CHRONIQUE

Une démocratie municipale qui ronronne...

Le maire  de Trois-Rivières, Yves Lévesque.... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire  de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Un an après les élections municipales, on a comme l'impression que c'est la lune de miel qui se poursuit dans toutes les grandes administrations municipales de la région.

En apparence, du moins, sur le plan politique.

Que ce soit à Trois-Rivières, à Shawinigan, à La Tuque ou ailleurs, il n'y a aucune dissension qui s'est manifestée autour de la table des conseils municipaux où l'harmonie semble être devenue la règle d'or.

On oublie bien sûr quelques montées de fièvre dans des petites municipalités comme Saint-Léon, Batiscan ou Sainte-Anne-de-la-Pérade. Mais dans les villes, nulle part les maires n'ont subi de contestation affirmée et lorsque de rares divisions ont pu apparaître, les questions ont toutes été tranchées sans éclats de voix.

Outre quelques lettres d'opinion adressées au Nouvelliste par des citoyens insatisfaits ou mécontents de certaines décisions de leur maire ou de leur conseil municipal, on pourrait croire que la Mauricie et la partie voisine du Centre-du-Québec, qui regroupe Bécancour et Nicolet, vivent un grand moment de grâce. À moins qu'elles soient entrées en somnolence prolongée.

Il faut bien constater qu'autant la campagne électorale avait été vive, avec partout plein de candidats aux sièges de conseiller et des luttes épiques aux postes de maire, autant il apparaît aujourd'hui que les résultats ont eu un effet d'assommoir sur les perdants et leurs supporters.

Sauf pour des situations particulières, les soirées de conseil municipal sont devenues sans histoire. Les sièges de l'assistance restent vides. Les «abonnés» d'autrefois, qui demandaient systématiquement des comptes sur les décisions qui étaient prises ou sur les agissements du maire ou de certains élus, qui cherchaient à faire débat, sont disparus.

Brisés ou résignés par le résultat des élections, on ne saurait dire. À Trois-Rivières, après quatre ans d'implication et de tentatives de mobilisation citoyenne, le parti politique Force 3R a rendu les armes et s'est dissout. On peut comprendre que les deux seuls survivants du Groupe des sept aient choisi de prendre acte des résultats du scrutin et d'adopter un profil conciliant.

Cela a bien tombé car Yves Lévesque, même s'il s'en défend, a cessé de jouer les matamores et plutôt que de prendre profit de la situation en se gonflant les muscles, dirige maintenant son conseil avec un esprit de collégialité qu'on ne lui aurait jamais soupçonné avoir. Personne, pour l'instant, ne s'en plaint.

Le problème, c'est que ça éteint la vie démocratique en ce sens que plus personne ne se sent les épaules, ou le courage, ou l'intérêt de l'affronter sur quoi que ce soit, ou n'en a le goût. Même si Yves Lévesque ne semble pas trop abuser de la situation, d'autant qu'il n'a pas initié de nouveaux grands projets discutables, il y a un vide politique qui n'est pas forcément sain à la longue.

Si de grands développements privés comme ceux de Trois-Rivières sur Saint-Laurent ou le District 55 semblent lents ou que le projet du nouveau colisée n'est toujours pas en chantier, on n'en tient pas le maire, mais le contexte responsable.

Presque plébiscité, Michel Angers, à Shawinigan, ne souffre pas non plus de division au sein de son conseil municipal. Il a les coudées franches. Ce n'était cependant pas sans risque pour lui après la perte de FerroAtlántica et la fermeture devancée de l'usine Laurentide.

Des revers dont il ne pouvait être tenu responsable, mais qui autorisaient une montée sourde de contestation dans la ville qu'on voyait poindre sur son style panaché et certaines grandes décisions, comme son projet de mégaparc industriel. L'annonce inattendue d'un centre d'excellence de CGI est venue renverser les réserves naissantes à son endroit, d'autant qu'il y aura d'autres bonnes nouvelles dans les semaines à venir.

Avec son deuxième mandat, Normand Beaudoin à La Tuque semble être rentré dans ses pantoufles. Même si certains de ses projets, comme la minicentrale Manouane Sipi ou des dossiers sur la pyrolyse ou l'exploitation de la biomasse demandent du temps, la perception générale est que les choses vont raisonnablement bien à La Tuque et qu'il serait difficile de faire mieux, ou plus rapidement, que ce qui se fait.

À Louiseville, le nouveau maire Yvon Deshaies reste sous observation. Outre quelques déclarations colorées qui ont pu attirer l'attention sur lui, le maire de Louiseville n'a ni cassé la baraque ni été une source d'inquiétude. Faudra voir.

Réélu une main dans le dos, Alain Drouin, à Nicolet, fait figure de force tranquille et rassurante dans une petite ville où les choses vont plutôt bien. À Bécancour, personne ne remet en cause le retour à la direction de la ville de Jean-Guy Dubois et sa volonté de bien faire les choses et de donner un nouvel élan à sa ville.

Ce qui fait que dans l'ensemble, on vivrait comme le bonheur municipal dans la région. Ce n'est jamais mauvais de ronronner un peu. À condition de ne pas sombrer dans un sommeil citoyen profond et prolongé. Il y a des réveils qui peuvent être douloureux.

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