La Légion d'honneur à trois vétérans

De gauche à droite, Guy Gagné, Jacques Raymond... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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De gauche à droite, Guy Gagné, Jacques Raymond et Jean-Paul Lebel, trois vétérans de la dernière guerre mondiale.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Entre les deux rangées d'insignes et de médailles militaires qui tapissaient leurs blazers marines, pendait fièrement au centre, accrochée au cou, la médaille du grade de Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'honneur. C'est la plus haute distinction que décerne la République française.

C'est par décret que cette rare reconnaissance honorifique a été attribuée à Paul Lebel, Jacques Raymond et Guy Gagné, trois vétérans de la dernière guerre mondiale, pour souligner leur engagement dans la libération de la France amorcée par le débarquement de Normandie, en juin 1944.

Il ne reste dans la région que ces trois vétérans à avoir participé à la campagne française. Ils sont tous les trois, on s'en doute, nonagénaires, mais encore plutôt bien portants. Bien sûr, il y a d'autres vétérans encore vivants dans la région de la Deuxième Guerre mondiale qui sont allés sur d'autres théâtres de guerre, dans d'autres pays. Mais il s'agit là d'un hommage que la France a voulu rendre à ceux qui ont combattu chez elle et qui ont permis sa libération de la botte allemande.

«Ça doit quand même être compris comme un hommage à tous les vétérans», a tenu à préciser Jacques Raymond. La présentation des trois hommes s'est faite au local trifluvien de la Légion royale canadienne, qui lançait aussi jeudi sa campagne annuelle de vente du coquelicot.

Les trois vétérans honorés sont aussi les coprésidents de cette campagne et c'est eux qui représenteront les vétérans de la 2e Grande Guerre aux cérémonies du Jour du Souvenir qui marquera en plus cette année le 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Pour commémorer le centenaire de cette armistice, on a fait appel à un homme qui a célébré cette année ses cent ans: l'ex-maire J.-Réal Desrosiers. C'est lui qui représentera les vétérans de cette guerre, même si, on le comprendra, il n'y a pas participé.

Pendant que le 6 juin 1944, Paul Lebel lâchait des bombes sur les défenses et les lignes allemandes, Jacques Raymond et Guy Gagné, du régiment de la Chaudière, sautaient des barges qui les avaient amenés dans la nuit d'Angleterre pour passer à l'assaut de la plage de Juno Beach et s'attaquer, sous le tir nourri des Allemands, à la fameuse falaise qu'ils dominaient avec leur artillerie lourde, cachés pour certains d'entre eux dans cette maison qui la surplombe, que l'on voit dans tous les films d'archives et dans toutes les reconstitutions du débarquement. Elle existe toujours.

Si la plus haute distinction française qu'ils affichaient fièrement jeudi à la Légion n'était pas sans apporter quelques émotions, c'est le souvenir de ce débarquement infernal et de la campagne qui a suivi qui remontait encore qui en suscitait davantage. Ce jour-là, les pertes furent très lourdes pour le Régiment de la Chaudière qui perdit une centaine de soldats sur cette plage.

Mais à la fin de la journée, ils dominaient la falaise et atteignaient même l'aérodrome de Carpiquet, stratégique pour l'armée allemande qui s'en servait comme base de ravitaillement pour ses opérations en terre française.

Le régiment avait atteint tous ses objectifs pour ce jour J, mais comme la progression des autres régiments avaient été plus lente, nos soldats durent retraiter. Ils allaient cependant y revenir pour y livrer d'âpres combats qui durèrent près d'un mois. Il fallut aux troupes alliées une dizaine de semaines avant d'être vraiment stabilisées en France et d'entreprendre de repousser les Allemands jusque dans leur pays.

Chaque nuit, Paul Lebel et son escadrille préparaient cet avancement en lâchant des bombes sur les positions ennemies et en détruisant de façon systématique leurs réserves de carburant, en Allemagne. Il lui est arrivé de revenir à sa base avec 32 trous dans la carlingue de son avion.

Paul Lebel s'est enrôlé en 1941, en tant que mitrailleur, à bord de bombardiers. Il a participé à37 missions aériennes, dont sept en Normandie au sein de l'escadrille Alouette. Il a été démobilisé en 1945.

Enrôlé lui aussi en 1941 dans le régiment de la Chaudière, Guy Gagné sera blessé au combat à Carpiquet.

Il fut alors évacué vers l'Angleterre et rapatrié au Canada. Il s'apprêtait à retourner sur le champ de bataille quand la reddition de l'Allemagne a été conclue.

Enrôlé en 1942, Jacques Raymond sert en tant que fantassin au sein du régiment de la Chaudière. Il a participé à la campagne de France et a terminé la guerre en Allemagne. Il a été démobilisé en 1946.

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