CHRONIQUE

Andrew T. Molson: le philanthrope

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Andrew T. Molson

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Pendant que l'agitation était à son comble mercredi au parlement canadien et que la population du Canada suivait les événements qui s'y déroulaient dans un état de quasi-psychose, à Trois-Rivières un homme parlait calmement de philanthropie à un large parterre de gens d'affaires qui avaient répondu à l'invitation de Centraide Mauricie.

C'était la première fois que, dans le but de raffermir ses relations avec la communauté régionale des affaires, Centraide Mauricie organisait un tel dîner sur la philanthropie.

Pour en parler, Andrew T. Molson, de la célèbre famille des Molson, président du Groupe conseil RES Publica qui gère les cabinets de relations publiques National et Cohn & Wolfe Canada, des entreprises foncièrement engagées dans l'aide philanthropique. Andrew Molson est aussi président de la Fondation Molson et incarne à ce titre une grande tradition qui remonte à John Molson, fondateur à Montréal, à la fin du 18e siècle, de la grande brasserie qui portera son nom.

À peine engagé dans les affaires, John Molson réalisa qu'il était important de redonner à sa communauté, de partager avec elle une partie de sa réussite. Il incrusta ainsi une valeur familiale qui ne s'est jamais démentie depuis.

Andrew Molson incarne bien cet esprit philanthropique car il est président de la Fondation Molson et il coprésidera en 2015 la grande campagne de collecte de fonds de Centraide pour la région de Montréal. La Fondation Molson compte aujourd'hui des actifs de près de 200 millions $, dont plusieurs millions $ sont distribués chaque année dans différents organismes et institutions du domaine de la santé et de l'éducation.

On peut penser qu'il était l'homme tout indiqué pour venir sensibiliser les gens d'affaires de la région à l'importance de contribuer à une organisation, qui est un organisme central, comme Centraide.

Dans ces heures troubles de mercredi, parler avec sérénité de philanthropie, c'était peut-être la meilleure réponse que l'on pouvait donner dans les circonstances à ceux qui veulent faire parler les armes contre des innocents pour tenter de déstabiliser un pays dans ce que sont ses plus grandes valeurs. La générosité répliquait à la haine.

La rencontre s'est déroulée comme un tête-à-tête entre le président du conseil d'administration de Centraide Mauricie, Jean Boulet, et Andrew Molson qui répondait à ses questions. C'était, en toute simplicité, comme une conversation amicale qu'on tiendrait au coin du feu ou autour d'une table de cuisine.

«La philanthropie, expliquera l'invité, c'est une forme de redistribution dans notre collectivité. Cela donne une chance à des gens privilégiés de redonner à la société pour contribuer à l'améliorer. C'est une redistribution de richesse.»

Il ajoutera: «C'est aussi bon pour la santé mentale de celui qui donne. Cela crée du bonheur autour de soi et c'est en même temps bon pour l'économie en général.»

Andrew Molson constate qu'il y a aujourd'hui beaucoup de causes pour lesquelles on sollicite les dons. Mais dans cet univers caritatif, Centraide lui apparaît essentiel car «il a un aspect rassembleur», a-t-il observé.

Dans la région, les fonds recueillis par Centraide sont redistribués à 114 organismes, engagés dans tous les aspects de la société. On voudrait faire plus et mieux dans la collecte de fonds, car les besoins ne vont pas en diminuant, bien au contraire. Le président Boulet s'est référé à une étude qui révèle que l'insécurité alimentaire est en constante croissance en Mauricie au point de toucher aujourd'hui, 11 % des ménages et 25 000 personnes. Une situation qui génère beaucoup d'autres problèmes.

Les dons provenant du milieu des affaires représentent 12 % des rentrées de fonds de Centraide Mauricie. On aimerait bien sûr faire monter ce pourcentage.

On verra si l'invitation dans ce sens d'Andrew Molson sera entendue. Mais elle s'inscrit dans un grand mouvement de sensibilisation de gens d'affaires, conscients qu'il leur faut partager davantage leurs richesses.

Aux États-Unis, le ton a été donné par deux milliardaires, Warren Buffet, le président de Berkshire Hathaway, et Bill Gate, fondateur de Microsoft, qui ont lancé «The giving Pledge», une promesse solennelle en vertu de laquelle ils s'engagent à faire don de la moitié de leurs colossales fortunes, de leur vivant ou à leur mort. Depuis, on ne compte plus les milliardaires américains qui ont signé cet engagement. C'est un début.

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