD il y à peine deux semaines lors de l'arrêt dans sa ville de la présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie, la ville qui, année après année, tient le haut du classement dans le palmarès québécois des villes du bonheur.

Un bonheur qui ne s'est pas fait contagieux, car plusieurs de ses membres, dont Yves Lévesque, à Trois-Rivières et Jean Tremblay, à Saguenay, ne décolèrent pas de la ponction fiscale qui leur sera infligée et qu'a endossée l'UMQ. Les deux maires menacent d'ailleurs de se retirer de leur fédération... par mesure d'économie.

C'est davantage la baisse des revenus, à un moment où on table sur les prévisions budgétaires de 2015, qui indispose.

Yves Lévesque, par exemple, ne devrait pas avoir échappé même une petite larme de la disparition de la Conférence régionale des élus. C'est une instance qu'il a toujours boudée et pour laquelle il a personnellement brillé par son absence en n'assistant systématiquement pas à ses réunions.

Quant au CLD, en dehors du fait que le budget d'IDE Trois-Rivières devra être amputé, la réforme du gouvernement ne l'affligera peut-être pas autant qu'il le laissera voir. Le maire Lévesque n'a jamais digéré la syndicalisation des employés d'IDE Trois-Rivières. Le remodelage de la structure qui deviendra nécessaire pourrait bien constituer l'occasion, ou le prétexte, pour remettre le tout à sa main, avec le monde qu'il aurait choisi.

Les effectifs syndiqués du CLD de Shawinigan n'ont jamais créé de problème, on s'en doute, au maire Michel Angers. Ce qui l'affecte, c'est la perte de revenus à un moment où, avec les fermetures de Rio Tinto et de l'usine Laurentide, en attendant que CGI s'installe, son CLD en avait grandement besoin. C'est près de 100 000 $ en moins juste en 2014.

Quant à la pertinence de la CRE, le maire de Shawinigan l'a toujours défendue. Il est vrai qu'à la différence de son homologue de Trois-Rivières, il y était très présent et actif et que bien qu'il n'en était pas le président, on concédait qu'il y exerce une grande influence.

Il est donc surprenant qu'en dépit de son attachement aux deux structures qu'étaient la CRE et le CLD, mais surtout parce que le pacte fiscal lui fera perdre un million de dollars, Shawinigan ne se soit pas dissociée du Caucus des cités régionales auquel elle est associée au sein de l'UMQ, qui a approuvé le projet gouvernemental. On peut se demander combien de couteaux ont été mis sur les gorges de maires pour qu'on applaudisse alors qu'on se fait vider les poches.

«On peut se demander combien de couteaux ont été mis sur les gorges de maires pour qu'on applaudisse alors qu'on se fait vider les poches.»


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